Il s’est ouvert le mardi 22 octobre 2019 à Kinshasa une grande Conférence internationale sur les solutions durables aux situations de déplacement en République Démocratique du Congo.

Ces assises sont organisées conjointement par la CICR, UNHCR, le Ministère de la Sécurité, Intérieur et Affaires coutumières, l’Union Africaine et la Ligue des Droits de l’Homme.

Le go officiel de ces assises a été donné par le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Sécurité, Intérieur et Affaires coutumières qui a salué l’initiative de la communauté internationale.
Pendant trois jours, soit du 22 au 24 octobre, les acteurs gouvernementaux, humanitaires et du développement, les experts du monde académique, les membres des organisations de la Société de Civile ainsi que les personnes déplacées (Victimes) se sont résolument engagés pour débattre sur les solutions durables aux situations de déplacement qui affecte à la fois les personnes déplacées, les réfugiés ainsi que les personnes à risque d’apatridie.

Pour le Chef adjoint de la Délégation du Comité International de la Croix-Rouge en RDC, cette conférence a pour objectif d’explorer ensemble les solutions que les autorités congolaises, les humanitaires et acteurs au développement ainsi que la société civile peuvent mettre en œuvre pour accueillir dignement et protéger les personnes forcées de se déplacer à l’intérieur de la RDC.
«Ce phénomène de déplacement à la suite des conflits armés qui bouleversent les quotidiens de milliers de personnes est un défi de taille. Il est question ici de proposer des pistes de solutions afin de protéger dignement les personnes déplacées à l’intérieur de la RDC ainsi que dans les milieux ruraux ou urbains et surtout essentiellement de mettre un terme au cycle récurent des déplacements qui continuent à augmenter dans la région des Grands Lacs», a souligné Abdi Mohamed Dirieh.

Toutefois, il a rappelé l’action que le CICR mène de longue date, pour lutter contre les conséquences de déplacement en interne à l’échelle mondiale dans le cadre de son mandat qui consiste à assister, à protéger la vie et la dignité des personnes touchées par les conflits armés et les autres situations de violence. Ces efforts, précise-t-il, visent principalement à pourvoir aux besoins spécifiques des personnes déplacées et à atténuer les effets néfastes de déplacement sur les communautés d’accueil et à fournir un soutien aux victimes.
Rappelons que ces assises de Kinshasa se déroulent au moment symbolique où l’Union Africaine célèbre l’adoption du 10ème anniversaire de la signature de la Convention de Kampala pour la protection, l’assistance aux déplacés internes et pour la solution durable aux déplacements forcés en Afrique.

Par ailleurs, le Chef adjoint de la Délégation de CICR soutient la mise en œuvre de la Convention de Kampala qui constitue un pas important dans la réaffirmation des droits des personnes déplacées en Afrique. Ainsi, il a exhorté également le gouvernement congolais de procéder rapidement au dépôt de l’instrument de ratification afin que RDC figure sur la liste des Etats faisant partie de la Convention de Kampala.
Cet instrument juridique ratifié par la RDC en 2014, renseigne-t-on, détaille bien les obligations des Etats, des groupes armées étatiques et non étatiques ainsi que des organisations internationales en terme de prévention et protection des personnes déplacées sur les normes d’assistance humanitaires.

Cap vers une feuille de route pour les solutions durables
De son côté, le Représentant du Haut Conseil des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) en RDC a aussi appelé les participants à identifier les approches qui favorisent les solutions afin d’améliorer la situation des déplacées en tenant compte de leur moyen et du rôle de chaque organisation présente à ces assises. Surtout une approche plus prévisible face aux situations de déplacement y compris pour les nouveaux déplacements.
«Nous sommes tous ici pour trouver des solutions pragmatiques aux problèmes des déplacés en RDC et les pays voisins. Les solutions durables ne se limitent pas au rapatriement, à l’intégration locale ou à la réinstallation vers un pays tiers ou une autre région mais du renforcement de la capacité de se prendre en charge afin de commencer une nouvelle vie affranchie de violence des droits de l’homme et de la pauvreté chronique. Il s’agit de dignité humaine», a-t-il déclaré.

Selon les dernières statistiques de l’ONU, il y a 6.3 millions de réfugiés et 17.7 millions de personnes déplacées internes, en Afrique. La situation de déplacement dans la région des Grand lacs représente un cas très préoccupant. La RDC, en particulier, a connu l’une des plus longues périodes de déplacement du monde. Actuellement, elle accueille environs 539. 000 réfugiés des pays voisins en RDC et environs 886. 000 réfugiés congolais dans les pays voisins.

Jordache Diala

 


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