‘’Il est regrettable de constater qu’après quatre ans de la ratification de la convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, des programmes importants de développement du pays comme la stratégie de développement durable et de croissance inclusive (SDDS) RDC 2035, le plan d’action prioritaire du Gouvernement 2017-2021, la stratégie nationale de finance inclusive, ne mentionnent même pas les personnes handicapées’’, a souligné hier, jeudi 3 octobre 2019, Me Pindu Patrick, Directeur Exécutif du Forum des défenseurs et organisations des personnes handicapées en Afrique Centrale et dans les Grands Lacs (FOPHAC).

Cette révélation a été faire lors de la session d’évaluation de la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées.

Nonobstant certaines avancées, Me Pindu a souligné qu’il remarque la persistance de la discrimination, des inégalités mais, aussi, la difficulté pour les personnes handicapées de recourir aux services des juridictions en raison, entre autres, de l’inaccessibilité physique des infrastructures, de l’exercice de certaines dispositions discriminatoire dans la législation, de l’insuffisance de soutiens aux personnes handicapées pour exercer ces recours et de la faiblesse des actions de sensibilisation par l’Etat. Et, d’ajouter que malgré sa révision en 2013, l’ordonnance portant sur les règles minima de protection sociale des personnes handicapées, comporte beaucoup de contradiction et d’insuffisances avec la convention des Nations Unies notamment, en ce qui concerne la définition de la personne handicapée, le vide juridique sur la personnalité juridique des personnes handicapées.

A titre illustratif, en République démocratique du Congo, il n’y a aucun interprète professionnel en langue de signes pour l’assistance des personnes sourdes ou malentendantes.
‘’Relativement aux obligations contenues dans la convention des Nations Unies, malgré l’engagement réaffirmé du Gouvernement congolais, la législation nationale, les plans et politiques nationaux ne garantissent pas encore aux personnes handicapées, les conditions de plein exercice de tous les droits de l’homme de toutes les personnes handicapées’’ a révélé Me Pindu.

Pour ce faire, Me Pindu martèle que la RDC doit encore fournir beaucoup d’efforts pour l’application de la Convention des Nations Unies aux droits des personnes handicapées. Car, indique-t-il, les PVH sont vraiment dans les oubliettes. Pour preuve, seulement 16,8% de l’application de la CDPH. Pour le FOPHAC, l’engagement de la RDC doit se traduire concrètement par la prise de mesures d’égalisation des chances en faveur des PHV dans le domaine de l’emploi, de l’éducation et de la protection sociale, en instituant le quota, entre autres, dans les recrutements, de la systématisation de l’octroi des bourses d’études, de la révision de l’âge d’inscription des enfants à l’école et la mise en place du fonds de soutien.

Il sied de souligner que cette évaluation a été faite dans le cadre des missions assignées par le Fophac. Notamment, de surveiller les politiques publiques des Gouvernements des pays de l’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs sur l’application de la Convention des Nations Unies aux droits des personnes handicapées. Après le Congo-Brazza, le Gabon et le Cameroun, il était question d’évaluer la République démocratique du Congo sur le respect des droits des personnes handicapés. Car, c’est depuis 2015 que la RDC a ratifié cette convention.

Face à Gentiny Ngobila
A cette occasion, Me Pindu a, au nom de la Fédération des associations des personnes vivant avec handicap du Congo (FENAPHACO), fustigé la décision du Gouverneur de la Ville-Province Kinshasa, interdisant la circulation des personnes handicapées dans certaines artères de la commune de la Gombe. Pour lui, la décision de Gentiny Ngobila enfreint la libre circulation des personnes et certains instruments juridiques des droits humains sur les plans national et international que la RDC a signés.
‘’ Si la décision a été prise par rapport à certaines personnes handicapées qui quémandent abusivement, c’est la faute au Gouvernement qui n’a pas une bonne politique d’encadrement des personnes handicapées. Par contre, avant de prendre cette décision, le Gouverneur devrait échanger avec les responsables des ONG des personnes handicapées pour trouver des solutions plausibles’’, a souligné Me Pindu Patrick.

Jules Ntambwe


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