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*Même si la lutte contre les préjugés et stéréotypes échafaudés par les occidentaux contre les noirs – sur fond de racisme et négativisme partisan- est encore longue, quelques signes encourageants apparaissent à l’horizon.


Pendant longtemps et même de nos jours, on continue de répandre l’idée saugrenue que les noirs ne sont pas faits pour les mathématiques, la science et la technologie. Trois disciplines indispensables pour le développement industriel, technologique et surtout vecteurs puissants de l’innovation qui dope la compétitivité des pays en les aidant à surclasser leurs concurrents et tenir le haut de pavé dans le classement mondial.
Bien souvent, on entend des exclamations : « L’Afrique ne vaut rien, même pas capable de produire des aiguilles ». Ou d’autres plus méchantes : « Mettons à coté les prouesses scientifiques et technologiques de l’Afrique antique, quelles sont les contributions de l’Afrique contemporaine au développement de la science et de la technologie ? ».
Quelques penseurs occidentaux -pour apaiser leur conscience- versent dans la condescendance feutrée en tenant des discours édéniques. Ils prétendent que la technique est étrangère à l’Afrique, et même à son génie et que c’est contraire à sa tradition de chaleur humaine ». Malheureusement, certains responsables politiques et même quelques penseurs africains avancent avec beaucoup d’assurance : « la raison est Hellène et l’émotion est Nègre ».
Toutefois, la vérité s’allie toujours avec le droit pour réhabiliter des faits volontairement cachés ou malencontreusement méconnus. Nous sommes au début des années 1960.
Dans une Amérique gangrenée par le racisme, ségrégation et des criantes inégalités de revenus dont les afro-américains sont les principales victimes. Dans une Amérique dont la matrice coercitive est à la fois blanche, anglo-saxonne et protestante.
Cette Amérique, superpuissante mondiale sur le plan militaire, économique et leader du « monde occidental libre et judéo-chrétienne » a un grand défi à relever : l’exploration spatiale. Déjà, l’Ours Soviétique -ennemie juré et redouté du « monde occidental libre » a pris trois longueurs d’avance lançant en 1957 un satellite spatial, puis un deuxième et enfin, un homme dans l’espace en 1961. Les dirigeants de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) bombent le torse, roulent les muscles et donnent de la voix jusqu’au paroxysme : « l'homme est fait pour conquérir le monde, et plus que le monde. L'homme est à son aise, ainsi, lorsqu'il opère, colonise, étend son pouvoir sur toute la nature ».

Les ambitions de l’URSS sont claires : conquérir l’espace et le monde. L’Europe et l’Asie sont déjà divisées en « pays capitalistes » et « pays socialistes ». L’Afrique n’échappera pas non plus. On assiste à la division de l’Afrique entre « pays progressistes » et « pays capitalistes ». Nous sommes en guerre froide et surtout à la construction des zones d’influence pour assurer la suprématie d’un camp sur l’autre.
La triple réussite de l’URSS est ressentie comme une humiliation en Europe et aux Etats Unis d’Amérique, mais surtout comme une menace. L’équipe de perspective monde résume l’état d’esprit de l’époque :
«...Une heure après l'annonce fatidique de l'agence Tass, vendredi soir, les pulsations du satellite russe étaient captées aux États-Unis et retransmises par radio et télévision à des millions d'Américains sidérés (c'est le cas de le dire). Depuis lors, la presse, radio et télévision n'ont pas arrêté de commenter l'événement et sa portée.
On n'a pas fini d'en entendre parler en Amérique : le sentiment général est que les Russes ont remporté une victoire retentissante, et que la perte de prestige des Etats-Unis dans le monde sera considérable : mais, pire encore, l'impression est inévitable que les US ont été battus sur leur propre terrain, celui de la technologie et du progrès.
Nous allons assister à un long examen autocritique. La première phase a déjà commencé. La première chose à noter, c'est que le lancement d'un satellite russe a frappé toutes les imaginations. Au pays qui a sans doute inventé la « science-fiction», voici que l'URSS démontrait comment transformer la fiction en réalité. La leçon est sévère, et pour la première fois peut-être, l'homme de la rue prend l'Union soviétique au sérieux. Dans toutes les classes de la société américaine, un «agonizing reappraisal» a commencé…….».
Il faut organiser la riposte et rattraper le retard. La Maison Blanche, le Congres et le Senat mais aussi les hommes d’affaires (surtout les industriels) mettent pression sur les scientifiques. La presse -le quatrième pouvoir- multiplie les articles d’encouragement. Mot d’ordre : dans la lutte pour la conquête spatiale, l’Amérique doit être impérativement la première au monde. Il faut terrasser et « tuer » l’Ours Soviétique. L’Aigle (Amérique) arrivera-t-il à tuer l’Ours (URSS) ?

Dans ce contexte surréaliste et de haute tension qu’apparaissent trois femmes noires, afro-américaines qui ont en commun, leur talent et passion pour les mathématiques. Katherine G. Johnson, Dorothy Vaughan et Mary Jackson seront recrutées par la NASA.
Ces trois afro-américaines seront confrontées à trois adversités. Le racisme d’abord. Elles sont noires et victimes de la ségrégation en cours. Elles n’ont pas le droit à partager ni le restaurant, ni les toilettes ni même partager le café avec leurs collègues blancs dans la salle de travail. Ensuite, le machisme. Elles investissent un domaine scientifique (mathématiques, ingénierie), dominé par les hommes -de surcroit blanc. Enfin, la rivalité entre femmes. Les femmes blanches et noires moins formées font de la résistance et refusent de coopérer avec ces femmes douées et scientifiques.
Travailler dans un environnement aussi hostile, ne décourage nullement les trois scientifiques.
A cette époque, les ordinateurs étaient moins puissants et souvent dépourvus de programme de résolution numérique (algorithme susceptible de produire la solution mathématique). On recourait souvent à des « human computers » ou « calculatrice humaines ». La NASA lance le projet Mercury Friendship 7 avec comme objectif : envoi du premier américain en orbite autour de la Terre), qui s’avère être l’une des missions les plus importantes ! C’est d’ailleurs au cours de cette mission que le travail et le génie de Katherine Johnson prennent toute leur importance.

Katherine Johnson (née en 1918 et la seule qui vit encore de nos jours) à la responsabilité de calculer les trajectoires de la navette qui sera prochainement envoyée dans l’Espace. Elle construit un modèle mathématique et résout l’ensemble des équations à la main.
Mary Jackson (1921-2005), était aussi mathématicienne et astrophysicienne. Elle était la statisticienne du groupe en gérant la base des données.
Dorothy Vaughan (1910-2008), mathématicienne, elle s’était spécialisée en programmation informatique. Le modèle à résoudre était de plus en plus complexe. Il fallait un programme de résolution numérique. Dorothy eut vent qu’un programme FORTRAN existait mais avec beaucoup des limites. Elle alla à la bibliothèque réservée aux blancs. On lui refuse l’entrée.

Elle s’arrangera pour « chiper » le manuel d’utilisateur. Elle construisit une équipe composée exclusivement des femmes noires. Avec son équipe, elle programma le modèle de la NASA. Elle sera aussi la première femme noire qui créa et dirigera la Division Informatique et Analyse de la NASA.
«Ces brillantes Afro-Américaines furent les cerveaux derrière l'une des plus importantes opérations de l’histoire : le lancement du vol en orbite de l'astronaute John Glenn, une réalisation exceptionnelle qui a rétabli la confiance de la nation, relancé la course à l'espace et galvanisé le monde. Le trio visionnaire a franchi les frontières du sexe et de la race afin d'inspirer de générations à voir grand ».
Grâce à ces trois grands destins, non seulement l’Amérique rattrapera son retard et ensuite dominera la compétition de l’exploration spatiale.

Le film « HIDDEN FIGURES » ou « Les FFIGURE DE L’OMBRE » a inspiré beaucoup des jeunes afro-américaines et africaines. Par la magie des nouvelles technologies, des groupes se sont constitués aux Etats Unis. Objectif : se faire admettre à des prestigieuses universités comme le MIT, Impérial Collège et des polytechniques pour étudier les mathématiques et les sciences (physique, ingénierie).
La Reine (c’est-à-dire, les mathématiques) de toutes les sciences ne se désole plus.
Des jeunes femmes déterminées pour suivre l’exemple de nos trois grands destins, s’inscrivent dans des facultés scientifiques…
Au finish, je vous conseille d’aller voir le film, si possible avec les enfants. Le film est sorti en France depuis le 8 mars 2017. Nos enfants -surtout ceux qui vivent en Occident- en bute à des repères de dignité, se reconnaîtront dans la victoire de ces trois afro-américaines. Ils apprendront aussi, quand on a la persévérance et la détermination, tout est possible quel que soit l’environnement -même le plus hostile.

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