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La désignation du prochain président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), en République démocratique du Congo (RDC), fait parler et couler beaucoup d’encre au point que de nombreux citoyens sont amenés à s’interroger sur la nécessité de confier encore ce choix aux confessions religieuses. D’autres, cependant, pensent qu’il est temps de leur retirer ce privilège, lorsqu’on réalise que durant les trois cycles électoraux qui se sont déroulés en 2006, 2011 et 2018, nos pères spirituels ne se sont jamais mis d’accord sur un candidat unique commun.

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Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a tenu à honorer les victimes du double crash du 28 et 30 décembre 2020, avant leur inhumation à la Nécropole Entre Terre et Ciel dans la commune de la N’sele. Au cours d’une brève cérémonie d’hommages organisée à la Clinique kinoise samedi 14 août 2021, le Chef de l’Etat a ainsi procédé à la décoration à titre posthume des victimes, 7 au total, de cet événement tragique survenu au niveau de la province de la Tshopo, pour saluer leur combat de ses chers compatriotes et honorer leur mémoire. Dans l’ensemble, seul le Colonel Sogu Gada Ngile a été admis, à titre posthume, au grade d’Officier dans l’Ordre National Héros Nationaux Kabila-Lumumba. Le Lieutenant Butiri Byamungu, le Sous-Lieutenant Yamba Mvula ainsi que les Capitaines Pilotes Badibanga Ngambwa David, Mulongo Francis, Kyalumba Kalokota Emmanuel et Mogbekuma Bwedi Henri, ont été admis, eux,  au grade de Chevaliers toujours dans l’Ordre National Héros nationaux Kabila-Lumumba pour des loyaux services rendus à la République Démocratique du Congo, par le Grand Chancelier des Ordres Nationaux, le Président de la République Félix Tshisekedi. C’était en présence de la Vice-Ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, du Gouverneur Militaire du Nord-Kivu Constant Ndima, du Chef d’état-major de la Force Aérienne, le Général Maurice Diasuka, du Gouverneur de la Ville-Province de Kinshasa Gentiny Mbaka Ngobila, de différents officiers supérieurs des Forces Armées de la RDC ainsi que de plusieurs membres de familles des illustres disparus.

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Pourquoi depuis plus de décennies  la guerre de la partie orientale de la RDC  n’avait jamais eu un caractère officiel ? Pourquoi, au-delà des affres qui se commettaient dans cette partie de la République, un état d’urgence n’avait jamais été décrété conformément à l’article 85 de la Constitution.
Par-dessus toutes les accusations fondées ou non contre l’agresseur avéré ou supposé, les congolais sont, jusqu’en ce jour, en droit de se demander  qui sont les belligérants dans cette guerre mal définie ? Combien sont –ils ? D’où viennent-ils ? Que veulent-ils ? Où s’approvisionnent-ils en armes, en munitions, en vivres… ? Sait-on pourquoi un imam musulman était tué dans sa mosquée à l’aube - même de l’installation des gouverneurs militaires en Ituri et au Nord-Kivu   ?
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La situation sécuritaire dans les hauts plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira ne fait que se détériorer au fil des jours. Les banyamulenges vivant dans cette partie du pays sont de plus en  plus victimes des massacres de plusieurs groupes armés locaux et étrangers notamment, les Maï-Maï, les RedTabara et tant d’autres, selon les révélations de Charles Mukiza, Président de la communauté Banyamulenge de Kinshasa. Outre le fait que les banyamulenge soient simplement victimes d’un complot de déracinement qui date d’il y a plusieurs années, comme l’a décrié Charles Mukiza, près de 260 villages avec plus ou moins 10.600 maisons qui leur appartiennent sont à ce jour incendiés. Sans raison aucune, plus de 500 mille têtes de bétail d’une valeur estimée à hauteur de 250 millions USD ont été violemment abattues. Au cours de son activité d’alerte organisée en présence du Président de la Chambre haute du Parlement, Modeste Bahati Lukwebo, vendredi 13 août 2021, date de la commémoration des victimes de massacre de Gatumba, à l’immeuble Reine de la paix sur l’avenue des Huileries dans la commune de la Gombe, la communauté Banyamulenge de Kinshasa , par le truchement de son Président Charles Mukiza, a fait savoir que ces actes de barbaries des hors-la-loi dans les hauts plateaux à l’Est du pays ont poussé les banyamulenge à vivre dans des conditions inhumaines : certains dans des ilots exigus ainsi que dans certains camps appartenant aux déplacés internes dans la plaine de Ruzizi et à Mikenke, d’autres dans des camps des réfugiés à l’étranger. Là où le bât blesse, selon cette communauté, c’est que tous ces actes ignobles, massacres, tueries, pillage à Fizi, Mwenga, ou encore à Uvira, se déroulent sous l’œil observateur de certains éléments des FARDC dont certains seraient des complices. C’est dans le souci de voir la quiétude revenir dans les hauts plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira, que la communauté Banyamulenge de Kinshasa lance des cris d’alarme aux autorités du pays pour des actions qui aillent non seulement dans le sens de ramener la paix dans cette partie du pays, mais aussi, dans le sens de sanctionner ces auteurs-là des pertes en vies humaines de plusieurs de ces compatriotes. En dépit de tous ces actes, les Banyamulenge, qui réitèrent tout de même leur attachement aux Institutions du pays en commençant par le Président de la République, formulent quelques recommandations aux autorités compétentes, entre autres, l’identification, pour des sanctions, des auteurs de massacre de Gatumba, le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur les Hauts Plateaux de Fizi, Mwenga et d’Uvira, l’assistance en vivres et non vivres pour la population, la prise en charge des victimes encore éparpillées, etc…«Depuis le 13/08/2021 jusqu’à ce jour, le grand étonnement de la Communauté Banyamulenge est le silence, l’inactivisme et voire-même la complicité des Institutions ou services nationaux ou internationaux, censés prendre en charge ces questions», déplorent les banyamulenge de Kinshasa qui craignent que cette persistance de l’insécurité éloigne la RDC de la ligne du développement sous toutes ses formes. Pour sa part, le Président du Sénat,  l’Honorable Bahati Lukwebo, très solidaire et attentif au cri de ses compatriotes banyamulenge, a exprimé toute sa compassion et a, par la même occasion, promis d’accompagner cette lutte pour la consolidation de la cohésion nationale et l’instauration de la paix dans les Hauts Plateaux.

La Pros.

Déclaration de Charles Mukiza, Président de la Communauté Banyamulenge de Kinshasa à l’occasion de la commémoration des victimes de massacre de Gatumba

Honorables, Excellences, Distingués invités, Mmes et Mrs,

Ce vendredi 13/08/2021, nous venons de totaliser 6209 jours, soit dix-sept ans révolus, jour pour jour, à partir de la date du 13/08/2004 à laquelle s'est commis le massacre de Gatumba au cours duquel des réfugiés Congolais au Burundi ont été cruellement tués. Cette commémoration se déroule au moment où les hauts et moyens plateaux de Fizi, de Mwenga et d'Uvira sont l'objet d'autres actes de tueries, de pillages de bétail et d'incendies des villages et autres infrastructures orchestrés par des groupes armés locaux, les Mai Mai, et groupes étrangers, les Red TABARA notamment, avec la complicité des quelques éléments ou unités des FARDC. A ce jour, le bilan de ces récents évènements malheureux affiche des statistiques de pertes en vies humaines de l'ordre de 300 personnes tuées, 260 villages incendiés, 10.596 maisons incendiées, 500.327 têtes de bétail razziées, 132 écoles détruites, et 51 structures sanitaires détruites. Depuis le 13/08/2004 jusqu'à ce jour, le grand étonnement de la Communauté Banyamulenge est le silence, l'inactivisme et voire même la complicité des Institutions ou Services nationaux ou internationaux sensés prendre en charge ces questions. Dans cet élan, à partir de 2017, un plan de déracinement de notre Communauté a été systématiquement déclenché et se poursuit au jour d'aujourd'hui où le reste de la population Banyamulenge, à la suite de l'insécurité généralisée, ne vit que dans des îlots sur un espace d'une superficie d'environ 30.000 km² jadis abritant de centaines des milliers de personnes. A la suite de ces actes de déracinement, un grand nombre des Banyamulenge se retrouve actuellement dans des camps des OSHOT ON A56 ns ceux des déplacés internes dans la plaine de

Honorables, Excellences, Distingués invités, Mmes et Mrs,

Pour rappel, des membres de la Communauté Banyamulenge, mais aussi des Communautés Babembe, Bafuliru et Barundi se sont réfugiés au Burundi, en 2004 pour la plupart, fuyant des hostilités qui avaient élu domicile en province du Sud-Kivu. Les autorités du pays d'accueil, le BURUNDI, ont installé ces infortunés dans différents sites dont celui de GATUMBA. Dans la nuit du 13 au 14 aout 2004, un commando génocidaire composé, selon les témoignages, des FNL Palipehutu, des Interahamwe et des Mai Mai a fait irruption dans le camp tuant à l'arme à feu et à l'arme blanche hommes, femmes et enfants et brulant leurs corps dans leurs abris de fortune. Ces bourreaux ont procédé à la sélection de leurs victimes jusqu'à atteindre un nombre de 152 morts et plusieurs milliers des blessés de la Communauté Banyamulenge. 14 autres victimes étaient des Babembe trouvés dans les mêmes tentes que les Banyamulenge. La manière dont les faits se sont déroulés au moment de l'attaque ainsi que les slogans scandés par les bourreaux prouvent que ladite attaque visait de manière distincte les Banyamulenge et répondait de toute évidence à des motivations ethniques et politiques. Par la suite, le FNL PALIPEHUTU, groupe rebelle Burundais, a revendiqué  témoignages, les tueurs ont traversé nuitamment après leur forfait. Des corps calcinés, comme vous l'avez vu dans ce film, ont été inhumés en présence, notamment, du Président burundais, des représentants du Gouvernement de la RDC, des représentants de la mission onusienne au Burundi ainsi que du HCR. Plusieurs rapports y relatifs ont été produits entre autre le rapport conjoint de la MONUSCO, de l'ONUB (Opération des Nations Unies au Burundi) et du Haut-Commissariat des Nations unies aux Droits Humains au Burundi, Rapport du 05/10/2004, dans lequel il ressort clairement (p.4) que les victimes directes ou indirectes, sont les membres du groupe ethnique Banyamulenge qui ont été visés uniquement parce qu'ils sont Banyamulenge. Selon le même Rapport à la page 15, il y avait des signes avant-coureurs de ce massacre. Ce rapport indique que quelques jours avant le massacre des tracts avaient circulé "incitant à des attaques contre les Banyamulenge ». Les agresseurs auraient également scandé des slogans comme « abat les Banyamulenge », « nous ne voulons pas qu'ils rentrent en RDC ».

Honorables, Excellences, Mmes et Mrs, Distingués invités,

Face à la cruauté de ces tueries et à leur caractère sélectif, plusieurs personnalités ont haussé le ton pour condamner le massacre de Gatumba. Elles ont assuré aux rescapés, qui les suivaient de vive voix, de ne ménager aucun effort en vue de la mise sur pied d'une commission internationale d'enquête dans le but d'identifier les responsables et de les sanctionner. Les déclarations et la détermination de différentes autorités, notamment le Président de la République du Burundi, le Vice-Président de la République du Congo et la Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations-Unies au Burundi, témoins de ces évènements macabres, avaient suscité au sein de la Communauté Banyamulenge, victime des massacres à répétition, l'espoir de voir cette question prise en charge par fort malheureusement, dix-sept ans après ce massacre, il est regrettable de constater que les attentes de la Communauté Banyamulenge en ce qui concerne la justice sont loin d'être rencontrées et qu'aujourd'hui cette Communauté vit une situation qui s'empire et elle compte chaque jour le nombre des personnes tuées, le nombre des villages incendiés dont les habitants prennent le chemin de l'asile dans les pays limitrophes sans qu'aucun organe de presse n'en parle. Honorables, Excellences, Distingués invités, Mmes et Mrs, C'est ici aussi le moment de dénoncer l'appel lancé par le Général KASONGA LEAON RICHARD dans son communiqué du 12/07/21 stigmatisant une communauté, les Banyamulenge, et annonçant le déclenchement des opérations contre ceux qu'il qualifie des - terroristes », à savoir les Twirwaneho, Gumino et Android. En effet, à notre connaissance, ces jeunes qui s'auto défendent contre les forces négatives connues des autorités nationales, en l'occurrence la coalition Maï-Maï et le groupe burundais Red TABARA, ont toujours réclamé la prise en charge des questions sécuritaires de la population Banyamulenge ainsi que d'autres communautés voisines par l'Etat congolais. Dans leurs différentes déclarations, ils ont toujours insisté sur l'aspect de l'absence de l'autorité de l'Etat ainsi que de la complicité des commandants FARDC affectés dans ce secteur avec cette coalition négative. Traiter ces jeunes des terroristes» serait induire en erreur l'opinion tant nationale qu'internationale et se  soustraire de es de leur assurer la sécurité qu'ils réclament tout haut et toujours ! La situation qui s'observe dans les moyens et hauts plateaux laisse plusieurs observateurs perplexes. La question que l'on se pose est de savoir pourquoi les FARDC n'assurent pas effectivement la sécurité de toutes les communautés? Pourquoi les actes des commandants sur place contrarient la vision du Chef de l'Etat, celle de pacifier l'Est de la RDC ? Pourquoi, au moment où le Chef de l'Etat crée une structure étatique qui va s'occuper des questions de démobilisations, le LtGén YAV et ses collaborateurs, eux, préfèrent lancer des opérations militaires contre une population déjà meurtrie par la frustration de la trahison du mauvais comportement de certains éléments des FARDC? Toutes les communautés du Sud-Kivu, réunies au sein de l'IMASKI, avaient émis le vœu de privilégier l'approche de sensibilisation, de dialogue et de démobilisation pour traiter la question des groupes armés locaux et d'autodéfenses. L'usage de la force n'était recommandé qu'à l'endroit des groupes locaux ou individus récalcitrants et à tous les groupes armés étrangers. Cette position a été réitérée par les participants au Forum Intercommunautaire tenu à Kinshasa au mois de mars 2021 regroupant les représentants de toutes les communautés du sud du Sud-Kivu, à savoir, les Barundi, les Bavira, les Bafuliru, les Babembe, les Babuyu, les Banyamulenge et les Banyindu. Pourquoi alors ces Commandants des FARDC s'activent à utiliser la force là où ils ont manqué de sécuriser la population depuis plusieurs décennies ?

Honorables, Excellences, Distingués invités, Mmes et Mrs,

Nous ne pouvons pas négliger la place des discours de haine dans le contexte d'insécurité dans les moyens et hauts plateaux du Sud-Kivu. En effet, beaucoup de leaders, notamment, se sont illustrés dans les discours extrémistes et d'incitation à la haine ethnique e. Nous déplorons le fait que ces personnalités, identifiables par leurs discours et comportements, continuent à trouver de l'espace dans les milieux politiques et d'agir sur la corde du populisme au lieu d'être marginalisés une fois pour toutes. Notre vœu est que l'heure de sanctions sonne aussi à l'endroit de ces auteurs d'intoxications verbales et qu'ils soient définitivement mis hors d'état de nuire. La paix du Sud-Kivu et celle des moyens et hauts plateaux en dépend. Honorables, Excellences, Distingués invités, Mmes et Mrs, Pour terminer, nous disons que ce rendez-vous est une occasion qui nous est offerte nous tous qui y avons répondu d'élever nos voix qui disent NON et PLUS JAMAIS de tel massacre à l'endroit des Congolais, quels que soient leur appartenance tribale, le lieu où ils vivent ou leurs convictions. Il est à noter que malgré ces événements macabres qui arrivent à notre communauté, elle déclare demeurer loyale vis à vis du Gouvernement de la RDC. Elle réitère encore son soutien aux Institutions de la République Hauts SHOT ON A56 le rétablissement de la paix dans les Moyens et Hauts Plateaux. Néanmoins, par ce cri qui sort de son cœur et en cette commémoration, la Communauté Banyamulenge demande ce qui suit :

  1. identifier les auteurs de massacre de Gatumba et les sanctionner. La RDC, le Burundi ou la Communauté Internationale, chacun peut le faire individuellement ou encore mener ces actions en synergie.

  2. prendre en charge les victimes qui sont toujours dispersées dans plusieurs pays de la région des grands lacs;

  3. rétablir l'autorité de l'Etat sur les Hauts et Moyens Plateaux de Fizi, de Mwenga et d'Uvira;

  4. éradiquer tous les groupes armés locaux et étrangers ;

  5. arrêter les opérations militaires qui stigmatisent la Communauté Banyamulenge ;

  6. identifier les commandants militaires « mafieux » ou haineux affectés dans cette zone et les remplacer par d'autres afin de favoriser l'implémentation de la vision du Chef de l'Etat visant la pacification des moyens et hauts plateaux du Sud-Kivu;

  7. organiser le retour des déplacés, internes notamment, toutes les communautés confondues, dans leurs villages en leur assurant la sécurité nécessaire ainsi que le minimum pour leur installation ;

  8. assister la population en vivres et non vivres ;

  9. condamner et sanctionner les discours et actes d'incitation à la haine et à la violence. A travers ces vœux, la Communauté Banyamulenge dit qu'elle est SHOT ON A56 la voie de la paix et de la réconciliation sans rait être envisagé.

Que le Tout Puissant garde notre pays et ses dirigeants, qu’il garde le peuple congolais et que la paix et la justice soient reconnues à tous.

Je vous remercie

‘‘Il m’a été demandé, à l’occasion de cette cérémonie, de dire un mot sur la personne du Dr Anicet Kashamura Chambu telle que je l’ai connue c’est-à-dire sous ses multiples casquettes d’homme de culture, d’homme politique et d’homme tout court. C’est un immense honneur pour moi d’avoir à apporter mon modeste témoignage en cette particulière circonstance où la vie de cet illustre personnage est portée à la connaissance du grand public à travers la sortie du premier tome de ses mémoires publié aujourd’hui, soit dix-sept ans après sa disparition’’, a soutenu Prof. Modeste Mbonigaba en guise d’introduction à son témoignage sur l’illustre disparu, Dr Anicet Kashamura. Ci-après, l’intégralité du témoignage.

CEREMONIE DE VERNISSAGE DU PREMIER TOME DES MEMOIRES DU 

DR ANICET KASHAMURA CHAMBU

Kinshasa le 21 août 2021

Témoignage de M. Modeste Mbonigaba 

Titre : Dr Anicet KASHAMURA CHAMBU tel que je l’ai connu

Il m’a été demandé, à l’occasion de cette cérémonie, de dire un mot sur la personne du Dr Anicet Kashamura Chambu telle que je l’ai connue c’est-à-dire sous ses multiples casquettes d’homme de culture, d’homme politique et d’homme tout court.

C’est un immense honneur pour moi d’avoir à apporter mon modeste témoignage en cette particulière circonstance où la vie de cet illustre personnage est portée à la connaissance du grand public à travers la sortie du premier tome de ses mémoires publié aujourd’hui, soit dix-sept ans après sa disparition.

KASHAMURA HOMME TOUT COURT

Dr Anicet Kashamura, homme à plusieurs casquettes certes mais ce fut d’abord un homme tout court, un homme ordinaire comme vous et moi tout en étant, comme nous allons le voir, le rejeton d’un père au parcours tout à fait exceptionnel. C’est d’ailleurs au niveau de son père que nos destins se croisent par la rencontre de ce dernier avec mon grand-père ZABONA. Les deux personnages sont encore très jeunes et sont en quelque sorte, comme la plupart des jeunes de leur époque, des «soldats de réserve» au service du Mwami (le Roi). Ces deux là vont se lier d’une amitié tellement forte qu’elle va culminer sur la conclusion d’un pacte de sang. Ce pacte va avoir des conséquences heureuses non seulement sur eux-mêmes mais aussi sur nous leurs descendants ! Suite à ce pacte, en effet, les deux amis se promettent de se marier à seulement quelques jours d’intervalle et à donner le même nom à leur premier enfant, quel que soit le sexe de celui-ci ! 

Revenons d’abord aux deux jeunes soldats prêts à s’engager dans toutes les guerres déclarées pour la grandeur ou la tranquillité du Royaume vis-à-vis de l’un ou l’autre voisin. C’est au cours de l’une de ces expéditions que le royaume d’Idjwi faillit basculer dans le camp ennemi n’eut été l’intervention, in extremis, du vaillant Kashamura père. Il s’agissait en effet d’une guerre éclair lancée contre un prince d’un royaume voisin qui aurait commis un crime de lèse-majesté en insultant vulgairement une de ses femmes qui se trouvait être une fille du Roi d’Idjwi !

L’expédition punitive allait manquer de peu de tourner à la bérézina, n’eut été l’utilisation, en dernière minute, de l’arme secrète détenue par le «Lieutenant» Kashamura ! Pratiquement toute la troupe venue d’Idjwi était hors de combat soit désarmée soit en fuite ; laissant derrière elle le Général Commandant de l’expédition, seul face à l’ennemi.  Enfin, pas tout à fait seul parce que Kashamura et son compagnon Zabona (mon grand-père) s’étaient cachés dans un buisson non loin de là où se tenait le Général Commandant qui attendait stoïquement la fin tragique de la partie. C’est alors que surgit du buisson le vaillant Kashamura avec son arme, inconnue jusque-là ; il  tira presque à bout portant sur l’ennemi et celui-ci fut abattu sur le coup. D’abord étonné puis agréablement surpris en voyant l’auteur de cet exploit, le Général Commandant s’exclama par ce mot : KASHAMURA !

La voilà l’origine du nom  Kashamura ! C’est proprement un nom de guerre qui signifie, dans notre langue, cet oiseau de proie (type épervier ou aigle) qui, tel un éclair, fonce sur sa proie, l’attrape et se sauve ! L’auteur de cet exploit va ainsi changer de nom et devenir un héros de guerre, chanté dans tous les villages du royaume. Ouvrons ici une parenthèse pour parler de cette arme fatale qui, suite à un seul coup de feu, a permis de gagner la guerre ! Quelle était-elle et, surtout, d’où venait-elle ? Il s’agit d’une arme à feu que les villageois découvrent pour la première fois. En fait, c’est sa seule détonation qui avait mis fin à la guerre en provoquant une débandade indescriptible dans tout le périmètre de la déflagration ! Habitués aux batailles où seuls les cris des belligérants se faisaient entendre, le bruit strident d’une arme à feu, jusque-là tenue secrète y compris dans son propre camp, avait provoqué une panique généralisée. Cette arme avait été offerte au jeune Kashamura par un Officier allemand qui était en mission d’exploration dans la contrée et dont il était en fait devenu l’homme à tout faire. C’est ainsi que, pour le récompenser, ce Patron exceptionnel, ce maître «progressiste» va apprendre à lire et à écrire à son jeune collaborateur en plus du maniement de cette arme à feu !

Le retentissement de cette dernière victoire fut tel que le Roi décida de récompenser ses soldats les plus valeureux. Kashamura et mon grand-père Zabona, ses Lieutenants les plus valeureux, recevront les plus hautes récompenses.  Parmi celles-ci, deux sont particulièrement prestigieuses : la première c’est celle octroyée à chacun de choisir, comme future épouse, la plus belle fille de la contrée ou même provenant d’une autre contrée, étant entendu que la dot (principal obstacle à l’ascension sociale à cette époque) allait être prise en charge par le Roi lui-même ! La deuxième récompense, une fois marié, ce fut de diriger, comme Notable, une portion du Royaume !

Désormais dotés des pouvoirs pour gouverner d’immenses espaces du royaume et de la possibilité de se marier «comme des princes», au propre comme au figuré, les deux amis vont se rappeler la promesse qu’ils s’étaient faite l’un à l’autre en se mariant effectivement presqu’à la même date, à seulement quelques semaines d’intervalle. Là, nous sommes en 1925. L’année suivante, en 1926, tous les deux donneront naissance à leur premier enfant et l’appelleront : MBONIGABA qui signifie dans notre langue le POURVOYEUR.

Ce premier enfant est, d’un côté, la sœur ainée du Dr Anicet KASHAMURA et, de l’autre, mon père ! Nous sommes à une époque où les registres de l’état civil n’existent pas encore et donc ces naissances ne sont pas enregistrés officiellement sauf que le père d’Anicet Kashamura tient, lui un cahier, une sorte de journal intime dans lequel il enregistre tous les évènements importants comme celui-ci. C’est au moment de commencer la scolarité que le préposé à l’inscription des enfants indiquait l’âge de chacun. Mon père devait être visiblement plus costaud que son âge parce que, sans hésiter, ce préposé lui attribua quatre ans de plus que son âge réel ! Comme le père de Kashamura Anicet n’était pas là pour brandir son âge exact, mon père garda jusqu’à sa mort cet âge qui l’enverra, quatre ans plus tôt, à la retraite ! Lui qui avait connu une carrière d’enseignant plutôt prestigieuse au cours de laquelle il a gravi tous les échelons (d’abord simple Enseignant, ensuite Directeur et enfin Inspecteur !), il aurait pu gagner quatre années de plus à exercer comme Inspecteur si, deux ans après son départ à la retraite, au cours d’une conversation tout à fait fortuite, Anicet Kashamura n’avait pas donné le vrai  âge de mon père qui correspondait exactement à celui de sa sœur ainée !

KASHAMURA HOMME DE CULTURE

Comme cela est écrit dans cet ouvrage, Anicet Kashamura va entamer une scolarité presque sans histoires pour un colonisé vivant sous le système colonial belge. Nous savons en effet que, contrairement aux systèmes français, anglais et portugais,  le colonisateur belge ne visait qu’à former des auxiliaires pour l’assister dans ses tâches d’encadrement aussi bien dans l’administration publique que dans le secteur privé. A cette époque, aucun Congolais ne pouvait prétendre devenir, sur le sol congolais, Médecin, Ingénieur, Licencié, Agrégé ou quelque chose d’équivalent. Pourtant pendant la même période, les colonisateurs français et britanniques par exemple laissaient des autochtones comme Senghor, Abdoulaye Wade, Cheikh Anta Diop … (côté français) ou Azikiwe, Nyerere, N’Krumah…(côté anglais) gravir tous les échelons en matière de formation universitaire c’est-à-dire la Licence, la Maîtrise et le Doctorat . C’est à croire que nos amis Belges avaient une telle peur de perdre leur colonie qu’ils s’étaient du reste donnés comme devise : PAS D’ELITE PAS D’ENNUIS !!! C’est seulement dix ans après la fin de la deuxième guerre mondiale et cinq ans avant l’accession du Congo à l’indépendance que les autochtones, en dehors de ceux qui se destinaient à la prêtrise, commencèrent timidement à accéder aux études supérieures et universitaires.

Revenons au jeune Kashamura pour signaler qu’en janvier 1947, à seulement 19 ans, ce dernier est obligé d’interrompre sa scolarité une année avant la fin de son  cycle de formation de quatre ans post primaire. C’est la mort dans l’âme qu’il doit en effet regagner le village pour prendre la succession de son père Notable, décédé prématurément.

La soif d’apprendre était tellement intense chez le jeune Anicet Kashamura qu’au  bout de deux ans comme Notable de la Chefferie, il préféra jeter l’éponge en confiant son prestigieux poste à sa sœur ainée. Puis il  alla  en ville où il pouvait plus facilement continuer à se former par la lecture.  Aussitôt arrivé à Bukavu, Chef-lieu de sa Province, il trouva tout de suite un emploi qui lui permit de s’adonner assidument à  son «passe-temps» favori : la lecture !  La moitié de son salaire passera  d’ailleurs dans l’achat des livres et l’abonnement à des journaux et autres périodiques accessibles aux colonisés. Sa passion dévorante pour la lecture le poussera à solliciter et à décrocher un job à mi-temps comme Assistant à la Bibliothèque du Collège Notre Dame de la Victoire.

Sa fille ainée Charlotte, présente dans cette salle, avait à peine l’âge de raison ces trois dernières années qui précédaient notre accession à l’indépendance ; mais elle savait déjà comment aller à la poste retirer les journaux et autres documents pour son papa… !

Cet amour immodéré pour la lecture ne le quittera plus. Jusqu’à la fin de sa vie, il consacrera le plus clair de son temps à la lecture plutôt qu’à visiter des gens.

Nous sommes nombreux à avoir profité de sa bibliothèque riche et variée. C’est auprès de lui que moi personnellement j’ai découvert de grands auteurs comme Alexis de Tocqueville, Jean Lacouture, Alvin Toffler et tant d’autres. Il aimait particulièrement lire la biographie des grands hommes ayant marqué leur époque : J.F. Kennedy, Charles De Gaulle, Konrad Adenauer, Fidel Castro, Nikita Khrouchtchev mais aussi Voltaire, Talleyrand, Mandela, Mao Tsé-toung, Deng Xiaoping, Hô Chi Minh et tant d’autres.

Je suis intimement convaincu que cette passion pour la lecture, cette curiosité intarissable, cette soif infinie de la découverte ont  préparé Anicet Kashamura aux responsabilités publiques les plus élevées. Par ces lectures en effet, il a découvert les principales qualités de la plupart des grands hommes, à savoir : la simplicité, l’humilité, le sens de l’humour, l’autodérision… 

KASHAMURA HOMME POLITIQUE OU HOMME D’ETAT ?

Bien que la présence sur la scène publique du premier Gouvernement du Congo Indépendant fût d’une brièveté légendaire (à peine deux mois et demi !), son Chef, Patrice Emery LUMUMBA reste, à l’échelle mondiale, le Congolais le plus célèbre de ces soixante dernières années. Son aura ne pouvait que rejaillir sur ses fidèles compagnons, ceux qui auraient refusé de trahir la cause pour laquelle ils avaient tout abandonné y compris leurs propres familles ; ceux qui auraient refusé de recevoir des cadeaux « empoisonnés » pour que le Congo reste ce beau pays magnifié magistralement dans notre hymne national.

La célèbre journaliste belge Colette Braeckman a dernièrement révélé que, dès le lendemain de la proclamation de l’indépendance du Congo,  le Sénat belge avait voté la mise à la disposition du Gouvernement d’un fond secret de l’équivalent de sept millions d’euros pour gagner au Congo  les bonnes grâces des personnalités politiques et autres les plus influentes. C’est ainsi que la plupart de nos hommes politiques s’étaient retrouvés, du jour au lendemain, propriétaires d’un appartement à Bruxelles ou d’une villa à Kinshasa, à Lubumbashi, à Bukavu ou ailleurs. Il a donc suffi de sept millions d’euros pour que les votes au parlement ne fussent plus seulement orientés vers la défense des intérêts vitaux du Congo et des Congolais, et favorisassent ainsi le retour, par la petite porte, du Maître, qui avait juste fait semblant de partir… !

Lumumba et ses fidèles compagnons, comme Kashamura, Mulele et quelques autres,  refuseront catégoriquement de participer à ce jeu.  Ils seront tout de suite taxés de dangereux communistes  -   ce qui pour l’époque, signifiait «le diable en personne»  -   afin d’obtenir d’abord  leur condamnation morale de la part de la « pauvre » population et pouvoir ainsi légitimer, ultérieurement, leur élimination physique.

Anicet Kashamura sera l’un des rares membres du dernier  pré carré de Lumumba à avoir vécu aussi vieux. Et pourtant ce ne sont pas des occasions de «vendre» le Congo qui, dans ce laps de temps certes très court d’exercice du pouvoir, lui auraient fait défaut. Loin de là ! Dès leur retour de la Table Ronde en effet, alors qu’il fait partie du collège exécutif de six membres au nom de sa Province, le Kivu et détient entre autres les attributions du Ministre de la Défense, il aurait été approché par le Commandant en Chef de la Force Publique.  Pressentant une tournure imminente  peu favorable aux intérêts de son pays, ce dernier lui aurait fait miroiter un scénario où en définitive, lui, Anicet Kashamura aurait à jouer, à la tête de l’Etat, le rôle de marionnette dans une mise en scène parfaitement huilée…

Non seulement il déclinera poliment cette offre proprement diabolique à ses yeux mais il va naturellement s’en ouvrir à son mentor ! On connait la suite…

Deux  autres faits plus «récents» en rapport avec un phénomène qui aujourd’hui défraie la chronique  mériteraient d’être signalés. Il s’agit du tribalisme. Nous sommes dans les années 1997-2001. Mzee Laurent Désiré Kabila dirige seul le pays. Il a désigné Anicet Kashamura, au titre des compagnons de Lumumba, aux fonctions de Président de la Commission Constitutionnelle pour diriger les travaux  de réflexion sur l’élaboration d’une nouvelle Constitution.

Il est donc parmi les personnalités de premier plan du nouveau régime régulièrement consultées par le Chef de l’Etat pour l’une ou l’autre question d’intérêt national, notamment celle relative aux nominations dans les hautes fonctions étatiques. Un jour, Mzee lui demande de lui proposer un ressortissant de sa Province, le Sud-Kivu, pour occuper un poste de premier plan. Immédiatement, il demande à son collaborateur d’aller vite chercher la personne de son choix qui, naturellement, n’était pas de sa tribu !

Comme cette personne avait ses choix politiques qui n’étaient pas en harmonie avec les orientations du nouveau pouvoir, elle déclina poliment cette offre tout en remerciant vivement son vis-à-vis pour la confiance lui témoignée. Cette personnalité politique est encore en vie… !

Dans ce même registre il n’est pas non plus anodin de signaler que, dès qu’il avait été nommé au poste de Président de la Commission Constitutionnelle, il n’est pas allé chercher dans sa tribu ni dans sa province la personne à qui confier la charge de diriger son Cabinet. Il a plutôt fait appel à un vieux compagnon d’exil, ressortissant de l’ex-Province Orientale !

Au vu de ces quelques témoignages sur la vie de l’homme Anicet Kashamura que j’ai connu, je crois que tout le monde serait d’accord avec moi que nous avons effectivement affaire à un homme de culture.

Homme politique, il l’a également été depuis la veille de l’accession de notre pays à l’indépendance jusqu’à sa mort.

Le peu de temps qu’il a passé aux commandes ou dans l’antichambre du pouvoir, il a prouvé que l’idée de trahir sa patrie ne lui avait jamais traversé l’esprit, sa vision du pays a toujours été celle d’un Congo considéré comme un tout, au point qu’au moment de lui rendre cet hommage, j’entends des murmures provenant de sa tribu selon lesquels il n’aurait rien fait pour ses frères de tribu. Ce qui est tout à fait vrai !

Pour terminer, je voudrais évoquer un fait qui trahit le sens profond  d’humilité d’Anicet  KASHAMURA. Quelques années avant sa mort, connaissant ma proximité avec quelques membres de la presse écrite et audiovisuelle, il va me demander quelque chose de tout à fait inattendu : il s’agissait de convoquer  une conférence de presse pour lui permettre de s’adresser aux Congolais et Congolaises en vue de leur demander pardon pour les avoir amené là où nous sommes aujourd’hui. Il se sentait directement responsable des malheurs endurés par ses compatriotes depuis le 30 juin 1960 jusqu’à ce jour. Il se fait que je n’ai pas pu accéder à sa requête ; il est donc mort le cœur rempli de remords.

 Le peu de temps que le Dr Anicet KASHAMURA  a eu à assumer des responsabilités au plus haut sommet de l’Etat, il l’a  mis à profit pour poser des actes et éviter d’en poser d’autres. Certains de ces actes ne sont-ils pas de ceux  qui font d’un simple homme politique un véritable Homme d’Etat ?

 A chacun sa réponse !

Merci pour votre aimable attention !

*L’histoire coloniale de la République Démocratique du Congo nous montre que ce pays est habité par des peuples que le colonialisme, dans sa politique de diviser pour régner, a stocké vaille que vaille et par la force selon sa volonté et ses intérêts ; il était impérieux pour le colonisateur, pour mieux connaître leurs nouveaux sujets, de valoriser, d’une manière ou d’une autre, les spécificités de chaque groupe humain stocké ; après on les appela les « tribus » car ils ne connaissaient pas l’équivalent en langue locale du terme « tribu ».

Lire la suite : Tribalisme, clanisme, ethnisme: Idéologies de la honte (Par le Professeur Jean Kambayi...

Ce que j’attends du Gouvernement SAMA LUKONDE face à la crise humanitaire provoquée par les éruptions volcaniques et les tremblements de terre à Goma, c’est, avec un peu d’audace, de témérité, d’anticipation et de vision de loin :

  1. Remplir les avions qui amènent les officiels, venant de Kinshasa pour l’Est, de médicaments de première nécessité, de bouteilles d’eau, de biscuits protéiques, de boissons sucrées, de pains, masques et cache-nets pour se protéger contre les gaz toxiques et la COVID-19. Rien que leurs frais de missions peuvent bien suffire pour ça.
  2. Réquisitionner des véhicules et bateaux pouvant servir au transport des populations sinistrées et de matériels de secours vers Bukavu, Sake, Minova, Rutshuru, Ituri, Kisangani.
  3. Réquisitionner des médecins, infirmiers et étudiants des dernières années de Médecine et des instituts de sciences techniques médicales et les envoyer sur les sites désignés pour abriter les populations évacuées.
  4. Envoyer quelqu’un en Chine acheter le robot qui construit les hôpitaux et maisons en temps record ; sinon, l’échanger contre quelques tonnes de cuivre et de cobalt à n’importe quel prix et l’envoyer dans les villes qui vont bientôt connaître des problèmes d’habitation et d’infrastructure pour les services de base.
  5. Organiser immédiatement l’enseignement primaire, secondaire et professionnel sur les nouveaux sites et occuper les enfants, afin de ne pas les exposer à l’oisiveté, au vagabondage, au banditisme et au recrutement des inciviques.
  6. Récupérer immédiatement les maisons préfabriquées abandonnées dans divers ports à la suite des marchés litigieux des 100 jours et les installer à Sake, Minova, Rutshuru, Bukavu pour les habitations et les bureaux des services publics indispensables (dispensaires, tribunaux, polices, bureaux d’enregistrement des populations, ANR…).
  7. Déployer les éléments de génie militaire sur les sites d’accueil pour la conception et la réalisation des travaux de construction des routes, ponts, casernes des militaires, centres médicaux…
  8. Augmenter les effectifs des magistrats militaires au Nord Kivu, durant cette période de l’état de siège pour juguler l’accroissement de délinquance que provoque la situation actuelle dans les zones d’accueil et même à Goma avec les pillages.
  9. Autoriser les juridictions civiles de poursuivre leur fonctionnement normal en état de siège pour les affaires civiles, afin de permettre à la justice de régler de nombreux conflits latents et qui naissent avec l’installation d’une grande population en des endroits nouveaux. Sinon, la justice privée va prendre son règne par absence de la justice organisée d’Etat.
  10. Recruter en masse, surtout parmi les sinistrés ou déplacés, dans le génie militaire et de la Police, afin que, après une courte formation militaire, ces services de l’armée s’occupent de la construction et de la gestion momentanée des infrastructures dans les zones d’insécurité et à haut risque.
  11. Utiliser les étudiants évacués dans des taches d’organisation des activités diverses en fonction de leurs compétences (enseignement, urbanisation, construction…) en attendant leur orientation dans d’autres universités.
  12. Créer une brigade humanitaire et sanitaire constituée de volontaires, des éléments de la croix rouge, d’environnementalistes, de scouts pour faire face à des besoins de secours urgents, de gestion de l’environnement et de prévention des maladies à Goma, sur la route prise par les piétons et sur les sites d’accueil.
  13. Adopter l’idée proposée par Madame Marie-Josée IFOKU de créer des zones économiques spéciales dans certains milieux de l’Est, avec des facilités fiscales et administratives plus attrayants, en vue d’attirer des investisseurs, de créer des emplois, protéger les richesses naturelles et créer des entreprises de transformations des matières premières. Il faudra anticiper avec un tel plan à Sake, Minova, Bukavu, Rutshuru, Beni.
  14. Ordonner aux entreprises publiques des secteurs des mines, de l’agriculture, du transport et de transformation manufacturière d’étendre immédiatement leurs activités vers les zones d’accueil des populations venant de Goma.
  15. Subventionner ou financer les entreprises de production qui peuvent fournir tout bien nécessaire à utiliser dans la prise en charge des populations sinistrées de l’Est. Les cimenteries, les fonderies, crieries, les minoteries, les usines pharmaceutiques, les sucreries…devront être soutenues.
  16. Déclarer GOMA zone sinistrée et l’évacuer totalement mais progressivement et en faire une zone touristique, n’y laissant que les travailleurs du ministère de la recherche scientifique pour continuer l’observation des volcans, du ministère de l’environnement, des gardiens des parcs et de la future usine de dégazage, ainsi que des services de sécurité en fonction de la gestion des problèmes avec le Rwanda.
  17. Sanctionner sévèrement toute personne qui profite de la situation pour augmenter le prix d’un produit, pour rançonner les déplacés, pour monnayer un service public, pour aggraver la souffrance de la population.
  18. Décider des plans d’aménagement des villes et territoires occupés par les populations évacuées, afin d’éviter des constructions anarchiques et à des endroits inappropriés, tout en prévoyant les différentes dispositions nécessaires pour la sécurité, la santé, l’éducation, le loisir et autres.
  19. Initier des études de recherche sur les volcans, les larves et tout ce qu’ils dégagent pour trouver des solutions sur le meilleur et adapté aménagement des territoires volcaniques et pour les éventuels minerais à soutirer des larves volcaniques.
  20. Lancer un communiqué demandant à tous ceux qui ont volé l’argent et biens de l’Etat ou se sont enrichis au détriment de l’Etat de les restituer endéans 14 jours, pour financer à fond propre la construction de nouvelles villes à l’Est et faire face à la crise humanitaire en cours. La restitution volontaire et spontanée pèsera dans l’appréciation du cas. Au terme de ce délai, les voleurs et faux riches devront être sérieusement traqués, quel que soit le niveau d’immunités et le lieu de refuge de leur fortune mal acquise. Les poursuivre même pour non-assistance à personnes en danger.

J’y crois. Les seules bénédictions à rechercher, après celles de la nature, c’est l’amour de notre pays, le don de soi, l’unité nationale, la cohésion nationale face à des défis majeurs, la solidarité nationale et le respect du bien commun.

Kinshasa, le 30 mai 2021

Ghislain Bamuangayi

*En marge de la première édition du Festival" Kimia pe Bomoko" ce dimanche  15 août 2021,  dans le quartier Terre Jaune,  dans la commune N'sele,  trois activités étaient  inscrites  à l'ordre du jour.  La rencontre avec les mamans maraichères, un face-à-face avec  les motards  et, enfin,  un meeting populaire pour apaiser les esprits des gens. 

Lire la suite : Festival Kimia Pe Bomoko/ L’Honorable Auguy Kalonji redonne le sourire et de l’espoir aux...

Manya K'Omalowete a Djonga, né au Sankuru en 1950, est Docteur ès Sciences Politiques de l'Université de Lausanne, licencié en sciences administratives, agrégé de l'enseignement secondaire supérieur ( Campus universitaire de Lubumbashi ) et diplômé en informatique de bureau ( Lausanne ).

Ancien professeur au Zaïre, aussi bien à la capitale (Institut Pédagogique de Ngiri-Ngiri, Centre Interdisciplinaire pour le Développement et l'Education Permanente/CIDEP de Kinshasa) que dans son milieu d'origine, le Sankuru

(Institut Esemula/Collège catholique à Lodja), Manya a exercé, durant l'année scolaire 1992-93, le même métier en Suisse.

Lire la suite : Les travaux du Docteur Manya (Par Cécile Manya, Ecrivain)

La Fondation Denise Nyakeru Tshisekedi a présenté officiellement les 57 boursiers de la deuxième édition du programme Excellentia le jeudi 12 août 2021 au cours d'un déjeuner avec le couple présidentiel à la Cité de l'Union Africaine. Venus de 14 provinces, ces étudiants auront la lourde tâche de représenter le pays aussi bien à l'étranger qu'ici en République Démocratique du Congo.

Lire la suite : Excellentia : Déjeuner de Présentation de 57 boursiers de la deuxième édition

Tout a commencé par une curiosité qui, aujourd’hui, a donné vie à une entreprise de production locale du Café dans la ville de Kinshasa. Jeune entrepreneure, Tysia Mukuna, née à Kinshasa, est fondatrice de l’entreprise ‘‘La Kinoise café’’, qui est spécialisée dans la production de quatre gammes  de café Arabica, Robusta, Mochaccino, Arabusta. Elle détient un diplôme de master en marketing décroché à Paris, en France et une maîtrise en Administration des affaires (MBA) en négociation à Shanghai, en Chine.  Cependant, elle a toujours  exprimé le désir d’investir dans son pays afin de participer à la croissance et au développement économique de celui-ci.
Notre rédaction est allée à la rencontre de cette étoile montante de l’agriculture congolaise qui, à cœur ouvert, a parlé de son parcours et de la prise du risque qui, finalement, a été un pari gagné. Il est important de savoir que plusieurs études affirmaient que le café ne pouvait pas pousser en terre kinoise. Rares sont les fois où il a été fait mention d’une société de café 100% congolaise produite dans la capitale. Contre vents et marées, y compris des découragements, Tisya Mukuna a défié ce qui s’avérait difficile, en alignant sur un terrain familial des caféiers dont la première récolte commercialisée intervient en 2019 où elle obtient 90 % d’arabica et 10% de robusta. Et, dans le souci de mieux structurer son entreprise, elle a postulé au concours des plans d’affaires (COPA) 2020, dont elle était parmi les lauréats. Par ailleurs, après plusieurs sorties médiatiques, l’entreprise est actuellement en partenariat avec différents super marchés de la ville, avec sa diversification de saveurs. Qu’a-t-elle fait pour réussir alors qu’elle a semblé défié l’impossible ?  Elle répond à nos questions dans les lignes qui suivent.
Lire la suite : Cultiver le café à Kinshasa : Tysia Mukuna défie l’impossible !

C'est par Jeune Afrique, dans sa version électronique du 29 juin 2021, que Félix Tshisekedi a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2023. Jusque-là, il est le seul acteur politique connu à l'avoir publiquement fait. 

Ce serait le comble de naïveté que de ne pas s'attendre à une autre candidature soit dans les rangs de l'Opposition, soit dans ceux de l'Union sacrée de la nation.

La surprise serait une candidature autre qui provienne de l'Udps, son propre parti.

Au moins, des annonces de soutien en sa faveur se multiplient. Après l'Afdc de Modeste Bahati Lukwebo, président du Sénat - donc successeur intérimaire constitutionnel, en cas de vacance à la magistrature suprême - c'est le tour de l'Uds de Crispin Kabasele Tshimanga, sans fonction politique officielle depuis plusieurs années.

On peut s'attendre dans les prochains jours, mieux les semaines à venir, à des annonces en cadence. 

L'idéal serait toutefois une déclaration collective engageant toute l'Union sacrée de la nation (Usn). Car, même si cela n'est pas encore clairement défini dans un document genre Charte, ceux qui ont concouru à la création de l'Usn savent l'avoir fait pour gérer ensemble le reste du mandat de Félix Tshisekedi et déboucher sur une candidature commune. Autrement, on n'aura tiré aucune leçon du "1+4", mode de gouvernance institutionnelle auquel ressemble, à quelques exceptions près, le pouvoir en place.

Pour rappel, après avoir géré ensemble la Transition issue du Dialogue intercongolais, les leaders des quatre composantes et même de quelques entités avaient postulé chacun pour la présidentielle 2006. Ni Ruberwa en charge de la Défense et Sécurité, ni Bemba en charge de l'Economie et Finances, moins encore Z’Ahidi en charge du Social ne voulurent partager avec Joseph Kabila la responsabilité de ce qui fut tout de même le bilan de leur mandat collégial. 

On connaît la suite des événements : le pays avait failli brûler. 

Il ne faudrait alors pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets avec une Usn refusant d'assumer la responsabilité du bilan du mandat de  Fatshi.

C'est ici que se comprend le titre : “ Fatshi, Jeune Afrique, 2014, 2021 et 2023 ”. 

  1. 2 septembre. Jeune Afrique publie une interview intitulée " RDC - Félix Tshisekedi : 'Aucun parti ne peut gagner seul' ". C'est la réponse partielle de l'opposant à question ainsi formulée : " Vous avez signé une déclaration avec les opposants Vital Kamerhe et Martin Fayulu, appelant à déférer Joseph Kabila devant la Cour pénale internationale. Est-ce une alliance électorale ? ". 

Réponse complète : " C’est trop tôt pour le dire. La politique congolaise est imprévisible. Cette déclaration est un instantané de la vie politique. Mais,  notre système électoral est fait de telle sorte qu’aucun parti ne peut atteindre seul la majorité des sièges au Parlement. Nous n’en sommes pas encore là, mais aucun scénario n’est exclu".

Quatre ans après, Félix Tshisekedi est élu Président de la République. A mi-mandat, sa " prophétie " se réalise : il lui faut une majorité numérique, peu importe qu'elle soit artificielle ou composite, s'il veut matérialiser sa vision. Il sait qu'en politique, ce qui importe une fois au pouvoir, c'est moins la majorité populaire que la majorité artificielle. Tout est question du nombre de partenaires associés à la décision. 

Aussi, le verra-t-on renverser la Majorité présidentielle acquise au Fcc et en faire son instrument de gestion institutionnelle. 

Commettrait-il l'imprudence de vouloir aller seul aux élections de 2023 sans le soutien de ses partenaires de l'Usn ?

Pour la petite histoire, son prédécesseur avait eu la perspicacité de ne pas tomber dans ce piège en 2006. 

Croyant avoir le vent en poupe, son parti avait cru lui offrir un coup K.O. à la ouestafricaine pour une victoire avec un score de plus de 50 % au premier tour. Heureusement pour lui, il s'était ouvert à plusieurs personnalités et forces politiques qui lui donnèrent 44 % au premier tour. 

S'il avait suivi la voie des siens, il en serait en deçà. 

L'expérience rend sage, dit-on. Pour avoir été le premier à réaliser l'impossible gouvernance en solo en raison de la structuration actuelle des Institutions, Félix Tshisekedi serait conséquent avec lui-même en procédant à la consolidation et non à la dé-construction de sa méga-structure. 

En d'autres mots, à moins d'une trentaine de mois de l'échéance 2023, le discours à l'égard des partenaires doit rassurer et non inquiéter. 

Le discours triomphaliste prônant la victoire en solo est tout ce qu'il y a de contreproductif. D'où, ce troisième appel à la constitution d'une coalition “ *Cabinet du Chef de l'Etat-Gouvernement-Udps-Usn”. Coalition pour adopter et harmoniser dans un premier temps les éléments de langage face à une Opposition certes non encore structurée, mais prête à pactiser avec toutes les forces politiques et sociales adverses pour fissurer le béton.

L'échéance 2023 pour un second bail (2028) ne peut qu'être la cible de ses attaques. 

“Qui veut aller loin ménage sa monture”, dit-on.

Omer Nsongo die Lema

De 2004 à 2021, soit 17 ans jour pour jour, depuis le massacre de Gatumba, la vie humaine ne représente plus grand-chose dans les Hauts Plateaux de Fizi, Mwenga et d'Uvira à cause des tueries perpétrées par les groupes armés locaux et étrangers. Curieusement, les principales victimes sont les Banyamulenge qui perdent, en même temps, maisons, écoles, hôpitaux et bétail, dont la valeur pourrait aller au-delà de 500 millions de dollars américains. Telles sont les révélations faites par Béatrice Gisaro au cours d'une activité organisée par la Communauté Banyamulenge de Kinshasa, vendredi 13 août 2021  à l'immeuble Reine de la paix situé dans la commune de la Gombe, laquelle activité a connu la participation de plusieurs autorités dont Charles Mukiza, Président de la Communauté Banyamulenge vivant à Kinshasa ainsi que celle du Président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo. Ainsi, pour l'instauration effective de la paix dans cette partie du territoire national, Madame Béatrice Gisaro lance un s.o.s à l'endroit des autorités du pays, pour des actions de grande envergure à même de contrecarrer toute stratégie des ennemis de la paix en RDC de bafouer la vie du peuple Banyamulenge dans les Hauts Plateaux de Fizi, Mwenga et d'Uvira dans la province du Sud-Kivu.

Lire la suite : Protection des Banyamulenge/ Fizi, Mwenga et Uvira : Béatrice Gisaro lance un S.O.S 

Il est illusoire d’espérer un quelconque résultat positif de cette élite, d’un système déshumanisant et de ses gestionnaires ; et c’est un suicide national de tolérer la présence et le retour éternel des criminels irrécupérables au pouvoir

L’état nature, sauvage et primitif

A l’état nature, sauvage et primitif, les êtres vivent dans un monde inorganique, une jungle, un chaos. C’est la loi du plus fort, de l’opportuniste, de l’aventurier, du pervers, du maffieux, du criminel, du corrompu et du corrupteur qui règne.

A l’état nature, sauvage et primitif, les êtres sont des loups contre les autres êtres, les pires ennemis de leurs semblables, et de leur propre espèce (Hobbes). Pour Hobbes, l'homme obéit à des lois mécaniques qui en font un « loup » pour son prochain, et entraîne la « guerre de chacun contre chacun ».

A l’état nature, sauvage et primitif, les hommes n’éprouvent pas de scrupules ni de remords à s’adonner aux déclarations publiques incitant à la haine, au mal et au crime, ni à poser des actes nocifs, criminels et répréhensibles. Ils sont maintenus exprès par l’élite dans l’ignorance et privés d’une éducation saine, morale et spirituelle ; de toute sensibilisation à la vérité, à l’amour du prochain, à l’altruisme, à l’unité, à la cohésion et à la solidarité nationale, au bien, aux valeurs, à l’intérêt général, au patriotisme, aux vertus, aux bonnes manières et aux causes nobles et justes.

Les aînés, les cadres, l’élite et les leaders qui devaient être de bons éducateurs, des modèles à imiter, la boussole et des repères à suivre sont pervertis et corrompus.

L’homme à l’état nature, sauvage et primitif « est par instinct un être doté d’une forte somme d’agressivité » (Freud).  En effet, Sigmund Freud évoque, dans Malaise dans la civilisation (chapitre V), le penchant naturel de l'homme à l'agression, rendant très difficile la réalisation du précepte de l'amour du prochain ou amour universel. C’est une bonne éducation, la culture et la civilisation qui inculquent à l’homme l’éthique, le dépassement de soi, l’élévation, la transcendance, une spiritualité saine, la sagesse, la recherche de la vérité, de l’objectivité et de l’intersubjectivité, l’amour du prochain, le partage, l’altruisme, la recherche de l’intérêt général, les valeurs, les vertus, les idéaux, les causes nobles et justes et qui peuvent transformer l’homme s’il est réceptif et ouvert.

A l’état nature, sauvage et primitif, l'homme est un être sans scrupules puisqu’il n’a pas connu une éducation qui l’en aurait muni ; il recherche à chaque instant et exclusivement la satisfaction de ses besoins égoïstes et primaires au détriment des autres. De même, chez Freud, l'homme sauvage et primitif est par instinct un être doté d’une forte somme d'agressivité.

Sigmund Freud, dans Malaise dans la civilisation (chapitre V), évoque le penchant naturel de l'homme à l'agression, rendant très difficile la réalisation du précepte de l'amour du prochain ou amour universel.

Dans l’état nature, sauvage et primitif, la vie en société est une guerre de chacun contre chacun : « Il existe une différence claire et distincte entre vivre en société qui a accédé par l’éducation à la Culture, à la Civilisation et au Progrès et protégé par des lois et vivre dans un monde sauvage, sans éducation, hors de la société dans un état de nature, qui est aussi un état de guerre… » (Luc Foisneau).

La « banalité du mal et du crime »

Dans une société ramenée à l’état nature, sauvage et primitif, le mal et le crime ne sont plus commis seulement par des dirigeants, c’est-à-dire par des monstres, des maffieux, des corrupteurs, des pervers, des bêtes furieuses qui ne sentent plus de frayeur face à la nature et l’ampleur du mal et du crime à commettre et commis.

La banalité du mal et du crime est tellement généralisée et diffusée dans toute la société et dans toutes les couches et les catégories sociales que même les simples citoyens, puisque formatés par l’élite médiocre, pervertie et corrompue, et nourris avec le venin secrété par les mamelles de cette élite, commettent, à leur tour, le mal, les actes affreux et le crime sans émotion, ni état d’âme, ni retenue, ni regret, ni remord, ni crainte, ni gêne. Ils n’ont aucune loi, aucune référence supérieure, aucun principe métaphysique, moral et spirituel, aucun repère qui peuvent les pousser à se détourner de la haine, de la division, du tribalisme, du mal, du crime et de la trahison contre la Patrie et contre le Peuple.

Ils ont abandonné leur pouvoir de penser et n’obéissent plus qu’à l’ignorance, aux instincts, aux passions, aux émotions, à la manipulation et aux ordres d’une élite médiocre, pervertie et corrompue.

Ils ont renié cette « qualité humaine caractéristique » qui consiste à distinguer le bien du mal ; ils agissent sans « aucun motif, aucune conviction personnelle, aucune intention morale », ils sont devenus incapables de former leurs propres jugements moraux.

Dans une société à l’état sauvage et primitif, la banalité du mal n'est pas de l'ordre de la théorie ou du concept, mais du fait.

Le mal, le crime, la faute qui dépassent toute faute criminelle acquièrent une certaine « grandeur », une grandeur satanique, Ceux qui haïssent les autres, les méprisent, profèrent des menaces de mort contre eux… ne se cachent pas, ils le font à découvert et s’en vantent. Ils se moquent de celui qui leur dit de ne pas se prévaloir de leurs turpitudes.

Une mangeoire

A l’état nature, sauvage et primitif, le pouvoir est une mangeoire. A la mangeoire, chaque animal s’empresse de manger le plus qu’il peut ; il ne se préoccupe que de manger ; il agresse les autres animaux qui sont autour de lui et qui seraient tentés de lui arracher son morceau.

A l’état nature, sauvage et primitif, le pouvoir est une occasion de s’enrichir, de satisfaire ses intérêts égoïstes et sordides, d’imposer au Peuple, par des méthodes coercitives, sa volonté arbitraire, ses pensées, ses émotions et ses désirs comme des lois ; et de réprimer même dans le feu et le sang tous ceux qui contestent contre la manière dont le pouvoir est exercé et contre les objectifs poursuivis par les dirigeants.

Le pouvoir n’est pas un mandat, une fonction, une responsabilité et un devoir de servir la Patrie, la Société et le Peuple.

L’Elite Congolaise

L’Elite congolaise a été incapable de maintenir notre Pays et notre Peuple ne fût-ce qu’au niveau où nous nous trouvions le 30 juin 1960, date de la proclamation de « l’indépendance et la souveraineté nationale » de notre Pays. 

En 61 ans de gestion de notre Pays par le leadership des Congolais et des mercenaires étrangers arrivés au pouvoir en RDC avec la complicité des Congolais, la descente aux enfers s’est effectuée à une vitesse exponentielle : la RDC, l’un des Géants d’Afrique et du Monde, est aujourd’hui l’un des pays les plus dangereux du Monde ; un pays sinistré et synonyme d’un vaste cimetière à ciel ouvert, du chaos et de la jungle.

Le Peuple congolais est l’un des peuples les plus pauvres de la Terre ; un peuple réduit à une vie végétative ; il est plongé et maintenu dans une pauvreté extrême, l’abrutissement, l’ignorance, l’animalisation, la manipulation, les antivaleurs, l’humiliation, la détresse, la désolation et le deuil permanents. Il est détaché de ses racines et n’a ni boussole, ni repère, ni référence. Il ne voit aucune perspective devant lui, aucun espoir fondé sur des éléments avérés et des certitudes vérifiables. (Voir tous les paramètres et indicateurs internationaux).

La RDC est devenue un espace sans frontières étanches et inviolables ; un espace sans intégrité territoriale et où l’Autorité de l’Etat est, soit totalement inexistante, soit non respectée dans certaines localités. L’instabilité politique et l’insécurité individuelle et collective demeurent. Les groupes armés congolais et étrangers contrôlent militairement et gèrent administrativement, politiquement et économiquement des pans entiers de notre Pays. Les frontières nationales et leur gestion sont cédées aux individus étrangers.

La RDC est un espace commercial ouvert à tous ; un espace où les étrangers se sont accaparés de nos terres et des ressources naturelles ; ils ont réussi à infiltrer et à phagocyter toutes les Institutions politiques, régaliennes, militaires, sécuritaires, stratégiques, financières et économiques de notre Pays ; ils contrôlent tout le secteur bancaire dans notre Pays ; ils se sont abondamment et gratuitement enrichis et disposent de plus de pouvoirs, d’autorité, d’influences, de libertés, de droits, d’avantages et de privilèges que les autochtones.

Les autochtones ont perdu le contrôle du Pays, toute notion de racines, de conscience patriotique et démocratique, d’intérêt national, d’identité nationale et culturelle ; de dignité, de valeur de soi, d’estime de soi, d’amour propre, de fierté nationale et même le simple bon sens : ils ne sont pas choqués et ne se sentent même plus humiliés et gênés d’appliquer une constitution étrangère dans un pays qui se dit indépendant et souverain !

La Tragédie ne s’arrête pas là. Pour les intérêts strictement individuels, égoïstes et sordides, l’Elite congolaise a secrété et disséminé le venin de la haine, de la discorde, du tribalisme et de la division dans la Société Congolaise et ramené le peuple à l’état nature, sauvage et primitif.

Rappelons-nous que la perte de la souveraineté nationale et de la conscience historique par suite de la faiblesse intrinsèque de la superstructure idéologique traditionnelle, de la médiocrité de l’élite nationale et de l’occupation étrangère prolongée engendre la stagnation ou même parfois la régression, la désagrégation et le retour à la barbarie : tel fut le cas de l’Egypte sous les Romains. Du fait de la perte continue de la souveraineté nationale depuis l’arrivée des Perses en 525 av. J.-C., l’Egypte, qui avait civilisé le monde, et qui, dès 1600 av. J.-C., sous la Reine Hatchepsout, sillonnait les mers avec des bateaux de haut bord, vers le pays de Pount, ne savait plus construire que des barques en argile, sous les Romains, au IIème siècle après J.-C.

Pire encore, l’Egypte retomba dans la superstition, la barbarie et les luttes tribales qui se terminaient par des actes d’anthropophagie. Ces événements se situent sous le Consulat d’Iuncus en 127 après J.-C.

Dans l’ensemble, il y eut une véritable régression de la civilisation égyptienne du fait de la médiocrité de son élite et de l’occupation étrangère.

Les Congolais ont déserté la table du débat démocratique qui se fait sur base de la raison, des arguments, des idées, des preuves vérifiables, de la recherche de la vérité, de l’objectivité et de l’intersubjectivité. Un tel débat n’est possible que dans un monde de la Culture, de la Civilisation et du Progrès.

Mais les Congolais sont descendus dans la Caverne et dans la Boue. Ils pataugent aisément dans la Boue qu’ils ont choisie aujourd’hui comme étant leur lieu naturel de vie et d’épanouissement.

Dans la Caverne et dans la Boue, les débats se font avec des couteaux dans les mains et au moyen du fanatisme aveugle, des antivaleurs (clanisme, tribalisme et régionalisme), des injures, des menaces de mort, des passions, des sentiments, des émotions, des informations approximatives et même erronées, des conjectures, des projections de soi et de ses opinions dans les autres.

Dans la Caverne et dans la Boue, un leader est haï ou applaudi sur base de son appartenance ethnique et tribale et non sur base de son bilan passé, de son profil actuel, de sa vision, de son programme d’action, de son projet de société, des valeurs et des idéaux qui l’habitent.

C’est ainsi que les Congolais qui s’agglutinent dans la Caverne et dans la Boue sont en même temps victimes et complices de la Tragédie : ils souffrent de la Tragédie mais ils continuent à courir derrière les auteurs de cette Tragédie, d’exiger leur éternel retour au pouvoir et même leur libération s’ils sont arrêtés pour des crimes politiques, économiques, militaires, sécuritaires et sociaux avérés.

La RDC est aujourd’hui menacée par une implosion imminente : il est aujourd’hui au bord d’une guerre civile interethnique et intertribale. Les injures, la haine, les menaces de mort et même d’anthropophagie sont publiquement diffusées et à découvert dans les médias officiels et privés et dans les réseaux sociaux par des Cadres du Pays, des Leaders des partis politiques et des organisations de la Société civile, des communautés ethniques et tribales et des Députés nationaux. Ils laissent transparaître leur nature franche dans leurs discours, déclarations et actes.

Il est illusoire d’espérer un quelconque résultat positif avec des criminels irrécupérables et c’est un acte suicidaire national de continuer à s’acoquiner avec ces criminels ; à les soutenir et à souhaiter qu’elle soit toujours présente au pouvoir et qu’elle s’y maintienne

Lors du choc de la rencontre de différents peuples et donc de la rencontre des superstructures idéologiques différentes et même opposées les unes contre les autres, la faiblesse intrinsèque de la superstructure idéologique des peuples noirs de la Savane a été flagrante et criante : c’est une superstructure idéologique pacifiste et qui fait l’apologie et l’éloge des valeurs politiques, sociales, morales et spirituelles ; elle a trop négligé les éléments militaires et sécuritaires qui constituent la stabilité, la sécurité, la force, la puissance et la résistance d’un peuple face aux adversaires et aux ennemis étrangers ; face aux autres peuples qui atterrissent sur notre sol et qui sont habités par une superstructure idéologique hégémoniste, expansionniste, violente, agressive, militariste, dominatrice et prédatrice.

C’est l’élite congolaise qui aurait dû constater les faits ; corriger rapidement la faiblesse idéologique intrinsèque de notre superstructure idéologique et en imprégner le Peuple. L’élite congolaise n’a pas été à la hauteur de cette tâche ; elle a été incapable d’y apporter une solution fondamentale, valable, salutaire et durable.

L’élite congolaise a même trahi la Patrie et le Peuple en facilitant l’écrasement de notre Peuple et l’entrée de toutes sortes d’étrangers adversaires et ennemis ; en se faisant complice de leur enracinement sur notre sol, de la consolidation de leur installation, du déploiement de leur domination, de l’exploitation et de la prédation des ressources naturelles de notre Pays.

En outre, chemin faisant, les étrangers se sont montrés gentils et rusés ; ils ont fait entrer l’élite congolaise dans leur maison, les ont admis à s’asseoir dans leurs fauteuils et à leur table ; et ils leur ont donné un travail rémunéré, quelques avantages, privilèges et faveurs.

Ils se sont mis à déconnecter cette élite des racines de ses Ancêtres, de ses traditions, de ses valeurs, de son identité culturelle pour le désafricaniser et l’européaniser. Ils l’ont vidée de toute consistance métaphysique, de toute densité axiologique, de toute possibilité de transcendance et d’élévation spirituelle. Ils l’ont vidée de son ADN spécifique propre, de toute substance noble, de sa faculté raisonnante et thymotique, de toute capacité d’avoir de l’audace, d’oser, de créativité, d’imagination…Ils ont fait de lui une coquille, un esclave de maison, un esclave qui de l’affection et de l’admiration pour son Maître ; un esclave consentant, zélé, dévoué, heureux et fier d’être un esclave et aspirant à le demeurer à vie. 

Ces esclaves de maison ont formé autour d’eux, par des relations familiales, claniques, ethniques, tribales et amicales, la Pyramide de domination sociale en faveur de leurs Maîtres et de leur système.

Ce n’est pas de la science-fiction, ni une élucubration cérébrale quand nous affirmons qu’il est illusoire d’espérer un quelconque résultat positif de cette élite et que c’est un acte suicidaire pour notre Peuple de continuer à soutenir les membres de cette élite, et de souhaiter leur présence et leur retour éternel au pouvoir alors qu’ils nous ont offert un tel spectacle pendant 61 ans d’indépendance et de souveraineté nationale.

Ils n’ont aucun alibi, aucun subterfuge. Les peuples qui ont des ambitions hégémoniques, expansionnistes… n’auraient jamais réussi à nous faire du mal si l’élite congolaise s’était comportée comme l’élite vietnamienne face à la puissante armée américaine ; l’élite indochinoise face à la puissante armée française ; l’élite afghane face à la puissante armée soviétique.

On se berce d’illusions, on s’épuise dans de vains efforts et on devient même complice dans la pérennisation et l’aggravation de la Tragédie en associant les criminels irrécupérables aux efforts de construire un système fondé sur les valeurs de progrès ; en déclarant vouloir transformer et métamorphoser ceux qui ont prouvé pendant plusieurs années être des criminels irrécupérables, des maffieux, des fossoyeurs de l’Etat, des affameurs, bourreaux et assassins du Peuple, des pilleurs des caisses de l’Etat, des prédateurs des ressources naturelles de notre Pays.

Il est aussi illusoire de vouloir « purifier » un système fondé sur une vision anti-progrès et sur des antivaleurs et en continuant à appliquer une constitution inique du système rejeté par le Peuple.

On ne purifie pas un tel système, on le remplace par un autre système. Les Alliés n’ont pas voulu « purifier » le nazisme. Ils l’ont détruit et l’ont remplacé par un système démocratique ; et ils ont tissé des relations de coopération avec le système démocratique établi. Hitler et les responsables politiques et militaires nazis n’ont pas été associés à la création du nouveau monde.

Par ignorance, certains congolais comparent la RDC à l’Afrique du Sud

En Afrique du Sud, Frederik Willem de Klerk, un avocat, un homme d'État et un chef d'État sud-africain. Membre du Parti national, député (1972-1997), ministre sur différents portefeuilles (1978-1989), le dernier Président blanc d'Afrique du Sud durant la période de l'Apartheid et le dernier à porter le titre de président de l'État de la République d'Afrique du Sud, a été un véritable homme d’Etat et un homme de progrès. Il avait mené un combat long, dur et héroïque au sein de son parti séparatiste pour abolir le système séparatiste. Une fois devenu le Président du Parti et le Président de l’Afrique du Sud, il a mis ses idées progressistes en pratique ; libérer sans condition Nelson Mandela et tous les leaders de l’Opposition et initier les négociations qui ont abouti à l’Afrique du Sud actuelle.

La fin de l’Apartheid s’est matérialisée par la mise en place d’une constitution démocratique fondée sur une nouvelle vision et sur des valeurs de progrès : la Charte de la Liberté. Il n’y a pas eu la juxtaposition du nouveau système aux côtés de l’ancien, ni coalition et collaboration entre les deux systèmes. Le nouveau système a remplacé l’ancien. 

Sur le plan international, après le massacre de Sharpeville en 1960, il y a eu exclusion de l’Afrique du Sud de l'Organisation mondiale de la santé, du  Bureau international du travail puis du Comité international olympique et retrait du mandat sur le Sud-Ouest africain.

Après les émeutes de Soweto en 1976, des sanctions internationales contraignantes ont été prises contre le régime séparatiste de l’Afrique du Sud : embargo sur les ventes d'armes imposé par le Conseil de sécurité des Nations unies contre l'Afrique du Sud ; autorisation de syndicats non blancs puis mixtes, abolition des emplois réservés, nouvelle constitution réinstaurant de droits politiques aux indiens et aux métis, abolition de la loi sur les laissez-passer et de celle interdisant les mariages mixtes, ouverture des lieux publics à toutes les communautés ; et multiplication des sanctions internationales bilatérales (restrictions diplomatiques ou commerciales, embargo sur les importations de charbon, refus d'exportation de technologies) tandis que les townships devinrent ingouvernables.

Nelson Mandela et tous les Leaders prisonniers politiques ont été libérés le 11 février 1990. Les dernières lois piliers de l'apartheid (notamment le group Areas Act et le Population Registration Act) ont été abolies en juin 1991.

Les premières élections parlementaires non raciales au suffrage universel ont été organisées le 27 avril 1994 : Nelson Mandela a été élu comme Premier Président noir d'Afrique du Sud le 10 mai 1994.

Fait le 10 août 2021

Pour le Leadership National Congolais de Progrès

Dr François Tshipamba Mpuila

GSM et Whatsapp : +32-493-325-104

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