En matière électorale en RDC, le vote des jeunes et des femmes est déterminant pour donner au pays un Président de la République, des députés nationaux et provinciaux, mais aussi les autorités locales. Faisant partie du groupe majoritaire (femmes-jeunes), les jeunes ont le pouvoir de déterminer qui pourra diriger le pays en 2023. Le constat fait aux cycles électoraux passés (2006, 2011 et 2018) est que beaucoup de  jeunes ont été manipulés par les hommes politiques pour leur donner leurs voix. Une fois, au pouvoir, les candidats votés majoritairement par les jeunes, les ont totalement oubliés.  

En 2006 et 2011, sous l’administration du Président Joseph KABILA, aucun programme sérieux n’a été mis en place pour la formation, l’accès aux opportunités ou à l’emploi pour les jeunes. Les quelques actions   qui ont été organisées en faveur des jeunes ont été capturées par ceux qui en étaient responsables au profit de leurs proches familiaux ou politiques. En sorte qu’au départ du Président KABILA (en 2019), les problèmes des jeunes sont restés entiers. 

Depuis 2019 que le Président TSHISEKEDI est au pouvoir, on ne voit aucun programme à impact visible et durable pour les jeunes de tout le Congo, malgré le fait qu’ils ont payé un lourd tribut pour que l’alternance ait lieu. L’administration du Président TSHISEKEDI a totalement oublié les jeunes. Pas de formation, pas d’emploi, pas d’opportunités pour eux sur l’ensemble du pays. Lesquelles actions mises en œuvre n’ont aucun impact réel sur l’avenir des jeunes. 

Les jeunes sont victimes de leur attitude irresponsable de faire confiance au premier politicien qui fait des promesses ; lesquelles promesses sont qualifiées plus tard des promesses de campagne, c’est-à-dire,  ne lient pas le candidat élu aux électeurs. 

Il me semble que cette attitude irresponsable de beaucoup de jeunes trouverait ses causes en ceci :

La formation qui est donnée aux jeunes dans les universités ne vise pas à former des femmes et hommes idéalistes et indépendants, mais des personnes qui dépendent du système corrompu qui gouverne le pays qu’ils remettent en cause difficilement ou seulement quand ils sont manipulés par telle ou telle autre personne ;

La précarité des conditions de vie : beaucoup de jeunes sont sans emploi, sans source des revenus. Ils dépendent en grande partie des parents ou de certains groupes (églises, partis politiques et associations sociales) qui ont un pouvoir énorme sur eux et qui peuvent même orienter leur vote en faveur d’un(e) candidat(e) ou d’un parti ;

Absence d’analyse approfondie des candidats : les jeunes comme beaucoup d’autres congolais sont tombés dans le vote tribal ou le fanatisme aveugle envers les acteurs ou partis politiques. Ils oublient qu’un acteur politique, quels que soient les discours qu’il peut faire, il doit faire l’objet d’une analyse critique avant de lui donner son vote. Qu’a-t-il déjà fait dans le passé pour les jeunes ou le pays ? Quelles ont été ses actions, étant au pouvoir, en faveur des jeunes ? Quelle a été son attitude vis-à-vis de l’argent de l’Etat ou de la chose publique ? L’analyse profonde de ces questions (et d’autres aussi) et les réponses qui y seront données devraient déterminer les jeunes à voter pour telle ou telle autre personne.

Le plus souvent les jeunes se contentent des promesses fallacieuses faites lors des campagnes électorales, des t-shirts ou de peu d’argents qui sont distribués au siège du parti ou lors des campagnes.  Cet argent ne peut ni vous permettre de vous lancer dans les affaires ni de prendre régulièrement soins des personnes qui vous sont chères. Il vous permet d’avoir une bière ou un petit pain. Il ne vous garantit pas l’avenir. Faites attention !

Au Congo, nous ne devrions plus voter un individu en fonction des promesses qu’il fait, mais en fonction de ce qu’il a déjà fait dans n’importe quel domaine où il était déjà engagé et particulièrement pour les jeunes.

En donnant son vote sur base des promesses, on court les risques de voter des escrocs ou des individus véreux qui nous répondront plus tard qu’il s’agissait des promesses de campagne. Donc, on peut ou ne pas les mettre en application. Véritable escroquerie. 

Pour éviter la manipulation des acteurs politiques véreux, il est important que les jeunes qu’ils soient engagés dans les partis politiques ou dans les associations confessionnelles ou autres commencent à analyser tous les candidats potentiels à la présidence, à l’Assemblée nationale ou provincial pour ne voter que les candidats dont le passé démontre qu’ils ont fait des choses en faveur des jeunes. 

Les jeunes devraient éviter de donner leur vote aux acteurs politiques impliqués dans la corruption, le pillage des ressources naturelles, le tribalisme ou dans le mensonge (qui font des promesses qu’ils ne réalisent pas).

En 2023, le vote des jeunes sera déterminant pour changer le Congo, alors refusez de vous faire manipuler par les acteurs politiques véreux qui sont nombreux dans notre classe politique.

Partagez et échangez avec les jeunes sur les points développés,  ci-dessus.

Kinshasa, le 18 janvier 2022

Me Jean Claude KATENDE