Sur les cendres des opérations réalisées en série à des diverses strates des institutions de l’Etat, le scandale  des cartes branchées au Trésor Public  continue à faire jaser. Dans tous les milieux  politiques, l’affaire a du mal à quitter les lèvres.  Et de plus en plus, l’IGF, en dépit de ses  quelques excès de zèle dus  notamment, aux effets corolaires de la  campagne de sape dont sont  si souvent victimes certains responsables des services ayant fait l’objet de ses enquêtes, retrouve, ici, toute la justification de sa raison sociale.

Mieux placé que quiconque, ce service d’inspection des finances, revêtu de sa casquette de fureteur inébranlable, lance des signaux susceptibles de faire avancer la roue de l’histoire dans le sens d’un début de  maîtrise de la gestion des deniers publics.

Le spectre des contrôles qu’il jaillit au-devant des mandataires et autres services étatiques constitue, à lui tout seul, un mécanisme de dissuasion en amont, pour tout le reste de la mandature de Félix Tshisekedi jusqu’à la tenue des élections, le moment venu,   à l’horizon constitutionnel   2023.

Mais, pour le reste, pour tout ce qui s’est passé auparavant, comment rattraper ces présumés  détourneurs sans y associer la justice et, en même, en faire la démonstration de leur   culpabilité   dans le respect des procédures en vigueur en RD. Congo ?  Il faut, pour ce faire, du temps, des moyens, des pièces, des procès équitables, des jugements,  des condamnations, des espaces dans des prisons, de bonnes conditions carcérales etc. Tout ceci n’aurait-il pas d’incidence sur les actions à mener pour le redressement des leviers de commande, la reconstruction des infrastructures, la relance de l’économie, l’amélioration du social, la relance de la production ?

Est-il possible aujourd’hui de lancer l’opération ‘’Mani pulite’’, plus particulièrement, sur la gestion ex-ante de la Res Public  sans pour autant jeter en pâture  aux rapaces,  les résultats, y compris les acquis engrangés, sans lesquels le processus électoral du 30 décembre 2018    n’aurait nullement permis de consacrer l’alternance  pacifique,  ni de  favoriser la révolution des ‘’velours’’  au sommet de l’Etat.

S’il est admis de comprendre que  les responsables d’hier étaient tenus, eux, de rendre compte de leur gestion mais, il est, par contre, indiqué  de jeter un coup d’œil rétrospectif sur  les avatars de fin de règne qui auront  été leur contexte réel  avant l’avènement de l’actuel Président,  dans son strapontin actuel  du Palais de la Nation ou de la Cité de l’UA.

Pour autant que l’ancien système, dans ses méthodes décriées, avaient fait le lit de plusieurs dérapages dans le respect des règles de certaines procédures de passation des marchés et, même, des acquisitions des biens et services,  excaver tous ces dossiers sales, un à un, relève d’un exercice fastidieux,  coûteux  et qui, en définitive, ouvrirait les alvéoles du barillet des règlements des comptes. Pour fouiner dans le passé, l’exercice est âpre…

Car, si,   certaines des  cibles peuvent être faciles, il n’en sera pas forcément  le cas pour l’audit de la  gestion des  anciens cadres du FCC passés aujourd’hui  à l’Union sacrée, depuis que Félix Tshisekedi avait sonné le tocsin pour la fin de la coalition, le 23 octobre 2023. 

LPM