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Encore un bilan macabre : quatre morts dont deux policiers, plusieurs blessés lors de la marche de protestation de ce jeudi 9 juillet. Ces échauffourées entre «combattants» de l’UDPS et forces de l’ordre ont coïncidé avec le retour au pays du Président de la République, Félix Tshisekedi, en provenance de la Belgique.


Ils ont presque tous bravé les menaces et la peur. Le tandem Jean-Marc Kabund – Augustin Kabuya, respectivement Président a.i. et Secrétaire Général a.i. de l’UDPS qui avaient donné le mot d’ordre, quelques Députés membres de ce parti présidentiel et leurs alliés de même que plusieurs milliers d’inconditionnels entonnant des chants hostiles, ont pris d’assaut des artères principales de Kinshasa notamment, le Boulevard Lumumba et le petit Boulevard Sendwe.
D’importants dégâts matériels ont également été enregistrés. Le siège du PPRD, parti cher à Joseph Kabila, sur la 6ème Rue Limete, a été incendié, le siège du Parti Travailliste de Steve Mbikayi aussi incendié et l’Interfédéral du PPRD sur Sendwe saccagé. Franck Diongo, acteur politique proche de l’UDPS, et ses militants ont été pourchassés par des éléments de la police. Manifestants dispersés à coup de gaz lacrymogènes. C’était le sauve-qui-peut.
L’Etat de droit est encore loin d’être une réalité au vu de ces événements tragiques. L’UDPS, ses partisans et leurs alliés viennent, une fois de plus, d’en faire une expérience amère. Dans d’autres villes du pays telles que Lubumbashi et Kananga, la situation était presque similaire : des violentes manifestations de rue. Pourtant, la veille de cette marche, les autorités dont le Gouverneur de Kinshasa, Gentiny Ngobila, n’avaient pas accédé à la demande des dirigeants de l’UDPS et d’autres plateformes et mouvements citoyens. Quoiqu’issu de l’UDPS, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et Sécurité, Gilbert Kankonde, a réservé une fin de non recevoir à Kabund, Kabuya et compagnies.
Malgré le dispositif sécuritaire, un groupe de manifestants est parvenu à atteindre les abords du Palais du Peuple, siège du Parlement. Un mémorandum y a été déposé. Leur revendication est connue de tous, à savoir : barrer la route ou dire «NON» à une éventuelle investiture, par voie d’ordonnance présidentielle, de Ronsard Malonda comme successeur de Corneille Nangaa à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
La plateforme Lamuka chère à Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Adolphe Muzito, entre en dance le lundi 13 juillet prochain. Tandis que le Comité Laïc de Coordination (CLC) et ses partenaires ont promis de battre macadam le dimanche 19 juillet 2020. Les Congolais risquent de revivre le même scénario tragique : altercation policiers – manifestants se soldant par l’effusion de sang.
L’heure du sursaut patriotique a-t-elle sonné ?

La Pros.

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