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En République Démocratique du Congo, l’accès à l’information est et reste un défi majeur dans le travail des journalistes Congolais, plus particulièrement les femmes. A l’instar des hommes, certaines journalistes-femmes  s’illustrent par la qualité de leur travail et construisent leur carrière au prix d’efforts et sacrifices énormes.

Dans certains milieux, l’esprit d’investigation de certaines femmes leur attire des ennuis et suscite de la médisance. Des mauvaises langues font le raccourci intellectuel en les étiquetant de tous les maux. Certaines sont généralement des victimes des atteintes à la liberté de la presse. D’autres rencontrent des obstacles dans l’accomplissement de leur liberté de presse. Ce, par exemple, parce qu’elles se dressent en chiens de garde de la gestion de la République. Aussi, pour la  plupart, elles se sont lancées dans la presse d’investigation.

L’ONG Journaliste en Danger (JED) a pu répertorier, en 2020, une dizaine de cas d’attaques dirigées contre les femmes-journalistes dont certaines ont été  agressées ou torturées, d’autres menacées, harcelées ou interpelées.

En substance, JED révèle qu’en 2020, 6 femmes-journalistes ont été agressées, 2 interpellée et 2 menacées. Parmi elles, 4 de la télévisions, 4 du secteur de la radio et 2 des médias en lignes. Par rapport à leur lieu de travail, 4 sont de la Ville-province de Kinshasa, 2 de la province du Nord-Kivu, 3 du Sud-Kivu et 1 de la province du Kasaï-Oriental. 

Au fond, JED a recensé au total 116 cas d’atteintes diverses au travail des journalistes (hommes et femmes) et des médias qui représentent près de 70% des cas enregistrés.

Et pourtant, la liberté d’expression est garantie par la Constitution de la RDC et l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme qui stipule notamment que : «Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations des frontières, les informations et les idées par quelques moyens d’expression que ce soit ».

En marge de la journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque le 3 mai, Luzolo Bambi, pénaliste et ancien ministre de la justice, a précisé devant les étudiants de l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (IFASIC), qu’il est inconcevable qu’un journaliste soit mis en prison pour des fautes commises dans l’exercice de son travail. Pour lui, il n’y a pas d’infraction nommée délit de presse.

«Les délits de presse n’existent pas dans le code pénal congolais. Mais, le terme désigne une série d’actes qu’on peut  qualifier comme des infractions dans notre code notamment, la diffamation et les imputations dommageables », souligne-t-il.

A cette même occasion, les femmes des médias ont fait une note de plaidoyer au Ministre de la Communication et des Médias. Et, dans ce document, elles dénoncent les menaces et insultent envers les femmes des médias dans les réseaux sociaux, et dans l’opinion alors qu’elles ne font que leur travail. 

Bonne nouvelle

Aussitôt nommé, le nouveau ministre rd-congolais en charge de la communication et médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya promet de se battre pour que le délit de presse soit dépénalisé.

C’est dans cette optique qu'il va proposer une nouvelle loi sur la presse en République démocratique du Congo au parlement.

«Nous allons nous battre pour faire passer une nouvelle loi, parce que la loi sur la presse que nous avons est vieille de 25 ans», a-t-il souligné.

Défis majeurs des femmes-journalistes

«Généralement, les femmes-journalistes n’ont pas l’accès facile à l’information. Si une femme-journaliste appelle une source pour avoir l’information, cette source tient coûte-que-coûte à voir la journaliste que de donner l’information. Plus souvent, ça débouche sur le harcèlement sexuel. Cela devient un défi majeur à travers notre métier », révèle Judith Assina, journaliste à la radio Sveinmediab.info basée à Bukavu.

Pour Berro Matanda, journaliste à la radio Top Congo FM, avec toutes les mutations que la RDC vit actuellement à l’exemple de la mondialisation, la femme journaliste est appelée à pousser plus loin sa réflexion afin de lui permettre d’atteindre un certain niveau, qui va lui donner une certaine valeur, mieux, atteindre la parité entre homme et femme.

«Que cette célébration pousse la femme journaliste à changer son image ternie je cite ‘’les femmes journalistes sont des femmes légères’’. A travers un travail bien fait, basé sur la sensibilisation, la connaissance de nos droits, la dénonciation de certains faits tout en restant objectives, la femme journaliste pourra valoriser son métier», soutient-elle.

Recommandations

Invités à l’émission radiophonique ‘’Maloba na Base’’ animée par Bernetel MAKAMBO à la radio RTG@, Mme Michelle Makonko, Directrice Nationale Adjointe de l’Union Congolaise des Femmes des Médias (UCOFEM) ; M. Joël-Cadet Ndanga, Président de la Commission Discipline, Ethique et Déontologie à l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) ; Mme Joseth Kaya Bulamatadi, Présidente du Réseau Africaine des Femmes des Médias (RAFMED), ont formulé quelques recommandations aux institutions étatiques et non étatiques. Notamment, au Parlement, de réviser le cadre légal qui régi le métier des journalistes en RDC, en insérant des points sur la protection des femmes des médias ; aux personnes ressources, de permettre aux femmes des médias d’avoir accès à l’information sans contraintes ni discrimination ; à l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) et à JED, de poursuivre le plaidoyer pour l’endossement de la loi sur l’accès à l’information et celle portant sur la liberté de la presse ; aux responsables de différentes structures et patronnes de presse, de promouvoir la représentativité de la femme dans les structures de défense des Droits des Femmes ; à l’Union congolaises des femmes de médias (UCOFEM), de promouvoir le renforcement des capacités des femmes des médias afin d’éviter les dérapages susceptibles de les exposer à des interpellations à la Justice et, enfin, aux patrons des médias, de bien rémunérer les femmes des médias.

Jules Ntambwe

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