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En Europe, la lenteur du déploiement des vaccins prolonge la pandémie, selon l’OMS

Les premières doses de vaccin contre la Covid-19 ont été envoyées en Bosnie-Herzégovine en mars.

Alors qu’en Europe les variants du coronavirus continuent de se propager et que la pression sur les hôpitaux augmente, accélérer le déploiement de la vaccination contre la Covid-19 est crucial car les nouveaux cas dans cette région du monde augmentent dans tous les groupes d'âge, sauf un, a prévenu l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La semaine dernière, la transmission de la Covid-19 a augmenté dans la majorité des pays de la Région européenne de l'OMS, avec 1,6 million de nouveaux cas et près de 24.000 décès, a précisé la branche régionale de l’OMS dans un communiqué de presse

L’Europe reste la deuxième région au monde la plus touchée par la Covid-19, avec un nombre total de décès approchant rapidement le million et le nombre total de cas sur le point de dépasser 45 millions.

« Il y a cinq semaines à peine, le nombre hebdomadaire de nouveaux cas en Europe était tombé à moins d’un million, mais la situation de la Région est désormais plus préoccupante qu’elle ne l’a été depuis plusieurs mois. Il existe des risques associés à l'augmentation de la mobilité et des rassemblements pendant les fêtes religieuses. De nombreux pays sont en train d'introduire de nouvelles mesures qui sont nécessaires et chacun devrait les suivre autant qu'il le peut », a déclaré la Dre Dorit Nitzan, Directrice régionale des urgences du Bureau régional de l'OMS pour l'Europe.

Dans toute la Région, 50 pays ou territoires ont signalé le variant préoccupant B.1.1.7, détecté initialement par le Royaume-Uni et maintenant le variant prédominant dans la Région. Ce variant étant plus transmissible et pouvant augmenter le risque d'hospitalisation, il a un impact de santé publique plus important et des actions supplémentaires sont nécessaires pour la maîtriser.

Impact précoce de la vaccination

Au niveau régional européen, les nouveaux cas augmentent dans tous les groupes d'âge, sauf chez les personnes de 80 ans et plus. Ce n'est que dans cette population la plus vulnérable que l’OMS a constaté une baisse régulière des cas et une diminution de la proportion de décès par Covid-19 depuis le début de 2021, reflétant les premiers signes de l'impact de la vaccination.

De nouvelles données de Public Health England suggèrent que les vaccins contre la Covid-19 ont sauvé, à tout le moins, plus de 6.000 vies parmi les personnes de plus de 70 ans depuis le début de la vaccination en décembre 2020. De même, les données d'Israël montrent que le vaccin Pfizer-BioNTech est d'environ 90% efficace pour prévenir les infections, les maladies graves et l'hospitalisation après la deuxième dose.

« Les vaccins représentent notre meilleur moyen de sortir de cette pandémie. Non seulement ils fonctionnent, mais ils sont également très efficaces pour prévenir les infections. Cependant, le déploiement de ces vaccins est d'une lenteur inacceptable. Et tant que la couverture reste faible, nous devons appliquer les mêmes mesures de santé publique et sociale que par le passé, pour compenser les retards », a déclaré le Dr Hans Kluge, Directeur régional de l’OMS pour l’Europe. « Soyons clairs : nous devons accélérer le processus en accélérant la fabrication, en réduisant les obstacles à l’administration des vaccins et en utilisant chaque flacon que nous avons en stock, maintenant ». 

Faux sentiment de sécurité

À ce jour, seulement 10% de la population totale en Europe a reçu 1 dose de vaccin et 4% ont achevé leur vaccination.

« Le risque que la vaccination continue de donner un faux sentiment de sécurité aux autorités et au public est considérable - et cela comporte un danger », a expliqué le Dr Kluge.

Tous les pays à revenu élevé de la région vaccinent contre la Covid-19, alors que seulement 80% des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure et 60% des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et à revenu  inférieur le sont. À ce jour, 10 économies à revenu intermédiaire de la région ont reçu des doses par le biais du mécanisme COVAX.

« Au cours des dernières semaines, nous avons vu à la fois une solidarité remarquable à travers les frontières dans la Région et des pays accumulant des vaccins. Vacciner les agents de santé et les personnes âgées dans tous les pays est la responsabilité morale de tous. Il est essentiel que nous fournissions les avantages de ce bien public mondial aux travailleurs de la santé et des services sociaux. Tout en reconnaissant l'intention des gouvernements de protéger leurs propres populations, avant que les vaccins ne soient étendus à d'autres groupes d'âge, j'exhorte les gouvernements à partager les doses excédentaires de vaccins approuvés par l'OMS avec COVAX ou avec les pays dans le besoin, une fois que les agents de santé et les plus vulnérables ont été vaccinés. Ne pas le faire est voué à l'échec », a déclaré le Directeur régional.

Limiter la propagation

Le plus grand nombre de nouveaux cas de Covid-19 se produisant dans des groupes de population qui ne sont pas encore vaccinés, l'OMS continue d'appeler à une action rapide pour mettre en œuvre des mesures de santé publique et sociales sur la base des données épidémiologiques et du système de santé alors que la couverture vaccinale continue de croître.

Au total, 27 pays de la Région sont en confinement partiel ou complet à l'échelle nationale, avec 21 couvre-feux nocturnes. Au cours des deux dernières semaines, 23 pays ont intensifié les restrictions tandis que 13 ont assoupli les mesures, et 9 autres ont emboîté le pas.

Bien que les confinements doivent être évités par des interventions de santé publique ciblées et opportunes, ils doivent être utilisés lorsque la maladie dépasse la capacité des services de santé à prendre en charge les patients de manière adéquate et à accélérer la préparation des systèmes de santé publique locaux et nationaux, selon l’OMS.

« La probabilité d'apparition de nouveaux variants préoccupants augmente avec la vitesse à laquelle le virus se réplique et se propage, il est donc crucial de freiner la transmission grâce à des mesures de base de lutte contre la maladie. Et aujourd'hui, contrairement à il y a un an, nous avons de meilleurs systèmes de test et de traçabilité, un partage d'informations plus rapide et nous en savons beaucoup plus sur la manière de soigner les personnes gravement malades », a déclaré la Dre Nitzan.

Les tests étendus, l'isolement, la recherche des contacts, la quarantaine et le séquençage génétique sont les outils de santé publique de base qui doivent être utilisés et continuellement renforcés.
La vaccination, associée à des mesures de santé publique et sociales continues, mettront finalement un terme à la pandémie. Pour que cela se produise, une intensification de la production de vaccins et de la vaccination est nécessaire, ainsi que le respect continu des mesures de santé publique et sociales.

« Le plus grand déterminant du nombre de personnes infectées et du nombre de personnes qui meurent dans les semaines à venir est ce que vous faites ou ne faites pas en tant qu’individu. Nous l'avons vu maintes et maintes fois : la propagation du virus peut être stoppée. Mon message aux gouvernements de la Région est donc que ce n’est pas le moment d’assouplir les mesures. Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas tenir compte du danger. Nous avons tous fait des sacrifices, mais nous ne pouvons pas laisser l’épuisement l'emporter. Nous devons continuer à maîtriser le virus », a conclu le Dr Kluge.

Rapport sur les origines du coronavirus : « toutes les hypothèses demeurent sur la table », selon le chef de l'OMS

Une illustration numérique du coronavirus montre l'aspect en forme de couronne du virus.

Le rapport de l’équipe de scientifiques internationaux réunis par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour examiner les origines du coronavirus est un « début bienvenu, mais loin d'être concluant », a déclaré le chef de l'agence sanitaire de l'ONU lors de sa publication mardi.

 « Nous n'avons pas encore trouvé la source du virus -- nous devons continuer à suivre la science et ne négliger aucune piste dans notre démarche », a déclaré le Directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Dr Tedros a salué les conclusions de l'équipe de 34 membres qui s'est rendue en janvier dans la ville chinoise de Wuhan, où les premiers cas de Covid-19 ont été révélés fin 2019.

Toutefois le chef de l'OMS a été clair : dans l'ensemble, le rapport soulève « d'autres questions qui devront être abordées par d'autres études, comme l'équipe elle-même le note dans le rapport ».

Il a noté que, bien que de nombreuses données aient été fournies, pour comprendre pleinement les premiers cas, ils auraient besoin d'un accès des autorités chinoises « aux données, y compris aux échantillons biologiques, à partir d'au moins septembre 2019 ».

« Lors de nos discussions, l'équipe a exprimé les difficultés qu'ils ont rencontrées pour accéder aux données brutes », a continué le Dr Tedros, ajoutant qu’il « s’attend à ce que les futures études collaboratives incluent un partage des données plus rapide et plus complet ».

Le rôle des marchés d'animaux « n'est toujours pas clair »

Dr Tedros a salué les recommandations d'études supplémentaires pour comprendre les premiers cas humains et les "clusters", ainsi que pour tracer les animaux vendus sur les marchés de Wuhan et des environs, soulignant néanmoins que « le rôle des marchés d'animaux n'est toujours pas clair ».

L'équipe a confirmé qu'il y avait eu une contamination généralisée dans le grand marché de Huanan, mais n'a pas pu déterminer la source de cette contamination.

« Encore une fois, je salue les recommandations de recherches supplémentaires, notamment une analyse complète du commerce des animaux et des produits sur les marchés de Wuhan, en particulier ceux liés aux premiers cas humains », a déclaré le chef de l'OMS.

Il a convenu que les agriculteurs, les fournisseurs et leurs contacts devraient être interrogés.  Des études supplémentaires sont également nécessaires pour identifier le rôle que « les animaux sauvages d'élevage ont pu jouer dans l'introduction du virus sur les marchés de Wuhan et au-delà ».

La théorie de la fuite de laboratoire n'est pas exclue

L'équipe a également visité plusieurs laboratoires à Wuhan et a envisagé la possibilité que le virus ait pénétré dans la population humaine à la suite d'un incident de laboratoire, a noté le Dr Tedros.

« Toutefois, je ne pense pas que cette évaluation ait été suffisamment approfondie. Des données et des études supplémentaires seront nécessaires pour parvenir à des conclusions plus solides », a-t-il déclaré.

« Bien que l'équipe ait conclu qu'une fuite en laboratoire est l'hypothèse la moins probable, cela nécessite une enquête plus approfondie, potentiellement avec des missions supplémentaires impliquant des experts spécialisés, que je suis prêt à déployer », a ajouté le chef de l’OMS.

En ce qui concerne l'OMS, « toutes les hypothèses restent sur la table », a-t-il déclaré lors du briefing des États membres sur le rapport à Genève.

« Trouver l'origine d'un virus prend du temps et nous devons au monde de trouver la source afin que nous puissions collectivement prendre des mesures pour réduire le risque que cela se reproduise », a dit le Dr Tedros, précisant qu’aucun voyage de recherche ne peut à lui seul apporter toutes les réponses.

Kinshasa : des étudiants-sensibilisateurs de l’IFAD formés contre la Covid19

Une cinquantaine d’étudiants de l’Institut Facultaire de Développement (IFAD) ont été formés vendredi par la Caritas Congo Asbl sur la prévention contre la Covid19. Sélectionnés parmi les étudiants de différents Départements de cet établissement universitaire, ces jeunes formés vont à leur tour sensibiliser leurs condisciples et les habitants de leurs milieux de vie. Cette formation a été dispensée par Dr Mathieu Bikoko, l’un des Chargés de Projets en matière de santé de la Caritas Congo Asbl.

La journée avait démarré par le mot introductif de l’Abbé Victor Ntambwe, Secrétaire Général Administratif de l’IFAD. « Nous remercions Caritas Congo Asbl, qui se présente aujourd’hui en partenaire et nous fournit les outils afin de sensibiliser nos concitoyens sur le danger qui guette l’humanité face à cette pandémie », a-t-il souligné, au nom du Recteur de l’IFAD empêché. Il a indiqué que l’IFAD, une institution universitaire de l’Eglise de Dieu qui est à Kinshasa (Ndlr : catholique), travaille pour la promotion des valeurs humaines et qui élèvent l’humanité : le bien, le vrai et le meilleur. « Et c’est dans cette logique que la formation dispensée ici vise exactement ces valeurs », a-t-il relevé.

Revenant sur le confinement et toutes les mesures-barrière contre la covid19, l’abbé Victor a noté que « la menace est encore là. Et le danger toujours permanent. Chacun de nous doit mettre la main dans la pâte pour apporter sa contribution, si minime soit-elle, à l’éradication de cette pandémie qui est en train de créer la séparation à travers le monde ».

Prenant la parole à son tour, Mr Vincent Pilipili, chargé de projet des Urgences de la Caritas Congo Asbl, a présenté les objectifs de ce microprojet, financé par la Caritas Italiana. Il vise à contribuer à la mitigation des effets de la pandémie de COVID-19 en RDC, dans la ville de Kinshasa, plus précisément dans la Commune de Kasavubu. De manière spécifique, et par ces activités, les populations (Etudiants) devraient être convaincues de l’existence de COVID-19 et appliquer les mesures d’hygiène définies par le plan national de la riposte, en vue de limiter sa propagation RDC.
Déjà déployés sur le terrain
Pour renforcer les capacités opérationnelles de ces étudiants-sensibilisateurs, Dr Mathieu a fait une présentation appropriée. Après leur avoir donné des notions élémentaires sur la Covid19, il a passé en revue les symptômes accompagnant la Covid-19 et les message-clés à faire passer à la population. Les principaux signes sont la fièvre, la fatigue et la toux. Mais, dans des cas sévères, cette infection peut provoquer la pneumonie ou des difficultés respiratoires. D’autres symptômes sont les douleurs, la congestion nasale, maux de gorge, diarrhée, écoulement nasal, etc.

L’objectif ultime ici étant de « réveiller la conscience collective pour l’application des mesures de prévention édictées par le Gouvernement contre la Covid-19 », a insisté Dr Bikoko. Il s’agit notamment du port obligatoire et correct des masques, du lavage régulier des mains au savon ou avec une solution hydro-alcoolique, de l’observance de la distanciation sociale d’au moins un mètre, de l’interdiction de se serrer la main, etc.

Les étudiants-sensibilisateurs ont été dotés des dépliants et des T-Shirts. Par ailleurs, deux points de lavage des mains ont été installés un à l’entrée et un autre à l’intérieur de la cour de l’IFAD.

L'un des points de lavage des mains placé à l'entrée de l'IFAD

Conscients de la tâche leur assignée, la cinquantaine des étudiants-sensibilisateurs sont passés à l’action dès la fin de leur formation. C’est le cas de Joséphine, qui a distribué tous les dépliants lui remis, en expliquant à ses interlocuteurs la nécessité de suivre les mesures-barrière.

Mlle Rebecca, étudiante en Premier Graduat au Département de la Santé Publique, relate la manière dont se déroule sa sensibilisation : « Je prends mon temps pour parler avec les étudiants, afin de leur faire comprendre les dangers qu’ils encourent eux-mêmes et qu’ils font courir à leurs proches s’ils ne respectent pas les gestes-barrière contre la Covid-19. Je procède de la même manière dans mon quartier avec des jeunes, des enfants et leurs mamans ».

Mais, cette tâche n’est pas du tout facile dans une ville comme Kinshasa où certaines personnes soutiennent que la maladie à Coronavirus 2019 n’existe pas. « J’essaye, par des preuves tangibles, de réveiller la conscience attirer l’attention des personnes que j’aborde, en leur faisant comprendre qu’ils ne perdent rien en se protégeant et en protégeant leur entourage contre cette pandémie », a ajouté Mlle Rebecca, jointe mardi 16 mars 2021 par caritasdev.cd. Cette sensibilisatrice indique qu’elle croise deux catégories des personnes : ceux qui croient en l’existence de la maladie, mais n’en tiennent pas trop compte ; et d’autres qui, carrément, nient l’existence de la Covid19.

GMK/Caritasdev.cd

L'hyménoplastie, une seconde virginité

*C'est la saison des mariages... et de l'hyménoplastie, cette opération de reconstruction de l'hymen. Certaines femmes y ont recours avant les noces pour sauver leur "honneur".

L'hymen est une preuve très fragile de la virginité féminine, puisque certaines femmes naissent sans hymen, d'autres le perdent en faisant de l'équitation, de la gymnastique, ou même en mettant un tampon. 

Une à trois fois par semaine, de jeunes femmes se présentent à l'Institut européen de chirurgie esthétique et plastique (IECEP) de Boulogne-Billancourt pour demander une hyménoplastie, c'est-à-dire une opération chirurgicale consistant à recoudre l'hymen, petit lambeau de peau situé à l'entrée du vagin, afin de retrouver leur virginité. "Actuellement, c'est la période de l'hyménoplastie, parce que c'est la saison des mariages. Fin juillet, ça va s'arrêter", note le Dr Staub, chirurgien à l'IECEP.

La plupart de ces femmes ont une histoire qui se ressemble : issues d'une famille traditionaliste qui réprouve les rapports sexuels hors du cadre strict du mariage, elles ont perdu leur virginité avant de rencontrer leur futur mari. A quelques semaines des noces, elles tentent de sauver leur "honneur" en obéissant à la règle qui veut que les draps nuptiaux soient souillés de sang le premier soir, attestant de la rupture de leur hymen, et donc de leur virginité jusque-là préservée. "Ces jeunes femmes viennent souvent les yeux baissés, elles donnent de faux noms, de faux numéros de téléphone, et veulent faire ça rapidement", témoigne le Dr Staub. Pour ces femmes d'origine très diverses (sénégalaise, tunisienne, libanaise ou encore vietnamienne), si l'hyménoplastie est une démarche honteuse, elle est aussi parfois leur unique solution pour respecter la coutume.

L’hymen, une preuve fragile

L'opération dure une demi-heure et se fait généralement une semaine avant la noce, afin que la plaie, encore fraîche, puisse saigner sur les draps. Sans ce laisser-passer, la jeune épouse court le risque de se faire répudier par sa belle-famille, comme ce fut le cas il y a quatre ans, lorsque le tribunal de Lille avait annulé un mariage en raison de la non-virginité de la jeune-mariée - une décision finalement rejetée en appel.

Depuis toujours, il existe de nombreuses techniques pour simuler la perte des tissus virginaux, comme le sang de bœuf répandu discrètement sur les draps, le sang des règles ou la capsule de sang placée au fond du vagin. Un hymen artificiel – une poche de plastique remplie d'un liquide rouge – produit par la société chinoise Gigimo a par ailleurs fait scandale en 2010 en Egypte, en promettant une seconde virginité pour la modique somme de 26 dollars.

Pourtant, l'hymen est une preuve très fragile de la virginité féminine, puisque certaines femmes naissent sans hymen, d'autres le perdent en faisant de l'équitation, de la gymnastique, ou même en mettant un tampon. De plus, l'hymen est une membrane très peu vascularisée, ce qui signifie que lors de sa rupture, la perte de sang n'est pas systématique.

Il en va de même avec l'hyménoplastie : pour peu que les tissus recousus ne soient pas assez vascularisés ou que la plaie ait entièrement cicatrisé, la perte de sang n'est pas toujours assurée lors du rapport sexuel. Pour augmenter les probabilités de saignement, certains chirurgiens n'hésitent pas à refermer presque entièrement l'orifice du vagin.

"Saigner pour sa propre sécurité"

La pratique de l'hyménoplastie pose des problèmes d'éthique à certains chirurgiens, qui refusent de pratiquer l'opération, à l'image du Dr Bernard Guyot, gynécologue à l'hôpital de Poissy-Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Pour lui, l'hyménoplastie relève d'un problème sociétal, et non médical. "Je trouve dégradant qu'on accorde autant d'importance à un tissu féminin. C'est très gênant : ça montre que l'homme peut se permettre ce qu'il veut mais pas la femme !, s'exclame le Dr Guyot. Nous, les gynécologues, nous sommes un peu les avocats des femmes, et j'estime qu'il s'agit d'une régression dans le droit des femmes." Son collègue, le Dr Georges Bader, renchérit : "Répondre à la demande d'hyménoplastie, c'est nourrir cette pratique."

De la même manière, et suivant les conseils du Conseil national de l'ordre des médecins (p. 3 du PDF), les deux chirurgiens se refusent à faire des certificats de virginité si ce n'est à des fins médico-légales. Dans ce dernier cas, le certificat doit par ailleurs toujours être remis en mains propres à la femme examinée, et "normalement en l'absence de toute personne".

Le Dr Ghada Hatem n'est pas aussi catégorique. Cette gynécologue de l'hôpital Delafontaine, en Seine-Saint-Denis, pratique ce qu'Yvonne Knibiehler, historienne auteure de l'ouvrage La Virginité féminine, appelle "l'éthique de compassion""En général, je ne refuse pas de faire cette opération, car la plupart du temps, les jeunes femmes qui viennent me voir sont dans une situation bloquée, explique la gynécologue. Il s'agit probablement d'une pratique violente et archaïque, mais parfois ces femmes n'ont pas de métier, dépendent de leur futur mari, et il s'agit de les aider."

D'une manière générale, les femmes souhaitant se faire opérer l'hymen ne s'adressent pas aux praticiens des hôpitaux publics, même si l'opération, normalement non remboursée par la sécurité sociale, peut y être déclarée en tant que plastie périnale. Elles sont bien plus nombreuses à se diriger vers les cliniques privées, où les soins peuvent s'élever à 1 800, voire 3 000 euros, mais où la discrétion est assurée.

Le Dr Yohann Dehry a ouvert sa clinique il y a cinq ans, et depuis, il pratique l'hyménoplastie. Dans son cabinet avenue Hoche, dans le 8e arrondissement de Paris, il estime que quatre à cinq femmes appellent chaque semaine pour se renseigner sur cette pratique, mais seules 15 % d'entre elles passeraient vraiment à l'acte. Pour lui, il s'agit de rendre service. "Ce n'est pas au médecin de juger sa patiente", assène-t-il. "Il arrive que des femmes soient en danger, ajoute le chirurgien. Une fois, une de mes patientes m'a confié qu'elle avait des frères très violents. Elle voulait saigner pour sa propre sécurité."

Tourisme médical

Pour répondre à cette demande, des agences de voyage proposent aujourd'hui des voyages tout compris pour aller se faire opérer dans des pays comme la Tunisie. Pour 1 250 euros, l'agence assure une hyménoplastie, le trajet aller-retour et la pension. En effet, selon Nedra Ben Smail, une psychanalyste qui vient de publier Vierges ? La nouvelle sexualité des Tunisiennes, des cliniques, qui existent surtout à Tunis, la capitale, et à Sfax, dans le centre du pays, facturent l'hyménoplastie entre 600 et 1 000 dinars tunisiens, c'est-à-dire 300 à 500 euros.

En Tunisie, ce phénomène a pris une grande ampleur, et depuis 2007, les autorités religieuses internationales ont émis une fatwa autorisant l'hyménoplastie. "Les médecins estiment à seulement 5 % les filles tunisiennes qui ne se préoccupent pas de la question de la virginité avant le mariage, 20 % seraient des 'vraies vierges' et plus des trois-quarts seraient des 'vierges médicalement assistées'", écrit la psychanalyste, se basant sur des entretiens avec des gynécologues et des centaines de témoignages anonymes recueillis via Internet.

Le sujet reste malgré tout tabou en Tunisie : en 2010, le film du réalisateur belgo-tunisien Jamel Mokni, Hymen national : malaise dans l'islam, et qui évoque la pratique de l'hyménoplastie en Tunisie, n'avait pas été retenu dans la sélection du Festival de Carthage. Jamel Mokni, quant à lui, avait été emprisonné deux fois lors du tournage.

Un état pas seulement anatomique

De leur côté, les associations féministes se positionnent contre ce désir de virginité, "un concept qui ne correspond à rien et qui est une expression de la domination masculine", comme l'affirme une animatrice du planning familial de Maison-Alfort (Val-de-Marne). "Mais tout ce qu'on peut faire, c'est écouter ces femmes et essayer de leur faire comprendre les pressions qu'elles subissent. Si leur situation est difficile, on ne va pas les critiquer", ajoute-t-elle. "L'hymen, c'est une histoire de femmes. Même si les mères ont eu des problèmes à leur mariage, elles veulent que leur fille soit irréprochable : l'hymen est un gage donné à la belle-famille", explique la militante.

Danielle Gaudry est membre du bureau national du planning familial. Au cours des nombreuses animations qu'elle a organisées dans les écoles, elle a remarqué que les adolescents se posaient beaucoup de questions sur la virginité. "Les garçons sont très préoccupés par la virginité des filles. Pour eux, une fille qui a perdu sa virginité est une 'salope'. Ils sont dans une appréciation très traditionnelle de ce qu'est la virginité pour une fille", observe-t-elle.

"Souvent, on me dit 'Je ne sais pas si je suis encore vierge, je ne sais pas si j'ai eu un rapport sexuel complet ou pas'. Mais qu'est-ce que ça signifie, un rapport complet ? Être vierge, ce n'est pas seulement anatomique, c'est aussi un rapport à soi et à son corps", s'étonne la militante.

L'hyménoplastie n'est pas toujours pratiquée en hâte en prévision d'un mariage. Il peut arriver qu'après un viol, des femmes aient recours à cette opération comme étape d'un processus de reconstruction, une manière d'effacer le traumatisme. Selon le Dr Adel Louafi, chirurgien esthétique dans le 7e arrondissement de Paris, il existe également un troisième profil, le plus fréquent dans son cabinet, qu'il appelle celui de la "convenance personnelle".

"Beaucoup de femmes me demandent une hyménoplastie pour 'tourner la page', après avoir eu une expérience sexuelle avec quelqu'un qu'elles pensaient être l'homme de leur vie, mais avec qui ça n'a pas marché. Pour oublier, elles viennent se faire recoudre l'hymen, pour répondre à une symbolique personnelle", révèle-t-il. Dans son cabinet viennent des femmes de toutes les origines pour qui l'hymen garde la valeur symbolique d'un état avant la défloration.

lemonde.fr

Prévention de la Covid19 à Kinshasa : des sensibilisateurs en formation par Caritas Congo bientôt à l’assaut du Rond-Point Ngaba

Dix sensibilisateurs sont en formation depuis vendredi dernier au centre d’accueil de la Caritas, dans le cadre de lutte contre la propagation de la Covid19. La persistance de cette pandémie, qui est aujourd’hui à sa deuxième vague en RDC, a poussé Caritas Congo Asbl et son partenaire CRS, à vouloir sensibiliser la population de la Ville-Province de Kinshasa, contre cette pandémie, a indiqué M. l’Abbé Eric Abedilembe, 1er Secrétaire Exécutif adjoint de la Caritas Congo Asbl, ouvrant ces travaux, au nom du Secrétaire Exécutif empêché.

C’était en présence de Dr Guylain Mukuna, de CRS / RDC.

Ainsi, CRS (Catholic Relief Services) a obtenu un financement auprès de « Center for Desaster Phylanthropy /CDP » pour la mise en l’œuvre du projet de sensibilisation collective des populations pour lutter contre la transmission et propagation de la Covid-19 dans les milieux publics de la ville / Province de Kinshasa : Marché de Rond-Point Ngaba et environs (arrêts de bus).

C’est dans ce contexte que se tient cet atelier de deux jours. « Il a comme objectif principal de garantir une bonne gestion de la mise en œuvre du projet et des exigences de conformité en assurant un démarrage efficace et rapide par une bonne compréhension », a relevé Mr l’Abbé Eric Abedilembe.

« Nous profitons ainsi de cette occasion pour exprimer notre gratitude à CRS, ici représenté, pour la manifestation une fois de plus de notre partenariat, à travers cette attention portée sur notre population », a indiqué le prêtre. Ce dernier a demandé à l’Equipe du projet de bien s’acquitter de ses tâches et de bien encadrer les sensibilisateurs à qui il a souhaité une bonne assiduité à cette formation.

La première journée a été consacrée à la présentation du projet, son ciblage géographique, ses bénéficiaires et les activités-clés.

Réveiller la conscience de la communauté sur les gestes-barrière

Ce lundi 22 mars 2021, Dr Mathieu Bikoko, Chargé de Programme /Santé à la Caritas Congo Asbl, a entretenu les participants sur les mesures préventives contre la Covid19. Il s’est attardé sur la manière de saluer sans toucher ; comment et quand porter le masque ; comment se laver les mains ; comment se tenir pour parler avec les autres ; comment aborder le sujet pour mieux sensibiliser les populations, même les moins informées.

« Face à une maladie virale, il faut savoir bien se comporter. Si chacun de nous se protège, la chaîne de transmission de la maladie peut se couper et on aura sauvé des vies », a fait observer Dr Bikoko. « Le message que vous apportez à la population visera à contribuer à la lutte contre la propagation de la Covid19 en RDC, particulièrement dans la ville de Kinshasa », a-t-il ajouté.

« Il est essentiel que les communautés soutiennent les mesures de lutte édictées par le Gouvernement congolais contre cette maladie », a conclu Dr Mathieu Bikoko, après un jeu de questions et réponses avec les participants.

Pour rappel, l’objectif ultime de ce projet est de « réveiller la conscience collective pour l’application des mesures de prévention édictées par le Gouvernement contre la Covid19 », a souligné Dr Bikoko. Il s’agit notamment du port obligatoire et correct des masques, du lavage régulier des mains au savon ou avec une solution hydro-alcoolique, de l’observance de la distanciation sociale d’au moins un mètre, de l’interdiction de se serrer la main, etc.

Le Coordonnateur National a.i. du Service des Urgences (SPSP) de la Caritas Congo Asbl, Mr Christian Nsangamina, a recommandé aux Sensibilisateurs à être réguliers sur le terrain et à bien faire le travail attendu d’eux. D’une durée d’un mois, ce projet cible principalement les vendeurs et acheteurs du marché du Rond-Point Ngaba ; mais, indirectement les passagers, camionneurs, et autres passants fréquentant le marché du Rond-Point Ngaba et ses environs.

Par ailleurs, M.  l’Abbé Eric Abedilembe a planché sur la « politique de Caritas Congo Asbl sur les abus sexuels ; la protection des mineurs et le Code de bonne conduite de Caritas Congo Asbl ».

GMK/Caritasdev.cd

Journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme

2 avril 2021: ce qu’il faut retenir de l’autisme avec le psy Josué Ozowa Patem

 

L’Organisation des Nations Unies a retenu la date du 2 avril de chaque année comme étant une journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme. L’autisme est un trouble du neuro développement affectant les relations interpersonnelles. La Classification Internationale des Maladies (CIM) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), définit l’autisme comme un trouble du développement caractérisé par des perturbations dans les domaines des interactions sociales réciproques, de la communication et par des comportements, intérêts et activités au caractère restreint, répétitif.

Selon Josué Ozowa Patem, psychologue clinicien et psychothérapeute, consultant au Centre de Santé Mentale Telema, l’autisme ou les troubles du spectre de l'autisme (TSA) résultent d'anomalies du neuro développement. Ils apparaissent précocement au cours de la petite enfance et persistent à l’âge adulte. Ils se manifestent par des altérations dans la capacité à établir des interactions sociales et à communiquer, ainsi que par des anomalies comportementales, en particulier une réticence au changement et une tendance à la répétition de comportements ou de discours.

Les personnes concernées semblent souvent isolées dans leur monde intérieur et présentent des réactions sensorielles (auditives, visuelles, cutanées...) particulières. Malgré la diversité des troubles et les capacités d'insertion sociale très variables de ces personnes, il nécessite une recherche pluridisciplinaire pour comprendre ses mécanismes et améliorer sa prise en charge.

Problèmes liés à l’autisme

Les enfants atteints d’autisme ont généralement des problèmes dans trois secteurs cruciaux du développement : les interactions sociales, le langage et la communication et le comportement. La sévérité des symptômes varie grandement entre les enfants. Un enfant atteint d’autisme sévère démontre une inhabileté totale à communiquer ou à interagir avec les autres.

Certains enfants montrent des signes d’autisme dès le plus jeune âge. D’autres se développent normalement les premiers mois ou les premières années, puis, soudainement se replient sur eux-mêmes, deviennent agressifs ou perdent le langage qu’ils ont acquis. Bien que chaque enfant ait un comportement unique, les symptômes les plus courants chez l’enfant sont :

Au niveau des habiletés sociales

Une difficulté à faire des contacts visuels ou à comprendre les expressions faciales.

Une difficulté à décoder les expressions émotionnelles (savoir si quelqu'un est triste) et une difficulté à interpréter les intentions des autres.

Une difficulté à exprimer ses émotions, son ressenti (il est parfois difficile pour l'entourage de savoir si l'enfant a mal par exemple).

Une absence de réponse lorsqu’on l’appelle par son nom.

Une préférence à jouer seul, à se retirer dans son monde, une incapacité à se faire des amis de son âge.

Une incapacité à jouer à des jeux symboliques (imaginatifs, à faire semblant).

Une résistance aux câlins ou à se faire prendre.

Au niveau du langage et de la communication

L’enfant commence à parler plus tard que 2 ans.

L’apparition d’autres retards de développement vers 30 mois.

La perte des mots ou des phrases déjà acquis.

L’enfant ne regarde pas son interlocuteur lorsqu’il s’adresse à quelqu’un.

Une incapacité à amorcer ou à soutenir une conversation.

L’enfant parle avec un rythme ou une tonalité anormale (une voix chantante ou  mécanique).

L’enfant peut répéter des mots mais n’en comprend pas le sens.

Au niveau du comportement

Une tendance à effectuer des mouvements répétitifs (appelés stéréotypies) comme se bercer, taper des mains ou tourner sur lui-même.

Une dépendance excessive par rapport à des routines ou à des rituels particuliers.

Une hypersensibilité ou une hypo sensibilité à la lumière, aux sons, au toucher, à certaines textures ou une insensibilité à la douleur. Cette particularité pourrait être expliquée par un trouble du traitement de l'information sensorielle.

Monsieur Ozowa qui est aussi membre du comité national de l’Union Nationale des psychologues du Congo précise que l’autisme fait partie des troubles envahissants du développement. C’est-à-dire, l’enfant évolue jusqu’à ce qu’il développe des aptitudes langagiers, comportementaux etc.

Rappelons qu’à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme, les Nations Unies ont prévu un événement   en ligne ce jeudi 2 avril proposant des tables rondes auxquelles participeront des personnes atteintes du spectre de l’autisme qui, malgré leur marginalisation, se sont imposés sur le marché d’emploi. L’événement portera sur le thème  «L’inclusion sur le lieu de travail : Les défis et les perspectives d’un monde post-pandémie».

Gilbert Mulumba