Les Congolais appellent hic et nunc le bien-être social  dans la durée. Ils aspirent à une démocratie qui respire à plein poumon, grâce à l’organisation des bonnes élections aux dates prescrites par la constitution. Ils tiennent mordicus à vivre dans un espace où la compétence et le talent des hommes aux manettes ne sont pas assujettis à l’arbitraire et à la médiocrité. Ils savent que leur pays est potentiellement riche.

Mais  que des millions de dollars s’évaporent dans des circuits tortueux de la corruption au seul profit de quelques-uns. N’empêche que les populations congolaises se contentent de lorgner, dans un silence de cimetière, l’insolent train de vie de leurs dirigeants.

Quoi de plus normal, dans ces conditions, que ces populations se battent bec et ongle pour une justice distributive ? Le gouvernement de notre pays devrait mettre en place des mécanismes pour que chaque congolais trouve, dans une certaine mesure, son compte et que personne ne soit laissé au bord du chemin.

En d’autres termes nos dirigeants, dans le cadre du triptyque des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire devraient instituer une sorte de libéralisme social, permettez l’oxymore, pour le bien du pays et en faire une denrée politique.

Tous les hommes sont égaux en droit et en dignité. Ce n’est pas au Congo qu’on devrait faire entorse à ce principe sacro-saint, inscrit en lettre d’or dans la charte des Nations Unies.

Nous sommes convaincus qu’avec des dirigeants pétris de probité morale, qui sont des rassembleurs, qui tiennent à faire beaucoup avec peu, qui ne sont pas au pouvoir pour l’argent mais pour le bien du pays et dans le même temps des citoyens imbus des valeurs patriotiques et qui peuvent troquer l’instinct prédatif contre ce patriotisme tout en tournant le dos à toutes les antivaleurs en vogue, notre pays peut sortir de l’ornière.

Nous avons aussi la conviction profonde qu’un carriérisme pour des hautes charges étatiques est contre-productif et qu’il faut lui barrer la route par tous les moyens.

Que ceux qui ont fait leur temps avec les piètres résultats que l’on connait laissent la place à du sang neuf et que la roue tourne pour le grand bien de ce don béni que Dieu nous a légué.

Le Congo, notre pays, ne va pas bien. La grande majorité de nos citoyens  croupissent dans une misère indescriptible. J’ai failli tomber à la renverse lorsqu’un des  mes étudiants, brillant du reste, m'a fait savoir que lui et ses parents habitent au numéro 75 d’une certaine rue (que je ne peux pas citer ici par décence) dans les faubourgs d’une grande ville du pays.

Ils  sont obligés d’aller au numéro 63 de la même rue, pour  se soulager ou prendre un bain. Et d’ajouter que sa mère va de temps à temps mendier un peu de dentifrice chez sa voisine. C’est à se demander si la pluie des pleurs du peuple n’atteint pas le parapluie de l’indifférence des décideurs politiques.

C'est aussi à se demander si nos dirigeants préfèrent donner le luxe superflu aux riches, plutôt que d’offrir le nécessaire indispensable aux démunis. Non ! Nous devons nous ressaisir et nous lever comme un seul homme afin d’ajuster nos filtres perceptuels pour donner à chaque congolais une chance de vivre avec un minimum vital acceptable.

Il est hors de question que la majorité des congolais continue à vivre dans la précarité dans un pays potentiellement riche  où  le lait et le miel devraient couler abondamment. Il ne sert à rien de nous égarer dans les méandres des haines tribales ou des haines tout court.

Ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous divise. Ne perdons pas de vue qu’un pays où règnent la paix et l’unité fait exploser les portefeuilles des investisseurs.

Un vieil adage stipule que là où les antivaleurs passent, la bonne gouvernance trépasse. Cette sentence, pleine de sagesse, s’applique bien au rendement que  que produisent des hauts fonctionnaires de l’Etat, ministres et mandataires compris dans l’exercice de leurs fonctions. Dans son format actuel, la désignation de ces hauts fonctionnaires de l’Etat et de leurs collaborateurs ainsi que leur maintien en poste est tout sauf viable. En effet,  dans ce format, les hauts fonctionnaires sont eux même recrutés soit par accointance politique, tribale, népotique ou autre.

Ceci au plus grand mépris de toute règle déontologique et en ignorant superbement les critères clés de la compétence et des aptitudes liées au poste. Leurs successeurs sont choisis de la même manière et ainsi de suite. Ce processus charrie, in fine, à quelques exceptions près, des ventriotes médiocres et non des gens pétris de compétence, de patriotisme et ayant les aptitudes avérées par rapport à la position qu’ils sont sensés occuper. Un nain reste nain, même si il est perché sur un piédestal, suggère un vieux dicton.

Il convient de signaler ici que des études économétriques pointues ont mis en   évidence une concomitance entre les qualités managériales des hauts fonctionnaires d’un pays et les performances macro-économiques du pays. Une fois en poste, après les circonstances de recrutement ubuesques que nous venons de décrire, ces fonctionnaires s’érigent en gourous indéboulonables. Ceci malgré le fait d’être tombés en désuétude.

En effet, ils sont soit frappés de sclérose liée au grand âge, soit dépassé par les événements et ainsi engloutis dans un train-train routinier, soit gagné par l’inefficacité et l’inefficience.

Ceci du fait qu’ils baignent dans l’illettrisme numérique et ne comprennent rien aux enjeux de l’heure tels que la transition climatique, la transition écologique ainsi que les ressorts et les arcanes de la COVID-19. Tout ceci met en évidence le besoin criant de mettre en place des mesures qui encadrent la carrière des hauts-fonctionnaires.

Beaucoup d’entre eux trouvent dans la longévité au poste un exutoire pour rester en poste à ne rien faire.

Ils portent ainsi un coup de butoir aux indices macro-économiques du  pays et   projettent ainsi,  à l’interne, comme à l’externe, une piètre imagerie décisionnelle de notre pays.

Le  Congo devrait refuser d’être le dindon de la farce ou le mouton du sacrifice des fonctionnaires mal recrutés, véreux et dont les prestations percutent à la fois l’esprit de la justice distributive dans les emplois et l’obligation de résultats qui améliorent de manière substantielle les indices macro-économiques du pays.

Il nous semble donc opportun que le pays fasse émerger une nouvelle politique d’embauche et du remplacement des hauts fonctionnaires de l’Etat pour ainsi ouvrir des perspectives d’avenir pour notre pays. Pour des raisons d’efficacité, un mandataire devrait être recruté pour un seul mandat sauf pour des cas d’une excellence avérée où le mandat peut être renouvelé pour une deuxième et dernière fois.

Ainsi,  à la fin de chaque mandature, le fonctionnaire devrait défendre son bilan et être soumis à une interview très serré. Ce qui permettrait de démêler l’inextricable écheveau entre le bon grain et l’ivraie. Pour le passage au second et dernier mandat, il est hors de question d’affubler un costume Mao à tout le monde, mais de ne garder que le bon grain et se débarrasser de l’ivraie.

En guise de conclusion, le Congo, notre pays, n'a pas  le cœur à la fête.

Nous devrions nous départir de cet enclin à idéaliser le passé et à ne pas croire à l’avenir et ainsi chercher les voies et moyens de relever notre pays.

Ceci permettrait de l’arracher du cercle vicieux de la pauvreté, de la misère, de l’endettement, bref du sous-développement.

Malgré les appels à la haine qui sont prêchés, urbi et orbi, dans les vomitoires de certains réseaux sociaux, nous devrions faire bloc et chercher les voies et moyens d’arrimer le wagon de notre pays au train mondial du développement. 

A  notre humble avis, les transformations à opérer devraient passer par un changement des boîtes à outils politique, économique, sociale et environnementale.

Parmi les changements majeurs, qui s’imposent aux premiers plans, nous pouvons mentionner celui de rendre reluisante la gouvernance, par devers le choix d’acteurs décisionnels compétents, intègres et aptes à exécuter, avec dextérité, les tâches qui leur sont dévolues.

Avec des tels acteurs, le pays peut déployer la gouvernance autrement et ainsi aboutir au remodelage du système socio-économique.

Ceci nous permettrait de générer beaucoup de  projets remodeleurs, restructurants et propulseurs.

Qu’il me soit permis de mentionner le fait que notre pays dispose d’un bon vivier d’où il peut tirer certains de ces acteurs.   Il s’agit de sa gente féminine, de sa jeunesse et de sa diaspora.

(*) Professeur honoraire à l’UNIKIN (RD Congo), Université deTizi-Ouzou       

(Algérie), Université du Rwanda (Rwanda), University of South Africa  (Afrique du Sud).

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