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C’est une rituelle récurrente et établie de nos jours. Comme chaque année –depuis 2003-l’université Jiao Tong (communications) de Shanghai a livré son classement mondial des universités pour 2020, samedi 15 aout 2020. L’université de Shanghai évalue et analyse 1200 établissements d’enseignement supérieur parmi les 17000 universités recensées dans le monde.


I. Résultats : la suprématie des universités Anglo-saxonnes
Le Top 20 des meilleures universités du monde en 2020
- 1. Harvard University Etats - Unis
- 2. Stanford University Etats - Unis
- 3. University of Cambridge Angleterre
- 4. Massachusetts Institute of Technology (MIT) Etats - Unis
- 5. University of California-Berkeley Etats - Unis
- 6. Princeton University Etats - Unis
- 7. Columbia University Etats - Unis
- 8. California Institute of Technology Etats - Unis
- 9. University of Oxford Angleterre
- 10. University of Chicago Etats - Unis
- 11. Yale University Etats - Unis
- 12. Cornell University Etats - Unis
- 13. University of California Etats - Unis
- 14. Paris Saclay University France
- 15. Johns Hopkins University Etats - Unis
- 16. University College London Angleterre
- 16. University of Washington Etats - Unis
- 18. University of California, San Diego Etats - Unis
- 19. University of Pennsylvania Etats - Unis
- 20. Swiss Federal Institute of Technology Zurich Suisse

C’est sans appel. Les universités Anglo-saxonnes écrasent tout le monde. Toutes les universités parmi le Top 10 sont toutes Anglo-saxonnes avec les universités américaines se taillant la part du lion (8 universités) et anglaise (2 universités).
Quand on considère la tranche 11-20ème place, les universités Anglo-Saxonnes accentuent leur domination. Elles occupent 17 places. Notons que l’École polytechnique fédérale de Zurich (Suisse) qui occupait la 11eme place dans le classement 2019, a fortement régressé en 2020 pour occuper la 20eme place. Fait très marquant, LA France se place pour la première fois dans le top20 avec Paris Saclay University qui se positionne à la 14eme place.
Relevons que les Etats-Unis comptent 8 universités dans le Top 10, 15 dans le Top 20, 54 dans le Top 100 (soit plus de la moitié des Top100) et 148 dans le Top 500.
Le Royaume-Uni compte 37 universités dans le Top 500. Le Canada aligne 23 universités dans le Top 500. L’université de Toronto (27eme), l’université de Colombie-Britannique (British Columbia) arrive à la 34ème place dans le Top 50. L’université McGill (63e) dans le Top 100, McMaster University (83eme) et l’université d’Alberta.
L’Australie compte 19 universités dans le top 500. Les universités Anglo-saxonnes (Australie, Canada, Etats-Unis, Royaume-Uni), pèsent pour 45% du classement mondial 2019.
Les universités asiatiques continuent de monter sous la houlette de la Chine, du Japon, Taïwan, Hongkong et Singapour. « Alors que les États-Unis, l’Europe et l’Australie sont confrontées à des réductions de budget rendant difficile le maintien de normes d’excellence, l’Asie du Sud-Est et notamment la Chine multiplient les partenariats mondiaux et investissent massivement dans des établissements clés. La Chine est ainsi le 4eme pays le plus représenté au classement mondial, avec 72 universités, contre 63 l’an dernier, et conserve sa 7eme place au top 200. Autre signe du dynamisme asiatique : 5 des 6 établissements se placent au top 200 pour la troisième année consécutive ».
Plus fort encore, « les universités chinoises de Tsinghua et Pékin se placent déjà parmi les meilleures du monde, et la jeune Université des Sciences et des Technologies du Sud (SUSTech), qui n’a que sept ans, a déjà fait son entrée dans le top 350 mondial, une réussite remarquable, analyse THE ».
Avec quatre universités parmi les cent meilleures, Hongkong illustre à elle seule la formidable percée asiatique. Le Japon, la Corée du Sud et Singapour ont chacun deux établissements parmi les cent premiers.
Phil Bat rédacteur en chef des Classements mondiaux du THE explique la poussée presque inexorable des Asiatiques : « Les universités asiatiques sont en forte croissance. Elles offrent des moyens importants aux chercheurs et leur proposent des laboratoires très bien équipés. C’est comme cela qu’elles attirent des talents du monde entier et qu’elles les gardent. Les Chinois publient beaucoup en anglais, prioritairement dans les revues américaines, ce qui multiplie les chances d’être cités. Ce qui n’est pas encore toujours assez souvent le cas des universités européennes ».
Depuis 2003, aucune université des pays des Caraïbes, n’a jamais figuré dans le palmarès de compétition mondiale. L’édition 2019 se révèle différente. La Jamaïque vient de signer l’acte de décès du sort maléfique. Pour la toute première fois, la Jamaïque fait son entrée avec l’université West Indies, classée dans la fourchette 501-600.
L’Amérique Latine reste en bute à la compétition internationale. Deux pays seulement ont été retenus l’année passée dans ce classement mondial : Le Brésil et le Mexique. Même s’il est vrai qu’aucune université de l’Amérique Latine ne figure dans le Top 100, le Brésil aligne cinq universités dans le top 500 et le Mexique avec une seule université.
En Afrique, 20 universités figurent dans le classement, dont 2 dans le Top 300, 9 autres dans le top 500 et les 9 dernières dans le top 1000. Notons que l’Egypte, le Nigeria, l’Afrique du Sud et la Tunisie sont les seuls pays africains qui figurent dans le classement.
Comme toujours -à l’exception du Royaume Uni, la Suisse et cette année la France- les universités européennes peinent à figurer dans le Top 20 des meilleures universités du monde.
N’empêche, les dirigeants européens ne supportent plus la suprématie et l’arrogance des universités Anglo-saxonnes à prédominance américaine. Ils ont créé -depuis deux ans- leur propre organisme de classement U-Multirank qui évalue 700 établissements européens sur des critères d’évaluation beaucoup plus large. Les résultats de U-Multirank renverseront--ils la donne ? Possible mais peu probable et encore moins certain.
Toutefois, le classement mondial 2020, apporte quelques bonnes nouvelles pour l’Europe. Avec 49 universités figurant dans le classement Shanghai, l’Allemagne accroit sa compétitivité, rendement et confirme son statut de leader européen. Huit (8) universités allemandes sont classées dans le top 100 et 37 dans le Top 500. Les Pays-Bas alignent sept (7) universités en haut du classement dont l’université technologique de Delft, occupant la 58eme place-en hausse de cinq rangs. L’Italie (chacune avec 20 établissements), et l’Espagne (11 universités).
Depuis quelques années, la piètre performance de la France est ressentie comme une humiliation, aucune université française n’a jamais figuré dans le Top 50. Ce sort maléfique est conjuré en 2020 grâce aux réformes entreprises, notamment le regroupement d’établissements (Chimie ParisTech, École nationale des chartes, École normale supérieure, École pratique des hautes études, ESPCI Paris, Institut Curie, MINES ParisTech, Observatoire de Paris et université Paris-Dauphine) et l’accent mis sur les mathématiques et la recherche appliquée, la France vient d’aligner 30 universités.
Ainsi, En 2020, 30 établissements français sont classés, dont 5 dans le top 100 (+2 par rapport à 2019), 3 dans le top 50 (+1 par rapport à 2019) et, pour la première fois depuis la création de ce ranking de référence, 1 dans le top 20. La France figure ainsi, pour la 18e édition du classement de Shanghai, en troisième position mondiale dans le top 20, juste derrière les États-Unis et la Grande-Bretagne.
Les regroupements d’universités en France se révèlent payants et permettent à l’Hexagone de laver l’affront, répudier l’humiliation et d’envisager l’avenir avec beaucoup plus d’optimisme.
Pour Phil Baty, rédacteur en chef des Classements mondiaux du THE, "ce sont des résultats fantastiques – particulièrement si l’on considère l’intensification de la concurrence mondiale. Les deux meilleures universités de la nation ne pouvaient mieux démontrer la force que procure l’unité aux établissements de recherche".
Et d’ajouter : "Les réformes de la France permettent d’accroître la visibilité de son enseignement supérieur et de sa recherche sur la scène mondiale. Cela devrait faire partie d’un cercle vertueux attirant talents et investissements, et améliorant ainsi la performance."
Cinq universités suisses font partie du top 100 : l’EPFZ (20e place), l’université de Zurich (56e), l’université de Genève (59e), l’EPFL (83e) et l’université de Bâle (88e). Notons tout de même que ces universités ont régressés par rapport à 2019.
Au Moyen Orient, L’Arabie Saoudite, Iran et Israël figurent dans le classement 2020.

II. Méthodologie du classement des universités
Critères Indicateurs Pondération
Qualité de l’enseignement Nombre de prix Nobel et de médailles Fields parmi les anciens élèves[N 1]
10 %
Qualité de l’institution Nombre de prix Nobel et de médailles Fields parmi les chercheurs[N 2]
20 %
Nombre de chercheurs les plus cités dans leurs disciplines 20 %
Publications Articles publiés dans Nature et Science entre 2000 et 2011[N 3]
20 %
Articles indexés dans Science Citation Index, et Arts & Humanities Citation Index[N 4]
20 %
Taille de l’institution Performance académique au regard de la taille de l’institution[N 5]
10 %

La méthodologie qui s’appuie sur les critères, indicateurs et pondérations du tableau ci-dessus est claire et limpide. La qualité de l’enseignement comptabilise les anciens élèves (étudiants) qui ont quitté l’université, se sont investis dans la recherche et obtenus soit un prix Nobel soit une médaille en mathématiques (l’équivalent de prix Nobel en mathématiques).
La qualité de l’institution repose essentiellement sur le nombre de chercheurs qui ont obtenus le prix Nobel ou médaille en mathématiques. On y ajoute, le nombre de chercheurs les plus cités dans leur discipline ou domaine.
Les chercheurs affiliés à l’université doivent avoir des publications sous forme d’articles dans des revues scientifiques de renommée internationale comme Nature et Science. Leurs articles doivent faire l’objet des citations répertoriées dans l’index de citation scientifique.
La taille de l’institution ne doit pas être un facteur limitatif à la performance académique de l’université.
Critique de la méthodologie
En ce qui me concerne, cette méthodologie et ses critères d’évaluation renvoient à quelques remarques. La plus grande remarque est la suivante : seule la recherche quantitative très prisée par les sciences exactes est prise en compte, consacrant ainsi la suprématie des sciences exactes sur les sciences humaines et sociales.
La qualité de l’enseignement qui reflète la qualité du corps professoral (chefs des travaux, maitre-assistant, maitre de conférences, professeurs et les titres universitaires des enseignants) n’est pas du tout pris en compte. Le classement mondial des universités par l’université Jiao Tong de Shanghai plébiscite uniquement les établissements qui se distinguent dans la recherche fondamentale et appliquée.
Le premier critère (qualité de l’enseignement) prête aussi à confusion. Il s’agit exclusivement des anciens étudiants qui excellent dans la recherche quantitative peu importe la formation reçue (enseignement).
La qualité de l’institution est exclusivement fonction des résultats en termes de prix Nobel et médaille en mathématiques obtenus par les chercheurs, excluant d’autres distinctions.
Enfin, le critère publications est foncièrement biaisé. Les chercheurs doivent publier soit dans Nature ou Science, deux revues Anglo-saxonnes.

Edouard Nsimba
Expert International en Modélisation mathématique et Analyse des Politiques Publiques

 

 

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