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Raphaël Yanyi Ovungu, le juge qui présidait la chambre du Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, dans l’affaire dite de détournement des fonds du programme de 100 jours, est décédé la nuit de mardi 26 à mercredi 27 mai 2020, au Centre Hospitalier Nganda, des suites d’une crise cardiaque.

Pratiquement inconnu du grand public, ce juge s’est vite attiré l’admiration des congolais par sa rigueur, son impartialité et la manière de gérer les débats lors de deux premières audiences du procès 100 jours. A Bandal où il résidait avec sa famille, les larmes coulent à flot, face à la mort d’un véritable homme de droit. Mais nombreux voient dans cette tragédie une main noire pour mettre définitivement sur la touche celui en qui les mécontents de l’évolution du procès pouvaient voir l’ombre d’une justice équitable.

Jusque-là, l’hypothèse d’un assassinat ne veut pas être évoquée par les quelques autorités sécuritaires qui se sont exprimés. Toutefois, la famille de l’illustre disparu a demandé une autopsie afin que les causes du décès soient clairement élucidées.
Selon le colonel Miguel Bagaya, chargé des opérations de la Police nationale congolaise (PNC), vers 2 heures du matin (mercredi), Raphaël Yanyi a eu des malaises et a été conduit au centre hospitalier Nganda. Il a succombé des suites d’une crise cardiaque. ‘’Il y a quelques échauffourées près de sa résidence. Des jeunes gens du quartier ont tenté de provoquer des désordres dans la rue. Les forces de l’ordre sont en train d’intervenir‘’, a-t-il annoncé hier matin à l’AFP.

En effet, des barrières avaient été placées aux alentours de sa résidence par les habitants de Bandal Bisengo, avant que la police n’intervienne et les disperse à coup de gaz lacrymogène.
Finalement, quelques heures plus tard, la police a réussi à disperser la population qui a envahi la résidence du Président du procès 100 jours dans lequel comparaissent Vital Kamerhe et consort. Pour plusieurs d’entre eux, cette mort est loin d’être naturelle d’autant plus qu’il était au centre d’une affaire sérieuse, d’un procès historique, autour d’enjeux politiques.

Les causes du décès ?
La famille et les voisins du juge Yanyi Ovungu ont souligné qu’il ne présentait aucun signe alarmant le matin du mercredi 27 mai. Sorti normalement pour quelques courses la veille, à son retour à son domicile, il présentait déjà des signes de faiblesse. C’est vers 21 heures qu’il a été acheminé au centre hospitalier Nganda où le décès a été constaté.
Le cousin du défunt, s’exprimant sur la radio Top Congo, a laissé entendre que son oncle a fait une crise à la maison. Et en le transportant à l’hôpital, sa femme avait déjà remarqué que son cœur ne battait plus. Cependant, contrairement à ce qui se raconte, il n’a pas vomi du sang, mais il tournait sur le lit. ‘’Mais, la couleur de sa peau était plus foncée que d’habitude. Il est devenu tout noir. Quelques heures plus tôt, il a mangé. Il est sorti comme d’habitude. Il n’avait aucun malaise‘’, a-t-il précisé.

Quid de la suite du procès 100 jours ?
De l’avis des experts sur les questions juridiques, le tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe va désigner un autre juge en remplacement de son collègue pour statuer sur l’affaire Vital Kamerhe et consorts. Dans cette affaire, le tribunal est composé de trois juges, le ministère public et le greffier.
Contacté par La Prospérité, Me Willy Wenga apporte des précisions. Globalement, le Tribunal va procéder au changement des magistrats. Le regretté juge Raphaël Yanyi sera remplacé par un autre. D’autres juges seront désignés, ‘’nous appelons cela changement de composition‘’, a-t-il souligné.
‘’Le procès va continuer, sauf qu’avant de continuer ils vont faire la réouverture des débats en lisant tous les procès verbaux du 11 et du 25 avant de poursuivre avec l’audition des témoins. Il faut reconnaitre qu’avec un nouveau juge qui arrive, deux ou trois, ils doivent aussi s’imprégner du dossier‘’, martèle Me Willy Wenga.

« Mille juges, mille méthodes »
Cet expert affirme, par ailleurs, qu’il ne faut pas penser que celui qui va remplacer le juge Raphaël Yanyi va le ressembler. ‘’Il avait sa philosophie, sa personnalité, sa capacité à comprendre les choses, sa capacité à diriger les débats, il était parmi les meilleurs mais il y a encore d’autres qui peuvent faire mieux‘’, ajoute-il.
Dernièrement, de nombreux juges étaient nommés et ces derniers se connaissent selon leur ordre d’ordination. Ce qui, selon Me Wenga, permettra de ressortir les prochains meneurs du procès. ‘’Mais il arrive que le premier président de la Cour d’Appel désigne un autre intérimaire lorsque celui qui devait jouer l’intérim n’est pas capable. Soit il est maladif, soit il est désordonnée…‘’.

La Pros.

 

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