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Ni équivoque, ni détour et moins encore ambiguïté n’a régenté le discours tenu lundi 10 décembre, à Oslo, capitale de la Norvège, par le Docteur Dénis Mukwege à l’occasion de la remise du Prix Nobel de la Paix qu’il a reçu de concert avec l’irakienne Nadia Murad.

Obstétricien et Gynécologue congolais, Mukwege a, devant plusieurs personnalités internationales, décrié la nonchalance de la Communauté internationale qui, jusqu’à ce jour, ne prend pas des décisions d’autorité pour juguler les conflits, les violences, les crimes,…dont est victime, depuis plus de vingt ans, la population congolaise, dûment celle du Grand-Kivu et du Grand-Kasaï. « Depuis plusieurs années, le peuple congolais est massacré et mutilé au vu et au su de la Communauté internationale. Il n’y a pas des crimes sans justice… », a-t-il déclaré.


Le Dr Mukwege ne nie pas les efforts que fournissent les organisations internationales notamment, les Nations Unies qui, depuis plus de dix ans, concourt, à peu prou, au maintien de la paix et de la sécurité en RD. Congo. Cependant, celui-ci, qui s’est illustré dans la thérapie des femmes et enfants victimes des violences sexuelles regrettent que les moyens nécessaires ne soient toujours pas, d’une façon holistique, mis en musique afin d’asphyxier, directement, cette spirale des violences qui ne cesse de ronger le Grand Congo, d’autant que les tragédies continuent. Car, loin des drames qui, au cours de l’année 2017, ont sombré le Grand Kasaï dans le chaos, des massacres se perpètrent encore à l’Est du pays notamment, à Beni où des populations sont tuées à coup des machettes, des centaines des femmes sont victimes des violences sexuelles chaque mois, etc. Ainsi, a-t-il estimé qu’il faut que la loi soit dite adéquatement afin d’arrêter tout belligérant qui favorise les crimes dans le pays. Le réparateur des femmes, comme il est chaleureusement qualifié, en appelle, par ricochet, à l’Onu de prendre en considération le rapport qui est sur sa table depuis un long moment. Ce rapport, a-t-il précisé, recense minutieusement, le grand nombre des crimes qui sont commises en RDC ainsi que leurs corollaires.
Etat complice
Dans son discours, Dénis Mukwege a sous-tendu que tous ces forfaits, qu’il stigmatise depuis les années 90, s’exécutent avec l’assentiment même des autorités de la République qui ne regardent que leurs propres intérêts. «Mon pays est systématiquement pillé avec la complexité des gens qui prétendent être nos dirigeants. Nous sommes abandonnés alors que les ressources de nos minerais vont dans des comptes opaques [au profit de nos autorités]. De facto, il a soutenu que, du génocide de plusieurs millions des congolais jusqu’aujourd’hui avec des crimes à Beni, tout ce qui se passe en RD. Congo prouve à suffisance qu’il y a absence d’un Etat des droits. Car, a-t-il poursuivi, il n’y pas de sécurité, pas de justice moins encore de liberté.
Appel
«Partout au monde, ayons le courage de dénoncer ceux qui commettent les crimes. Fermer les yeux devant les drames, c’est être complices…Chers compatriotes congolais, ayons le courage de prendre les choses en main », a-t-il dit. Pour ce combattant, il faut, à tout prix, tracer une ligne rouge en vue de mettre hors d’état de nuire tous les détracteurs et gens sans foi, ni loi. Ce, afin de gagner la paix durable. Cette dernière qui, à l’en croire, passe par la tenue des élections crédibles, transparentes et démocratiques. « Bâtissons un Etat de droit où toutes les actions sont centrées sur l'être humain ».
Tout en dédiant son Prix Nobel à toutes les femmes martyrisées dans le monde, le Dr Mukwege appelle à la création d'un fonds d'aide à ces victimes des violences sexuelles dans les conflits armés.

Corneille Lubaki


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