*Candidat à l’élection présidentielle en RDC, fut-il, Félix Tshisekedi Tshilombo, propulsé à la tête du pays à l’issue du scrutin présidentiel du 30 décembre 2018, était contraint, comme tous les autres candidats présidents d’ailleurs, à présenter, bien avant, son programme de gouvernance de la RDC.

Cette démarche, opérée en vue de convaincre l’électorat à lui faire confiance, avait permis à ce prétendant de pouvoir réaliser des grandes promesses une fois élu président de la RD. Congo, pour un mandat de 5 ans. Ainsi, après avoir été proclamé gagnant à la présidentielle, en attendant la confirmation de la Cour Constitutionnelle, cet homme aura, véritablement, la lourde charge d’exécuter, ipso facto, son engagement pris devant le peuple congolais. Par conséquent, « vaincre la pauvreté », tel est l’intitulé dudit programme, prévoit de mobiliser près de 86 milliards de dollars sur 10 ans, avec objectif principal de sortir la patrie de Lumumba de la pauvreté. Pour y arriver, Félix Tshisekedi repose la réalisation de son plan d’action sur trois piliers, à savoir : l’homme, la croissance économique et la solidarité nationale. Lisez, ci-dessous, l’intégralité du Programme de campagne de Félix Tshisekedi.
86 milliards de dollars sur 10 ans pour vaincre la pauvreté
Mon engagement
Mers chers compatriotes,
Avec l’élection présidentielle du 23 décembre 2018, la République Démocratique du Congo prendra un nouveau départ qui pourra être le bon, celui qui permettra l’alternance démocratique !
Nous aurons ainsi mis fin au cycle infernal des crises de légitimité récurrentes. Voilà le fait majeur qui marque un tournant décisif pour notre pays.
Cette élection présidentielle est, pour moi, une occasion de nouer un dialogue avec les congolaises et congolais, pour les entendre et pour les parler.
La situation actuelle de notre pays est comme un avion en voie d’atterrissage sous un temps orageux. Les congolais s’interrogent avec anxiété sur leur devenir, et hésitent sur l’idée qu’ils ont d’eux-mêmes. Les voici partagés par des inquiétudes légitimes. Ils sentent combien le potentiel de notre pays a été si souvent gaspillé. La crise est sévère, nous en mesurons la gravité. Cette situation de convulsion politique dramatique a été voulue, planifiée et entretenue par un pouvoir illégitime finissant. Notre pays et notre peuple, ont connu toutes les abominations.
Cela doit finir
Pour répondre à cette exigence, je me porte candidat à l’élection présidentielle de cette année dans notre pays, la RDC.
Je me réjouis donc de partager avec vous cet enthousiasme pour ce nouveau départ et aussi mon ambition, nourrie par la vision qui m’anime d’un meilleur devenir de notre mère patrie. Car, il nous faut bâtir un pays plus beau, une nation sans pauvreté.
Le chemin qui mène de la pauvreté au bien-être du peuple Congolais, a été balisé par le projet de société de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, qui est ma principale source d’inspiration.
Par ailleurs, agissant au nom de l’ensemble de la communauté internationale, les Nations-Unies, ONU, guidées par la conviction de la paix durable et la sécurité internationale ne sont possibles que sur la base du bien-être économique et social assuré pour tous, ont promu le projet, dénommé «Objectif du Millénaire pour le Développement », OMD, destiné à réduire l’extrême pauvreté et à construire un monde plus sûr.
Devant la défaillance du pouvoir sortant de conduire le peuple vers le mieux-être, ce beau rêve a, malheureusement, tourné au cauchemar !
Pour ma part, Congolaises et Congolais, je vous invite à rassembler autour de mon programme.
Solidaires et rassemblés, nous ferons de notre rêve une réalité !
Le programme pro-pauvre que je vous propose est ambitieux, il est à notre portée. Nous allons nous approprier la démarche de l’ONU, et l’amplifier dans le contexte post-OMD d’aujourd’hui.
Nous allons donc lutter pour éradiquer la pauvreté, le plus vite possible ! Ce sera « La Grande Cause Nationale » de notre RDC !
Pour cela, nous allons mobiliser toutes les énergies, tous les moyens de l’Etat et tous les appuis extérieurs pour les faire converger vers ce dessein commun dont la réalisation va reposer sur trois piliers :
L’homme, le moteur du développement de notre pays ; Une croissance économique d’emplois et protectrice de l’environnement ; Une société solidaire pour garantir la cohésion nationale.
Les quatre-vingt millions des Congolaises et de Congolais seront le principal facteur du développement de notre pays.
Je veux une croissance économique forte, soutenue, de 25% par an en moyenne, qui sera créatrice d’emplois et protectrice de l’environnement alors que, dans le même temps, notre population va croître de 3% en moyenne par an. Avec le peuple Congolais, je veux sceller un « Pacte social » pour bâtir une société solidaire, garante de la cohésion nationale.
Mon programme sera réalisable en dix ans, le temps de deux mandats présidentiels de cinq ans.
En 2018, le revenu moyen annuel d’un Congolais (en USD courants) est de 458 par an, c’est-à-dire 1.25 dollar par jour, alors que la part du budget dans le PIB n’est que de cinq milliards USD.
Mon ambition est de sortir notre nation de cette situation indigne et de la faire accéder au bien être, en portant cet indice à $ 4.288 par an, soit $ 11.75 par jour. Pour assurer le cout de ce programme, nous mobiliserons une enveloppe budgétaire de 86.71 milliards soit 25% du PtB-N, qui sera répartie sur dix ans.
Mais, le progrès ne vaut que quand il est partagé.
La redistribution de ce revenu sera au cœur de la nouvelle politique que je vais impulser et dont l’axe central est la promotion d’une société performante et solidaire.
Mais de même qu’on ne peut redistribuer ce qui n’a pas été préalablement produit, il est inadmissible qu’une caste de privilégiés s’accapare de la quasi-totalité du revenu national, fruit du travail de tous, chacun pour sa part.
Notre pays se classe parmi les pays les plus pauvres et les plus inégalitaires du monde. Il sortira par le haut de ce statut humiliant actuel.
Il rejoindra les nations qui sont placées parmi les pays émergents du monde, avec pour ambition, le bien-être collectif.
Chers compatriotes,
Tel est le sens de mon ENGAGEMENT. Si vous voulez bien m’accorder votre confiance, j’en serai comptable devant vous sur mon honneur et sur ma conscience.
Nous héritons d’une société en déclin.
Nous sommes une jeune nation.
En cette année électorale 2018, la RDC a célébré son 58ème anniversaire. Mais, c’est un temps bien trop long pour toutes celles et pour tous ceux qui souffrent. Et sont en droit de juger les dirigeants politiques qui n’ont pas su fixer le meilleur cap pour tous.
L’insupportable est que le pouvoir actuel, hors mandat a mis notre pays en danger de mort. A nous et à nos enfants, il lègue une société en déclin.
En RDC, la réalité des faits dépasse ce qui était imaginable.
De ce pays au passé glorieux et prestigieux, le régime en place a fait une vaste prison à ciel ouvert et un mouroir, oui, un tombeau noir et profond. Au cœur de notre République, le poisson s’est niché et se répandu.
Il génère la violence d’Etat et il produit un contre-modèle de société.
Le peuple congolais peut croire un instant être sorti des ténèbres mais comme au lendemain d’une guerre, il se retrouve dans un pays pillé, détruit, épuisé, dans une situation qui lui fait craindre le pire.
Au Centre, à l’Ouest, au Nord et au Sud de la RDC, la plupart des Congolais ont faim et peinent à vivre décemment. Privés d’emplois, ils vivent dans des cités qui sont des dépotoirs d’immondices. Ils endurent des maladies de toutes sortes pendant que l’Etat ne prend pas en charge la santé de sa population alors qu’il existe une institution de la sécurité sociale.
Hier comme aujourd’hui, la plupart des congolais n’ont accès ni à l’eau potable ni à l’électricité. Des mères de famille croulent sous la responsabilité de nourrir maris et enfants au moyen d’expédients. Les jeunes filles et les jeunes garçons vivent déboussolés, privés d’un système éducatif digne, et certains veulent même fuir leur patrie.
La pauvreté gagne du terrain, à vue d’œil. Le citoyen congolais est incompris, torturé, affamé, mal soigné, mal scolarisé, chômeur ou mal payé, exilé dans sa propre patrie. Il est en quête du mieux vivre il sait que sa misère au quotidien n’est pas une fatalité.
Des nations, aujourd’hui développées ou émergentes, ont connu cette pauvreté. Mais elles ont réussi à lui tordre le cou grâce à des choix collectifs judicieux. Pour la RDC, l’heure d’opérer un choix qualitatif, c’est maintenant.
Il faut faire de notre rêve une réalité
Notre RDC est un immense territoire logé au cœur de l’Afrique. Notre situation nous interpelle. Elle suscite en nous une révolte féconde, qui nous rend utile à notre pays, à notre société, à notre peuple.
Générer la force du droit, développer la conscience nationale, voilà la vision que nous voulons partager avec vous tous, hommes, femmes, adultes, jeunes, vous tous qui êtes du Nord, du Sud, de l’Est, de l’Ouest et du centre de notre pays.
Unis, nous pouvons changer le cours de notre histoire. Forgeons, dès maintenant, la voie qui conduira notre patrie. Elle ne sera plus seulement un pays «potentiellement riche ».
Ce rêve de destin solidaire, nous en avons une perception concrète. Congolaises et congolais, écoutez ce cri du cœur qui nous interpelle.
Voyons ce rêve!
Imaginons que, sans corruption, sans confusion ni mélange des genres, sans répression politique, mais avec la Démocratie et la bonne Gouvernance, la RDC deviendra un Etat de droit. Imaginons que, partout dans nos villes et dans nos campagnes, la vie sera paisible. Imaginons que nos frontières seront protégées par une Armée dissuasive. Imaginons que la vie au quotidien sera sécurisée à l’intérieur du pays par une Police républicain et qu’une Justice y dira le droit avec équité. Imaginons que nous ne serons plus réveillés par des odeurs d’immondices nauséabondes, mais par des cris d’enfants qui, après avoir consommé un verre d’eau potable et un bol de lait frais, seront heureux d’aller retrouver des vraies salles de classes équipées, dotées d’enseignants compétents et motivés, avec du matériel didactique moderne. Imaginons que des étudiants fréquenteront des établissements de formation technique, des instituts d’enseignement supérieur ou universitaire qui dispenseront un savoir de qualité, dans des bâtiments décents, avec des bibliothèques, des équipements informatiques, des restaurants et des latrines modernes. Imaginons nos cités débarrassées de leurs bidonvilles dégradants. A Kinshasa par exemple, imaginons que dans ces quartiers tels que Mpasa à Nsele, Mokali à Kimbanseke, Kongo à Ngaliema ou encore Kauka à Kalamu, dans ces quartiers proches du Centre-ville, la vie de tous les jours ne rimera plus avec insécurité, pauvreté, maladies, insalubrité. Nous aurons purement et simplement rasé tout, pour le remplacer par des cités du type « Cité Salongo », un habitat comme jadis, bâti en dur, bénéficiant des loyers accessibles aux gagnes-petits, connecté au tout à-l‘égout, à l’eau potable et à l’électricité.
Imaginons le sourire des mamans qui, leurs bébés sur le dos, feront la queue devant de nombreux Centres de Santé et des Foyers Sociaux qui disposeront de tout le nécessaire et qui seront répartis dans tous nos Territoires et dans toutes les communes de notre République avant d’aller faire leur marché où les règles d’hygiène seront respectées.
Imaginons notre société civile constituée non par des politiciens déguisés, mais par de vrais corps de métiers, des ouvriers, des agents de maitrise, des cadres, des artisans, des avocats, des professeurs, des médecins, des ingénieurs, des architectes, des juristes, des économistes, des banquiers et tous ceux qui sont utiles. Et puis, les musiciens et tous les autres artistes, les footballeurs et tous les sportifs, vivront correctement de ce qu’ils savent faire chacun dans son domaine.
Imaginons, au service affectif du citoyen, une Fonction publique dont les affectifs et les organigrammes seront maitrisés. Le barème salarial dit de «Mbudi » y sera appliqué, attirant le meilleur de la jeunesse congolaise, toute la jeunesse congolaise, dans toute sa diversité, sans aucune distinction.
Imaginons que le climat des affaires sortira de la morosité et deviendra transparent, débarrassé de la corruption, du harcèlement fiscal et de l’insécurité juridique et judiciaire. Alors, il sera à ce point attrayant et rassurant que des entreprises, nationales comme étrangères, investiront partout sur l’intégralité du territoire national, pour créer des millions d’emplois productifs correctement rémunérés. Voilà de quoi permettre l’émergence d’une classe moyenne, le retour au pays des congolais de l’étranger et la visite de dizaines de millions de touristes curieux de la faune d’exception et de la flore luxuriante dont dispose notre pays. Imaginons l’industrialisation du pays, par la création des sociétés minières locales qui emploieront des congolais, pour transformer sur place les richesses de notre sol et de notre sous-sol, afin de les vendre à des entreprises congolaises qui œuvreront notamment dans le bâtiment, dans les télécommunications et les transports.
Imaginons la création d’un cercle vertueux pour l’utilisation de notre cobalt, de notre Coltan, de notre pétrole, de nos forêts au profit des Congolais. Et que, saisissant cette opportunité, Tesla, Samsung et autres géants de l’industrie viendront créer des usines en RDC où se trouvent et la matière première et les ressources humaines compétentes.
Imaginons que le tourisme sera devenu l’une des premières industries productrices de recettes de l’Etat. Qu’à cet effet, des conditions attrayantes seront créées pour accueillir chaque année des millions de touristes, attirés par les atouts exceptionnels dont dispose la RDC ; il s’agit notamment de la diversité climatique, de la faune, de la flore, avec ses nombreuses espèces dont plusieurs spécimens emblématiques parmi lesquels l’okapi, le bonobo, le gorille de montagne, le gorille de plaine ou encore le paon congolais.
Imaginons que Niangara, Territoire qui abrite la stèle, indiquant le lieu précis du centre de l’Afrique, sera devenu un Centre International de Recherche Géocentrique.
Imaginons que nos campagnes ne seront plus des brousses et des forets sauvages, mais des prairies où l’on voit paitre des vaches et des chèvres, où l’on voit également des plantations agricoles qui s’étalent à perte de vue, des rivières régulées, çà et là, par des micro-barrages pour fournir en électricité les villages avoisinants et en eau des forets rationnellement gérées.
Imaginons des campagnes reliées aux centres urbains, par des infrastructures de transport modernes et régulièrement entretenues, qui faciliteront autant la livraison des produits agricoles, que les échanges purement commerciaux.
Imaginons que le peuple congolais vivra plus longtemps, sainement et épanoui dans un pays sans maladies endémiques. Un pays où, par exemple, le paludisme sera éradiqué notamment à la faveur d’un vaste Programme National d’assèchement des marais.
Tous les citoyens Congolais applaudiront.
Imaginer et rêver, pourquoi pas, c’est bien et gratuit ! Mais comment faire pour que notre rêve devienne réalité?
Cet imaginaire désirable, c’est le contenu des politiques publiques que je veux réaliser, dans un délai de dix ans, en mettant tous mes compatriotes au travail. Ainsi, ils auront Dignité et Honneur!
Rassemblés, nous avons le pouvoir de faire que nos enfants et nous-mêmes puissions vivre notre rêve. Ce serait un fait inédit dans l’histoire de notre pays, dans un futur que je chiffre à 10 années.
Il n’y a pas de fatalité à subir l’opprobre et à vivre la misère. Nous pouvons et nous allons sortir notre pays de son marasme. Une seule condition : changer le système économique et politique dans lequel survit notre présente société, injuste et décadente.
Une RDC mise ainsi en mouvement, aura vocation à tirer l’Afrique toute entière vers le haut. A l’échelle mondiale, notre RDC sera un nouvel Eldorado, c’est-à-dire un des rares lieux où il sera encore possible de gagner sa vie, malgré les crises qui se succèdent et qui se propagent de par le monde.
C’est pour répondre à ce défi que mon Programme est conçu. Je le propose aux Congolais et je leur dis comment initier le chemin de sa mise en chantier.
Mieux encore, l’ordre du jour de ce Programme consiste à donner à l’actuelle génération de la jeunesse congolaise l’opportunité d’accéder, dans un délai prévisible, au bien-être qu’elle mérite. Aux termes de ce Programme, la RDC sortira de la pauvreté qu’elle connait d’une manière persistance depuis 1960 et qui s’est aggravée pendant les dix-sept ans de règne du pouvoir sortant.
L’ambition ainsi affichée dit la profondeur de ma conviction et de ma détermination. La RDC, gouvernée et administrée de façon propre et convenable, peut être remise sur les bons rails et rattraper le retard que ce géant, endormi depuis trop longtemps au cœur de l’Afrique, a pris sur les autres nations de sa taille.
Nous figurons à notre tour au tableau des pays émergents.
Au regard de l’ampleur de la tâche, traduire une telle vision dans la réalité, requiert un délai de dix ans, incompressibles. C’est un temps répartis en deux mandatures de cinq ans chacune. Les objectifs poursuivis par cet ambitieux programme seront évalués à mi-parcours, démocratiquement, lors de l’échéance électorale qui viendra dans cinq ans.
Œuvre d’espérance et féconde, mon programme postule l’union des Congolais pour bâtir un Congo plus beau, un pays en paix, stable et prospère, pour lui-même, pour le reste de l’Afrique et du monde.
Nous venons de loin et nous avons conscience que, pour atteindre le niveau élevé de cette ambition que nous nourrissons pour notre pays, des réformes volontaristes devront être menées. Ces réformes s’entendent d’abord, sur le plan général et dans les domaines régaliens.
Comme préalable à son redressement, la RDC doit devenir un Etat moderne c’est-à-dire normal.
Des réformes doivent être menées dans les secteurs clé, qui concourent à la réalisation de ce Programme.
Mon Programme est ambitieux. Nous voulons Vaincre la Pauvreté, c’est la Grande Cause National.
Une fois le pays devenu, grâce des réformations volontaristes, un Etat moderne, autrement dit un Etat normal, il s’agira de s’appuyer sur 3 piliers pour Vaincre ce fléau qu’est la pauvreté :
- L’Homme,
- La Croissance Economique,
- La Solidarité nationale.
Fonder un Etat moderne.
D’aucuns ont qualifié la RDC de « non-Etat ». C’est une litote! La RDC est en réalité comparable à une jungle dans laquelle opèrent des marchands véreux qui jouissent d’exorbitants privilèges et qui traitent par l’arbitraire le reste de la population.
Transformer un tel pays en un Etat digne de ce nom, est donc non seulement une exigence morale mais aussi un préalable à son Redressement Economique et Social. C’est pourquoi des réformes courageuses, des actions volontaristes, seront menées sur le plan général et dans les domaines régaliens.
CONFORTER NOTRE DEMOCRATIE
La Constitution de la RDC, qui trempe ses racines dans les conclusions du dialogue inter-congolais de Sun-City, interdit à tout individu, quel qu’il soit, de briguer une troisième fois la Magistrature Suprême.
Elle stipule qu’en RDC le pouvoir, qui s’acquière par les urnes, s’exerce par les voies démocratiques et sa finalité consiste à procurer au pays la paix et la Stabilité en vue de son Développement.
C’est donc à juste titre que la disposition y afférente a été verrouillée par le législateur de la Loi fondamentale. Celle-ci n’a pas d’alternative, elle demeure opposable à tous. Mais, obtenir la tenue des élections crédibles, libres et transparentes, sur base des lois en la matière, est un défi que nous entendons relever de toutes nos forces.
Pour ma part, je m’engage à respecter notre Constitution, qui fait de la RDC, dans ses frontières de 1960, un Etat avec son territoire, sa population et sa souveraineté.
RESTAURER L’ETAT DE DROIT ET DONC SON AUTORITE
La réalisation de ce Programme postule, avant tout, que notre pays cesse d’être un non-Etat pour devenir un Etat de Droit. Un Etat capable de gérer et de défendre ses frontières, d’asseoir une administration efficace autant que d’exercer son autorité sur toute l’étendue du territoire national.
Un Etat à même de maintenir l’ordre public, d’assurer la sécurité judiciaire et juridique des personnes ainsi que de leurs biens. Un Etat capable de conduire une diplomatie adulte et une politique extérieure responsable, sur base du principe gagnant-gagnant. Un Etat à même d’intégrer la nouvelle conception des frontières, conséquence de la mondialisation et de la globalisation.
Toutes ces missions de l’Etat, qui couvrent les domaines dits régaliens, seront sanctuarisées et ne devront faire l’objet d’aucune sous-traitance.
Enfin, dans ses nouvelles missions de progrès, la RDC devra devenir un Etat capable d’instaurer sur la totalité du Territoire un Climat propice aux Affaires.
Réformes proposées dans le domaine de la Défense nationale
Nous allons doter la RDC d’une politique claire et opérationnelle en matière de défense, de sécurité et de maintien de l’ordre public, afin d’instaurer la paix et la stabilité, qui sont des préalables à l’administration de l’ensemble du territoire national en vue de son développement.
Nous allons faire reposer notre politique de défense et de sécurité sur six attitudes stratégiques: connaître, prévenir, anticiper, dissuader, protéger et si le devoir l’impose, intervenir.
Nous allons faire un Plan de cinq ans pour « Une Nation, une Armée ».
L’objectif de ce Plan sera de pourvoir, en cinq ans, la RDC, d’une Armée digne de ce nom, dont les principales missions seront : Protéger le territoire national à ses frontières et à l’intérieur du pays, Eradiquer les groupes armés et les milices, qui ont transformé, notamment l’Est de la RDC, en un sanctuaire où l’on viole, pille et tue en toute impunité.
Nous allons doter le Plan « Une Nation, une Armée » d’un budget conséquent. Ce fonds, dont la gestion fera l’objet d’une instruction particulière du Gouvernement, sera financé en partie par le trésor public et pour l’autre partie, par des partenaires extérieurs.
Nous allons présenter aux bailleurs de la MONUSCO, une feuille de route étayée, indiquant les étapes de fin de cette Mission en RDC au bout de 5 ans d’une part et, d’autre part, motivant la nécessité de réorienter une partie de leurs contributions dans les besoins de la mise en œuvre du Plan « Une Nation une Armée ».
Nous allons mettre en évidence l’un des éléments de l’agenda de notre Plan qui sera de prendre le relais de l’accomplissement des missions actuellement dévolues à la MONUSCO.
Nous allons instruire le nouveau gouvernement, devenu volontariste et disposant d’une vision claire dans sa politique en matière de défense et sécurité, de ne plus sous-traiter par l’étranger ce secteur régalien.
Nous allons veiller à ce qu’au sein cette nouvelle armée, qui, comprendra des Forces Spéciales, un nombre suffisant de ces corps d’élites soient commises à la lutte contre le terrorisme et le pillage des ressources naturelles.
Nous allons former au sein de l’armée des unités spécialisées pour intervenir efficacement lors des catastrophes naturelles et dans les travaux de génie civile.
Nous allons accélérer et parachever l’intégration en cours des forces Armées Congolaises (FARDC) actuelles, comme l’un des mécanismes de l’édification de la nouvelle Armée.
Nous allons redonner à la jeunesse congolaise le goût de s’engager à servir sous le drapeau.
Une nation de 80 millions d’âmes, doit pouvoir trouver un pour cent (800.000) de garçons et de filles prêts à recevoir une éducation civique, une formation générale et spécifique, et un entraînement militaire adéquat pour être en mesure de défendre la patrie à tous les niveaux de grades de l’Armée.
Nous allons réhabiliter les centres de Kota-Koli au nord, Kamina au sud, Kitona à l’ouest et Kananga au centre, les équiper en matériels militaires et les doter d’instructeurs de haut niveau dans le but de disposer, chez-nous, des infrastructures nécessaires à l’édification et à l’entretien de notre Armée Nationale.
Nous allons établir des passerelles vers la vie civile pour les militaires qui auront atteint la limite d’âge ou la durée de service.
Nous allons inciter au départ volontaire par l’octroi de pécules adaptés et nous proposerons des options de reconversion de la vie civile.
Nous allons mettre fin à l’absence chronique de discipline au sein de l’Armée, qui est en fait, aujourd’hui, un corps quasiment sans âme.
Nous allons prendre des mesures vigoureuses pour supprimer les causes de cette indiscipline. Elles concerneront, entre autres, le standard et le mode de recrutement, les vivres, les soldes, la formation et la promotion en garde des militaires, tout autant que les conditions de casernement de ces derniers.
Nous allons doter l’Armée, non seulement d’un Code de conduite, mais également de modalités de son respect associées à un barème de sanctions, positives et négatives, sans lesquelles tout discours sur la discipline est dérisoire.
Nous allons, pour réaffirmer le caractère républicain et apolitique de notre armée, prendre les mesures idoines pour sanctionner la détention illégale d’armes. Cette mesure sera d’application sur toute l’étendue du Territoire national et, d’une manière particulière, dans l’Est du pays.
Réformes proposées dans le domaine de la sécurité Intérieure et de l’Administration publique
Depuis la Rome antique, dans une République digne de ce nom, les militaires ne sortent des casernes que pour accomplir leurs missions spécifiques. C'est pourquoi les tâches suivantes sont dévolues à la Police :
- Assurer la sécurité des personnes et de leurs biens,
- Lutter contre la criminalité et la délinquance,
- Maintenir l’ordre public,
- Réprimer les infractions pénales,
- Fournir le renseignement et l’information pour prévenir toute menace susceptible de porter atteinte à l’ordre public,
- Protéger les symboles de nos institutions.
Nous allons mettre sur pieds, une Police nationale chargée de faire respecter la loi par tous, en toutes circonstances et d’une manière égale. Cette institution pourra rassurer et donc sécuriser les habitants et leurs biens, partout dans le pays.
Nous allons veiller à ce que la Police nationale accomplisse les missions qui lui sont dévolues, dans un esprit Républicain. Pour ce faire, nous appliquerons à la Police, mutatis mutandis, les mesures énoncées pour le Plan « Une Nation une Armée ».
Nous allons procéder à une réforme en profondeur des Services de Renseignement, sclérosés depuis l’époque du Marechal Mobutu, pour en faire un corps professionnalisé conforme aux standards de notre époque.
Nous allons procéder à la fermeture des cachots et autres endroits de détentions illégales.
Nous allons rendre les Services de Renseignement aptes à assurer leurs missions à l’Etat et dans tout le pays, plutôt que d’être commis au service d’un individu, soit-il le Chef de l’Etat.
Nous allons rationnaliser le processus de la décentralisation afin de permettre à chaque entité décentralisée, quelle que soit sa taille, de contribuer à son propre développement.
Nous allons revisiter la restructuration des Entités décentralisées, qui a été effectuée dans la précipitation en vue de semer la confusion à l’approche des échéances électorales de 2016. Nous lancerons un processus de décentralisation graduelle et maîtrisée. A cet effet, nous nous engageons à réécrire la loi sur la programmation du découpage territorial.
Nous allons permettre aux entités décentralisées de pouvoir disposer des moyens de fonctionnement qui soient en adéquation avec leurs attributions et leurs charges.
Nous allons mettre l’administration publique à niveau, pour qu’elle puisse mieux concourir à l’efficacité et à la continuité des services que l’Etat met à la disposition du citoyen.
Nous allons assainir, restructurer et dépolitiser l’Administration publique pour en faire un outil efficace dans l’accomplissement de ses missions régaliennes et sectorielles de l’Etat.
Nous allons accorder une attention particulière à la revalorisation de la Fonction publique. Les mesures qui seront prises concerneront notamment : le cadre organique, le recensement des effectifs et le statut de ses Agents.
Nous allons instaurer un dialogue permanent et constructif, entre partenaires sociaux, en vue d’améliorer le barème des rémunérations et les conditions de travail des fonctionnaires et agents de l’Etat.
Nous allons mettre en place un système d’évaluation des agents des services publics et procéder au rajeunissement dans le secteur, en recrutant des nouvelles unités sur base des tests de compétence à l’embauche.
Nous allons réhabiliter, progressivement, les locaux des services de l’Administration publique et assurer leur rééquipement, en vue de permettre aux fonctionnaires d’accomplir leur travail, dans de conditions décentes.
Nous allons améliorer, le système de retraite des fonctionnaires et des agents de l’Etat.
Nous allons permettre à l’Administration publique d’effectuer un saut qualitatif dans le numérique, en lui dotant d’un Schéma Directeur des Systèmes d’Information (SDSI) fiables, efficients et sécurisés permettant non seulement, d’assurer la communication des données et leur valorisation à des fins de définition et de pilotage des politiques publiques, mais aussi et surtout, d’identifier les solutions synonymes de bonne gouvernance devant mener à l’efficacité de l’Administration publique.
Réformes proposées dans le domaine de la justice
Nous allons donner des moyens conséquents à l’Etat pour lui permettre de remplir les missions dévolues à un Etat moderne.
Nous avons édifié un Etat de droit dont l’organisation et le fonctionnement obéissent au principe de la prééminence du droit et de la loi, en ce compris, le respect des accords et traités internationaux.
Nous allons débarrasser la Justice des antivaleurs telles que le trafic d’influence, l’abus de pouvoir, le favoritisme et le tribalisme, la concussion, la crise d’autorité, la lenteur administrative, le dysfonctionnement des organes judiciaires.
Nous allons équilibrer le pouvoir d’Etat par de véritables contrepoids, afin de rendre la démocratie pluraliste et viable de façon durable. A cet effet, nous présenterons au parlement un projet de loi, pour garantir et consolider la protection de la presse et de sa liberté, des activistes et des organisations de défense des droits humains. Nous précéderons également à la relecture des lois sur la liberté d’expression et d’association.
Nous allons rendre à la justice son indépendance par la séparation des pouvoirs classiques, par l’amélioration des conditions de travail du personnel judiciaire et par la dotation d’un budget conséquent.
Nous allons assurer l’impartialité de la justice, par un contrôle hiérarchique objectif permanent et un régime disciplinaire exemplaire de la part du Conseil Supérieur de la Magistrature.
Nous allons rendre à la justice l’efficacité dont elle a besoin, par une remise à niveau régulière, particulièrement de la police judiciaire, notamment par l’initiation aux technologies nouvelles de l’information, par le contrôle des procédures pénales et leur exécution dans les missions carcérales et par le combat contre la lenteur administrative.
Nous allons réécrire la loi sur l’organisation et le fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature, en vue de lui assurer son autonomie et son impartialité.
Nous allons évaluer, réhabiliter, construire et veiller à l’entretien régulier des prisons ainsi qu’imposer le respect des règles et des procédures en la matière.
Nous allons former les Magistrats et le personnel judiciaire et pénitentiaire à l’utilisation de l’outil informatique et de l’internet, indispensables pour plus d’efficacité de notre système judiciaire.
Nous parachever, de façon programmée et effective, l’installation de toutes les institutions judiciaires et administratives prévues par la Construction.
Nous allons doter les Magistrats d’un statut, leur garantissant des plans de carrières et des revenus, en rapport avec le rang de chacune de leurs catégories.
Nous allons protéger le Magistrat, pièce maitresse de la justice, contre la corruption et toutes les pressions inconsidérées de divers milieux, par un meilleur encadrement professionnel et social.
Nous allons faire la lutte contre la corruption, fléau dont les proportions se chiffrent par milliards, notre cheval de bataille et mettre effectivement fin au règne de l’impunité. Réformes proposées dans le domaine des relations internationales.
Nous allons assurer à la RDC un retour rapide et une présence permanente, sur la scène internationale où se jouent les enjeux majeurs mondiaux. La RDC aura ainsi retrouvé son rôle moteur dans la coopération et l’intégration Régionales, tout autant que la place qu’elle mérite dans le concert des nations. Nous allons promouvoir en RDC, pays entouré de neuf voisins, la politique de bon voisinage. Cette politique de proximité sera appliquée à l’égard de tous les neuf voisins de notre pays, comme levier d’une cohabitation pacifique mutuellement profitable.
Nous allons rechercher une solution politique durable aux conflits entre les communautés de l’Est de la RDC, en ciblant les causes profondes et en créant les conditions favorables à un dialogue franc et direct, du type vérité et réconciliation, avec celles du Burundi, de l’Ouganda et du Rwanda.
Nous allons encourager l’intégration régionale, qui est d’une nécessité vitale pour la RDC. Cependant, face à la multitude des organismes dans lesquels notre pays est présent, nous établirons entre ceux-ci un ordre de priorité, au regard des objectifs allons fixer pour chacun de ces organismes. Les cas échéant, cette rationalisation pourrait conduire la République à un retrait pur et simple de tel ou tel autre de ces structures régionales.
Nous allons établir une adéquation entre cette présence dans les différents Organismes et les moyens budgétaires de la République. Il s’agira d’éviter à la RDC l’accumulation des arriérés de cotisations qui lui privent de voix délibérative et, de fait, consacrent l’inutilité même de sa présence au sein de certaines de ces structures régionales.
Nous allons accroitre, par tout où nous déciderons de demeurer, la participation de la RDC à la construction des mécanismes de sécurité collective dans la sous-région, notamment aux fins d’asseoir la stabilité des Institutions de la République.
Nous allons promouvoir des projets économiques et sociaux intégrateurs notamment par la création des zones franches à nos frontières.
Nous allons, mutatis mutandis, revisiter les relations et la coopération internationales hors Afrique. Le principe gagnant- gagnant devra prévaloir dans toutes ces réformes comme base de tout partenariat.
Nous allons restaurer la crédibilité internationale des Missions diplomatiques de la RDC et redonner aux diplomates Congolais le prestige qu’ils n’ont plus. Les dettes accumulées depuis le début des années quatre-vingt seront apurées. Un nouveau barème de rémunérations et du niveau des frais de fonctionnement seront fixés. Le critère d’excellence sera réintroduit dans le recrutement des Diplomates.
Nous allons rationaliser, par suppression ou par suppression ou par regroupement, le nombre des Diplomates et celui des Missions à l’étranger, sur la double base, de leur utilité et des moyens budgétaires du pays de manière à en assurer un fonctionnement normal.
Nous allons rapatrier dans la dignité, les Diplomates et Agents d’Ambassades qui doivent revenir au pays.
Nous allons renouer le lien entre la RDC et les Congolais de l’étranger. Une véritable réconciliation du Congolais de l’extérieur avec son pays est un impératif pour inciter celui-ci, à se joindre à son compatriote de l’intérieur, pour participer à l’œuvre de la refondation d’une RDC prospère au bénéfice de tous ses enfants.
Nous allons introduire, dans la conduite de l’action diplomatique, la prise en compte des intérêts des Congolais de l’étranger, notamment en ce qui concerne leurs droits en tant que Citoyens : être défendu le cas échéant par son pays, entrer et sortir en toute liberté du territoire national, étant entendu que, comme tout le monde, le Congolais de l’étranger a aussi des devoirs envers son pays qu’il doit assumer.
Nous allons faire du Congolais de l’étranger, un des facteurs générateurs de la croissance économique, en lui accordant des facilités pour le transfert de fonds, faire du commerce ou, mieux encore investir dans son pays.
Nous allons tout mettre en œuvre pour rendre effectif l’application du principe de réciprocité. Les nationalités admises à travailler en RDC, leurs pays devront aussi accepter le principe d’accorder, aux Congolais qui le souhaitent, le droit d’y travailler à des conditions d’accompagnement similaires.
Nous allons veiller à ce que, désormais, tous les postes offerts par les Organismes internationaux et régionaux à la RDC reviennent aux Congolais sur base du mérite. Réformes proposées pour l’amélioration du Climat des Affaires. Nous allons créer la confiance et le dynamisme dont le monde des affaires a besoin, par la finalisation du processus de mise en œuvre du Traité et des Actes uniformes de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du droit des Affaires (OHADA) dont nous partagions l’ambition de propulser le développement économique et de créer un vaste marché intégré, enfin de faire de l’Afrique un pôle attrayant pour les investisseurs.
Nous allons mettre en place une Charte d’investissement qui va activer un système fiscal incitatif, relatif aux nouvelles sociétés industrielles et aux Grandes ainsi qu’aux Petites et Moyennes industries (PMI) exportatrices. La Charte va également permettre la fusion de deux instruments, à savoir : l’Agence Nationale pour la promotion de l’industrie (ANAPI) et de l’instance chargée au ministère du plan de la gestion du Code des Investissements.
Nous allons faire de l’assainissement du Climat des Affaires en RDC, un atout majeur pour son développement socio-économique, en confiant au Comité de Pilotage et de Réforme des Entreprises du portefeuille (COPIREP), dont les missions seront repensées, la responsabilité d’établir l’état d’avancement du Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP) et de faire des recommandations au gouvernement d’une part et, d’autre part, faire le suivi du Comité de Pilotage des Indicateurs d’appréciation du Climat des Affaires édicté par le « Doing Business » de la Banque mondiale.
Nous allons légiférer pour traquer, débusquer et punir très sévèrement tout acte de corruption. Nous allons rendre impartial et effectif le fonctionnement des cours et tribunaux de commerce et des tribunaux de travail, pour une justice équitable.
Nous allons parachever l’installation et améliorer le fonctionnement des guichets Unique à tous les points d’accès, pour faciliter les formalités administratives.
Nous allons, pour garantir la paix et la cohésion sociale, faire du dialogue social un cadre institutionnel avec, comme objectif principal, d’encourager la formation d’un consensus entre les principaux acteurs du monde du travail, gouvernement et partenaires sociaux, ainsi que la démocratie participative. Nous allons mieux protéger la propriété privée et, le cas échéant, supprimer le monopole là où il ne se justifie pas.
Nous allons rendre à la justice l’efficacité dont elle a besoin, par une remise à niveau régulière, particulièrement de la police judiciaire, notamment par l’initiation aux technologies nouvelles de l’information, par le contrôle des procédures pénales et de leur exécution dans les maisons carcérales et par le combat contre la lenteur administrative.
Nous allons réécrire la loi sur l’organisation et le fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature, en vue de lui assurer son autonomie et son impartialité.
Nous allons évaluer, réhabiliter, construire et veiller, à l’entretien régulier des prisons, ainsi qu’imposer le respect des règles et des procédures en la matière. Nous allons former les magistrats et le pénitentiaire à l’utilisation de l’outil informatique et de l’internet, indispensables pour plus d’efficacité de notre système judiciaire.
Nous allons parachever de façon programmée et effective, installation de toutes les institutions de toutes les institutions judiciaires et administratives prévues par la Constitution.
Nous allons doter les Magistrats d’un statut, leur garantissant des plans de carrières et de revenus, en rapport avec le rang de chacune de leurs catégories.
Nous allons protéger le Magistrat, pièce maîtresse de la justice, contre la corruption et toutes les pressions inconsidérées de divers milieux, par un meilleur encadrement professionnel et social.
Nous allons faire de la lutte contre la corruption, fléau dont les proportions se chiffrent par milliards, notre cheval de bataille et mettre effectivement fin au règne de l’impunité.
Réformes proposées dans le domaine des Relations Internationales
Nous allons assurer à la RDC un retour rapide et une présence permanente, sur la scène internationale où se jouent les enjeux majeurs mondiaux. La RDC aura ainsi retrouvé son rôle moteur dans la coopération et l’intégration Régionales, tout autant que la place qu’elle mérite dans le concert des nations.
Nous allons promouvoir en RDC, pays entouré de neuf voisins, la politique de bon voisinage. Cette politique de proximité sera appliquée à l’égard de tous les neuf voisins, de notre pays, comme levier d’une cohabitation pacifique mutuellement profitable.
Nous allons rechercher une solution politique durable aux conflits entre les communautés de l’Est de la RDC, en ciblant les causes profondes et en créant les conditions favorables à un dialogue franc et direct, du type vérité et réconciliation, avec celles du Burundi, de l’Ouganda et du Rwanda.
Nous allons encourager l’intégration régionale, qui est d’une nécessité vitale pour la RDC. Cependant, face à la multitude des Organismes dans lesquels notre pays est présent, nous établirons entre ceux-ci un ordre de priorité, au regard des objectifs clairs à atteindre que nous allons fixer pour chacun de ces Organismes. Les cas échéant, cette rationalisation pourrait conduire la République à un retrait pur et simple de telle ou telle autre de ces structures régionales.
Nous allons établir une adéquation entre cette présence dans les différents Organismes et les moyens budgétaires de la République. Il s’agira d’éviter à la RDC l’accumulation des arriérés de cotisation qui lui privent de voix délibérative et, de fait, consacrent l’inutilité même de sa présence au sein de certaines de ces structures régionales.
Nous allons accroître, partout où nous déciderons de demeurer, la participation de la RDC à la construction des mécanismes de sécurité collective dans sous-région, notamment aux fins d’asseoir la stabilité des Institutions de la République.
Nous allons promouvoir des projets économiques et sociaux intégrateurs notamment aux par la création des zones franches à nos frontières.
Nous allons, mutatis mutandis, revisiter les relations et la coopération internationales hors Afrique. Le principe gagnant-gagnant devra prévaloir dans toutes ces réformes comme base de tout partenariat.
Nous allons restaurer la crédibilité internationale des Missions diplomatiques de la RDC et redonner aux Diplomates Congolais le prestige qu’ils n’ont plus. Les dettes accumulées depuis le début des années quatre-vingt seront apurées. Un nouveau barème de rémunérations et du niveau des frais de fonctionnement seront fixés. Le critère d’excellence sera réintroduit dans le recrutement des Diplomates.
Nous allons rationaliser, par suppression ou par regroupement, le nombre des Diplomates et celui des Missions à l’étranger, sur la double base, de leur utilité et des moyens budgétaires du pays, de manière à en assurer un fonctionnement normal.
Nous allons rapatrier dans la dignité, les Diplomates et Agents d’Ambassades qui doivent revenir au pays.
Nous allons renouer le lien entre la RDC et les Congolais de l’étranger. Une véritable réconciliation du Congolais de l’extérieur avec son pays est un impératif pour inciter celui-ci, à se joindre à son compatriote de l’intérieur, pour participer à l’œuvre de la refondation d’une RDC prospère au bénéfice de tous ses enfants.
Nous allons introduire, dans la conduite de l’action diplomatique, la prise en compte des intérêts des Congolais de l’étranger, notamment en ce qui concerne leurs droits en tant que Citoyens : être électeur, être éligible, être défendu le cas échéant par son pays, entrer et sortir en toute liberté du territoire nationale, étant entendu que, comme tout le monde, le Congolais de l’étranger a aussi des devoirs envers son pays qu’il doit assumer.
Nous allons faire du Congolais de l’étranger, un des facteurs générateurs de la croissance économique, en lui accordant des facilités pour le transfert des fonds, faire du commerce ou, mieux encore, investir dans son pays.
Nous allons tout mettre en œuvre pour rendre effectif l’application du principe de réciprocité. Les nationalités admises à travailler en RDC, leurs pays devront aussi accepter le principe d’accorder aux Congolais qui souhaitent, le droit d’y travailler à des conditions d’accompagnement similaires.
Nous allons veiller à ce que, désormais, tous les postes offerts par les Organismes internationaux et régionaux à la RDC reviennent aux Congolais sur base du mérite.
Réformes proposées pour l’amélioration du Climat des Affaires
Nous allons créer la confiance et le dynamisme dont le monde des affaires a besoin, par la finalisation du processus de mise en œuvre du Traité et des Actes uniformes de l’Organisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA), dont nous partageons l’ambition de propulser le développement économique et de créer un vaste marché intégré, afin de faire de l’Afrique un pôle attrayant pour les investisseurs.
Nous allons mettre en place une Charte d’investissement qui va activer un système fiscal incitatif, relatif aux nouvelles sociétés industrielles et aux Grandes ainsi qu’aux Petites et Moyennes Industriels (PMI) exportatrices. La Charte va également permettre la fusion de deux instruments, à savoir : l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Industrie (ANAPI) et l’instance chargée au ministère du plan de la gestion du Code des Investissements.
Nous allons faire de l’assainissement du Climat des Affaires en RDC, un atout majeur pour son développement socio-économique, en confiant au Comité de Pilotage et de Réforme des Entreprises du Portefeuille (COPIREP), dont les missions seront repensées, la responsabilité d’établir l’état d’avantage du Document de Stagiaire de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP) et de faire des recommandations au gouvernement d’une part et, d’autre part, faire le suivi du Comité de Pilotage des Indicateurs d’appréciation du Climat des Affaires édicté par « Doing Business » de la Banque Mondiale.
Nous allons légiférer pour traquer, débusquer et punir très sévèrement tout acte de corruption.
Nous allons rendre impartial et effectif le fonctionnement des cours et tribunaux de commerce et des tribunaux de travail, pour une justice équitable.
Nous allons parachever l’installation et améliorer le fonctionnement des guichets uniques à tous les points d’accès pour faciliter les formalités administratives.
Nous allons, pour garantir la paix et la cohésion sociale, faire du dialogue social un cadre institutionnel avec, comme objectif principal, d’encourager la formation, d’un processus entre les principaux acteurs du monde du travail, gouvernement et partenaires sociaux, ainsi que la démocratie participative.
Nous allons mieux protéger la propriété privée et, le cas échéant, supprimer le monde là où il ne se justifie pas.
VAINCRE LA PAUVRETE : GRANDE CAUSE NATIONALE
Le destin de la RDC, ce n’est pas seulement celui d’un Etat, c’est avant tout celui de tout un peuple.
Alors, comme Etienne Tshisekedi wa Mulumba, je crie de toute ma sincérité :
« Le peuple d’abord !»
Ce cri n’est donc pas pour moi un simple slogan, mais un authentique mot d’ordre de ralliement à ce qui sublime l’engagement politique : servir le souverain primaire dont on détient un mandat.
« Pour le Peuple d’abord », voici les trois piliers pour une croissance productrice d’emplois et protectrice de l’environnement.
Ces trois pistes constituent la meilleure solution pour vaincre la pauvreté. Elles sont, j’en suis convaincu, la clé de voûte pour résoudre nos problèmes politiques, économiques et sociaux.
INVESTIR DANS L’HOMME
Là où les autres pays, comparables au nôtre, réussissent le mieux-être de leurs populations, la RDC, quant à elle ne cesse de péricliter. Ce constat amer nous impose un examen minutieux et profond de notre situation.
En 2017, comme renseigné à l’annexe 1, la RDC affiche un Produit Intérieur Brut annuel par Habitant (PIB-H) de $ 458, accusant ainsi un retard paradoxal sur des nations qu’elle devançait en 1060 avec un indice de S220. Quel facteur justifierait-il cette faillite de notre pays ? Non.
Le cas d’un pays comme Haïti est édifiant. Après plus de deux siècles d’existence, ce pays affiche un PIB-H de $ 765 seulement en 2017. Alors que la République de Corée du Sud, qui affichait le même indice à la hauteur de $ 158 en 1960, a su, en seulement 50 ans, multiplier ce chiffre par 175 pour porter à $27.742.
Les ressources naturelles, manquent-elles à la RDC ? Loin s’en faut.
L’abondance ou le manque de ressources naturelles, ne semble pas non plus être un facteur déterminant dans la création de la richesse par les différentes nations.
Le Brésil et la RDC ont des atouts naturels similaires. En 1960, les 2 pays avaient un PIB-H quasiment égal.
Aujourd’hui, le citoyen Brésilien gagne en moyenne par an $ 458, juste un peu plus de deux fois son chiffre de 1960.
A l’évidence, le temps est le même pour tous les peuples et les ressources naturelles ne valent que par le travail de l’homme.
On note ainsi, que les pays se sont extirpés du sous-développement, en une ou deux générations, sont tous parvenus à leurs fins, ou sont en passe d’y parvenir, par la volonté de leurs élites dirigeantes respectives.
Leurs dirigeants, hommes et femmes, ont visé des objectifs mesurables clairs, ils ont donné aux populations les moyens de se rassembler autour de l’essentiel.
Transformer des faiblesses en atouts, mobiliser les forces vives du pays autour d’un dessein d’intérêt général, c’est le chemin suivi par toutes ces nations, devenues prospères.
Alors, pourquoi pas nous ?
En même temps, il nous faut constater que ce chemin, qui mène vers la richesse des nations, comporte aujourd’hui de nouveaux défis.
Depuis le 1er août dernier, l’humanité vit à crédit, sur le dos de la Terre, pour avoir épuisé les ressources de cette planète bleue. Ce dépassement écologique est un drame. Nous devons désormais penser notre avenir en termes de développement durable.
Il s’agit ici d’une notion qui situe désormais le développement soutenable à l’intersection entre l’économie, le social et l’écologie d’une part et, d’autre part, qui postule des solutions innovantes qu’il nous faut trouver et intégrer dans notre quête du bien-être.
De ce point de vue, l’élément liant autant que catalyseur entre ces trois impératifs est l’Homme. Je considère donc que le recours aux nouvelles technologies, qui requièrent la mobilisation des intelligences de tous les Congolais, est essentiel à l’aboutissement de l’ambition de ce Programme.
Capitaliser sur les expériences des nations qui ont réussi, là où la RDC végète et écrire notre propre histoire en y intégrant les exigences de notre temps, est la démarche que je vous propose pour rejoindre, tous unis, sur la prochaine décennie, l’élite mondiale constituée par ces peuples qui connaissent le progrès.
La RDC est restée inexplicablement en marge de ce mouvement de l’histoire, alors qu’elle dispose, en sus de ses nombreuses ressources naturelles, de cet atout essentiel au développement, en l’occurrence une population de 80 millions d’âmes.
Quatre-vingt millions de jeunes, de femmes et d’hommes qu’il faut nourrir, soigner et éduquer ? Quels défis dirait-on!
Je considère que nourrir, soigner et éduquer les Congolaises et les Congolais n’est pas uniquement que de la dépense. Bien plus, ces jeunes, ces femmes et ces hommes, une fois nourris, soignés et éduquer, deviendront la ressource principale, l’investissement de base de notre pays que je vais canaliser pour vaincre la Pauvreté. Cette population abondante cessera d’être le problème pour devenir la solution. Elle créera, elle produira, elle consommera ce qu’elle produira, et elle exportera ce qu’elle ne consommera pas.
Je vais mettre en place des politiques publiques adéquates pour assurer une redistribution équitable et inclusive de la richesse nationale ainsi produite, viendra couronner l’édification, comme d’autres bâtissent des cathédrales, de ce que le monde entier qualifiera d’un véritable « miracle congolais ».
La population congolaise est très largement jeune. Cette jeunesse fait montre d’une vitalité et d’une agressivité qui ne demandent qu’à être bien canalisées pour, couplées avec l’éducation et le travail, devenir le fer de lance de la création rapide de la richesse qui manque encore, paradoxalement, à la RDC.
Permettez-moi, à juste titre, une petite digression. Cette année, la coupe du Monde de Football s’est jouée en Russie. La RDC a été collectivement éliminée de la phase finale de ce tournoi. Pourtant, vous savez que nous avons été la première des nations africaines à se qualifier à un tel tournoi en 1974 !
Dites-moi pourquoi Isaac Kiesse, Deni Zakaria, Romelu Lukaku, Youri Tielmans, Presnel Kimpembe, Dedryck Boyata, Steve Mandanda, Vincent Kompany, Steven N’zonzi et autres Micky Batshuayi ont-ils été en Russie pour le compte de leurs secondes parties respectives ? N’est-ce pas que la RDC, leur terre d’origine, faute de leadership au sommet de l’Etat, a failli à leur offrir un encadrement adéquat ? Désormais, la nation congolaise peut tourner le dos aux six décennies de gâchis qu’elle vient de subir. Notre pays peut, comme l’ont fait d’autres, éradiquer la pauvreté. Il lui faut mettre le cap sur son émergence économique et sociale.
Réformes proposées
Nous allons inscrire l’Education et la Formation Continue parmi les priorités de la mandature.
Nous allons revaloriser les métiers de l’éducation de la petite enfance. Sans éducation, une jeunesse est une bombe sociale à retardement.
Nous allons imposer en pratique le principe selon lequel chaque jeune Congolais a le droit d’accéder et d’accomplir, à égalité de chances, les cycles de scolarité qui couvrent l’école maternelle, les degrés primaire et secondaire.
Nous allons, pour la refondation de notre système éducatif, organiser les états généraux de l’éducation, de la formation et de la recherche qui vont se consacrer sur la mission éducative, sur les questions de l’accessibilité et de la réussite, sur les matières relatives à la dynamique pédagogique, sur la situation de la formation professionnelle et technique, sur la formation continue et sur le financement.
Nous allons promouvoir un partenariat public-privé zen vue de créer un centre d’excellence du type « Silicon Valley », destiné à stimuler la Recherche et l’enseignement de nouvelles technologies, en collaboration avec des Universités congolaises et étrangères. Tout autant qu’à servir de catalyser à la création ainsi que l’implantation des PMI, nationales et internationales, de technologies.
Nous allons mettre en place une politique de santé pour tous.
Nous allons instaurer un système d’Assurance Malade Universelle. Toutes les branches d’activités pourront y souscrire. Des modalités particulières en la matière seront arrêtées en ce qui concerne respectivement les secteurs agricole, artisanal et de travailleurs indépendants.
Nous allons promouvoir une politique incitative pour encourager les jeunes Médecins, assistants médicaux, Infirmiers et autres personnel de santé à s’installer dans l’arrière-pays.
Nous allons soutenir l’organisation et la pratique des sports de compétition et de loisir.
ATTEINDRE UNE CROISSANCE D’EMPLOIS ET PROTECTRICE DE L’ENVIRONNEMENT
Nous proposons au peuple congolais un « Pacte de croissance ».
Le taux de croissance annuel moyen du PIB nominal (PIB-N) de 25%, tel que nous nous fixons, permet de réaliser sur la décennie $ 346,85 milliards avec à la clé, voir annexe 3, un PIB-H de $ 4.288, niveau optimal qui nous fait entrer dans la zone des pays émergents.
Pour assurer le coût de ce programme, nous mobiliserons une enveloppe budgétaire de $ 86,71 milliards soit 25% du PIB-H de la RDC, le faisant passer des $ .458 d’aujourd’hui ($ 1,25 par jour) à $ 4.288 dans 10 ans ($ 11,75 par jour).
Dès la Cinquième année, comme indiqué à l’annexe 3, la RDC pourra figurer au tableau des pays en voie de vaincre la pauvreté. En atteignant un PIB-H de $ 1.405, notre pays aura franchi le seuil pour figurer parmi les pays émergents de catégorie moyenne basse.
C’est la première étape décisive vers la réalisation de l’objectif ciblé, à savoir éradiquer la pauvreté au terme de la dixième année. En 2028, le PIB-H de la RDC se situera à hauteur de $ 4. 288, soit de $ 11,75 par jour.
Cette performance, requiert la maximisation des ressources publiques dont les recettes fiscales représentent la pierre angulaire pour le financement de l’économie.
Réformes proposées
Nous allons élaborer annuellement le Budget de l’Etat sur base d’un cadre macro-économique réaliste, maîtrisé et conforme à l’objectif principal de ce programme, qui est de vaincre la pauvreté.
Nous allons mettre en place, une politique budgétaire, qui permet à la fois de contenir les déficits publics et de réduire le renchérissement da la dette publique.
Nous allons, pour améliorer la transparence dans la gestion des ressources publiques et sécuriser les investisseurs, moderniser et rationaliser tous les codes existants. Il s’agit notamment de la passation des marchés publics, de l’organisation du travail et des marchés des assurances. Mais à la gestion des impôts, des douanes et à l’exploitation pétrolière, minière et forestière.
Nous allons conduire une politique rigoureuse des finances publiques en veillant à la qualité des dépenses publiques, pour lutter contre l’inflation, stabiliser les prix et le taux de change.
Nous allons reconquérir le marché intérieur, pour réduire la grave extraversion de notre économie plus que vulnérable aux perturbations de tous ordres.
Nous allons procéder à la redynamisation des Régies financières et à la revue de leurs contrats de performance.
Nous allons améliorer les mécanismes de contrôle fiscal, lutter contre la corruption et la fraude.
Nous allons revisiter les lois sur la réforme du Portefeuille de l’Etat, qui aboutira à la création d’une holding financière mixte dont la mission est de gérer les revenus qui proviennent de certains secteurs sanctuarisés dont le cobalt, le pétrole et les forêts.
Nous allons restructurer et réorganiser la Banque centrale pour opérer sa recapitalisation et mettre fin à son déficit chronique.
Nous allons mettre en place un « Plan Stratégique de Pôles de Développement Economique » pour la relance et la diversification de notre économie.
Nous allons repenser radicalement le secteur bancaire, du crédit et de l’épargne comme instrument stratégique pour le financement de l’économie.
Nous allons conduire une politique de promotion du commerce, de l’artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises(PME) ainsi que des Petites et Moyennes Industrie (PMI). A cet égard, nous utiliserons des mécanismes appropriés tels que les crédits et les dotations publiques, les incitations publiques, le financement participatif, la formation professionnelle continue et l’apprentissage, comme instrument d’incitation à la production et aux exportations.
Nous allons réécrire la loi sur le petit commerce.
Nous allons rénover le tissu entrepreneuriat de la RDC pour permettre l’émergence d’une classe moyenne.
Nous allons mener une politique vigoureuse de protection de la propriété intellectuelle et industrielle, ainsi que de la protection du consommateur.
Nous allons, dans le cadre du « nouveau Pacte pour l’Energie » projeté par la Banque Africaine de Développement (BAD), mettre un accent particulier sur le développement aussi bien de notre potentiel hydroélectrique que des énergies vertes et renouvelables.
Nous allons mettre en place un plan directeur d’industrialisation de la RDC, selon le prince des «industries industrialisantes» pour relancer l’industrie et diversifier sa nature.
Nous allons faire de l’agriculture le fer de lance de notre autosuffisance alimentaire et notre bouclier contre l’importation des produits de première nécessité.
Nous allons promouvoir le paysannat, pour améliorer les conditions de vie dans les mieux ruraux et ainsi mettre fin à l’exode rural et au prolétariat urbain.
Nous allons orienter la mission de la recherche agronomique vers une agriculture biologique en termes de création d’activités e d’emplois ainsi que de préservation de la qualité des soins, de la biodiversité, de l’air et de l’eau.
Nous allons jeter les bases de l’économie solidaire pour la promotion des coopératives agricoles et des écoles de production.
Nous allons mettre en œuvre une politique cohérente des investissements continus en infrastructures de base et communautaires. Il s’agit notamment, du transport et de communication, des routes, rails, des voies fluviales et lacustres, des ports et aéroports, de la téléphonie, des télécommunications.
Nous allons réhabiliter et moderniser les travaux de cantonnage manuel, pour l’entretien régulier des routes de desserte agricole et l’intégration du paysan à l’aventure du développement, tout en le maintenant dans son environnement communautaire.
Nous allons veiller aux équilibres des écosystèmes et la biodiversité, pour faire du Tourisme au bas d’une «feuille de route », une industrie qui contribue en recettes substantielles au budget de l’état.
Nous allons faire des agriculteurs les acteurs de la biodiversité.
Nous allons réinsérer la RDC dans les circuits commerciaux régionaux et internationaux.
BATIR UNE SOCIETE SOLIDAIRE
Les politiques mises en œuvre en RDC ont créé une fosse, entre les dirigeants politiques qui roulent pour eux-mêmes, et la société civile qui est laissée pour compte. Il ne faut pas chercher ailleurs la cause de l’échec récurrent rencontré par les Plans et autres Programmes supposés redresser la RDC.
C’est pourquoi je propose ici au peuple congolais un «Pacte social».
Avec lui, j’entends bâtir une société solidaire.
Il s’agit de rompre avec le passé, en plaçant l’homme et la femme au centre de l’économie et du social. Et, de la sorte, les Congolais deviendront, non seulement la ressource principale, le principal moteur du développement, mais aussi, les bénéficiaires du fruit de ce progrès dont ils sont les destinataires.
Réformes proposées
Nous allons construire les infrastructures sociales de base en assurer un entretien régulier, pour répondre aux besoins de la population.
Nous allons garantir le droit à la santé, la protection sociale pour tous et, d’une manière particulière, au bénéfice des plus démunis.
Nous allons assurer l’accès progressif de tous à l’eau potable, à l’électricité régulière et stable ainsi qu’à l’assainissement.
Nous allons subventionner les coûts d’accès à l’eau potable et à l’électricité pour les revenus modestes.
L’indisponibilité et le coût de l’énergie en RDC sont incompréhensibles au vu de ses potentialités. De surcroit, ceci a un impact négatif sur la santé et l’éducation.
Nous allons mettre en place une politique de l’habitat, qui fait du logement social son axe prioritaire.
Nous allons encourager la création des acteurs de la solidarité. Nous mettrons à leur disposition les moyens conséquents, pour lutter contre l’analphabétisation et l’illettrisme. Nous apporterons l’aide aux personnes vulnérables, pour faire de la solidarité un investissement.
Nous allons mettre en œuvre les politiques sociales, qui visent l’amélioration des conditions de vie des groupes sociaux en difficultés. Des actions seront menées en faveur des exclus, des marginaux et des personnes vulnérables.
Nous allons légiférer pour instaurer un «salaire universel», qui garantit un minimum de revenu à tous les travailleurs, dans toutes les catégories socioprofessionnelles.
Nous allons réécrire la loi sur la péréquation pour lutter contre les inégalités territoriales.
1. PIB-H 1960 et 2017 en USD courants - source Banque Mondiale
PAYS PIB-H 1960 PIB-H 2017 PERFOMANCE
RD CONGO 220 458 PIB-H X 2
BRESIL 210 9.821 PIB-H X 46
COREE DU SUD 158 27.742 PIB-H X 175
CHINE 89 8.827 PIB-H X 99
INDE 81 1.939 PIB-H X 24
HAITI - 765 -
RUSSIE - 10.743 -

2. RDC – PIB nominal en milliards d’USD courants – source Banque Mondiale
N ANNEES DEBUT PERIODE ACCROISSEMENT ANNUEL MOYEN 25% FIN PERIODE
00 2017-2018 - - 37,24
01 2018-2019 37,24 9,31 46,55
02 2019-2020 46,55 11,64 58,19
03 2020-2021 58,19 14,55 72,74
04 2021-2022 72,74 18,18 90,92
05 2022-2023 90,92 22,73 113,65
06 2023-2024 113,65 28,41 142,06
07 2024-2025 142,06 35,52 177,58
08 2025-2026 177,58 44,40 221,98
09 2026-2027 221,98 55,50 277,48
10 2027-2028 277,48 69,77 346,85

3. RDC – PIB nominal par habitant en USD courants – source Banque Mondiale
N ANNEES DEBUT PERIODE ACCROISSEMENT ANNUEL MOYEN 25% FIN PERIODE
00 2017-2018 - - 458
01 2018-2019 458 115 575
02 2019-2020 575 144 719
03 2020-2021 719 180 899
04 2021-2022 899 225 1.124
05 2022-2023 1.124 281 1.408
06 2023-2024 1.405 351 1.756
07 2024-2025 1.756 439 2.195
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