La commission permanente Aménagement du Territoire, environnement et développement de l’Assemblée Provinciale de Kinshasa, en collaboration avec le réseau Wash RDC, a organisé le vendredi 9 août dernier dans la salle de l’hôtel de ville de Kinshasa, une matinée citoyenne axée sur le thème : ‘‘la gestion participative des déchets ménagers dans la ville de Kinshasa’’.

A cette occasion, le président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Godé Mpoyi, en tant qu’un des panelistes, a indiqué que l’assainissement de la ville est possible, mais il faut des moyens des conséquents. D’où, se référant à certains calculs et statistiques bien établis, a-t-il précisé, Kinshasa devra débourser, par an, environ 144 millions de dollars américains pour la salubrité.

Cette matinée avait pour objectif global de favoriser une implication de toutes les parties prenantes dans la recherche des solutions adaptées pour une gestion durable des déchets ménagers dans la ville de Kinshasa. Comme objectif spécifique, mettre, primo, en place un cadre de concertation permanente et de monitoring avec toutes les parties prenantes ; secundo, de définir les rôles et les responsabilités de chaque acteur impliqué et, tertio, identifier les bonnes pratiques et la possibilité de les dupliquer à travers la ville.

Dans son mot d’ouverture, le président de la commission permanente aménagement du territoire, environnement et développement durable de l’Assemblée Provinciale de Kinshasa, Joseph Mbo Kazala, a souligné que cette matinée est une première de cette 2ème législature de la 3ème République de l’APK.
Steve Matenda, coordonnateur du réseau Wash et directeur général de l’Eco-environnement, croit dur comme fer que ladite journée marque un tournant décisif dans la collaboration fructueuse avec l’organe délibérant de Kinshasa, à travers sa commission aménagement. Il a précisé que Wash RDC est une plateforme composée des scientifiques, des universités nationales et étrangères, des experts de l’environnement et du développement durable, des ONG locales spécialisées, avec pour mission de renforcer la participation des acteurs dans la protection de l’environnement.

Des exposés
Au total, 4 intervenants ont planché sur un sous-thème bien défini au regard du thème de la journée. Parmi eux, Godé Mpoyi Kadima, président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa a tourné son panel sous le sous-thème : «la vision et les objectifs poursuivis par l’Assemblée Provinciale de Kinshasa pour la maîtrise de la problématique des déchets ménagers à Kinshasa».

Economiste chevronné, ayant une vision claire sur la problématique des déchets de la ville de Kinshasa, Godefroid Mpoyi a laissé comprendre que la notion de l’assainissement doit être prise de façon globale. Car, il faut améliorer le capital humain sans lequel il n’y aura pas de développement possible. Il a insisté sur l’obligation d’une mobilisation accrue des recettes en luttant contre les antivaleurs, la corruption, le détournement des fonds. Outre l’assainissement primaire, il faut continuer la lutte anti-vectorielle, le reboisement et l’embellissement. Pour cela, il a estimé qu’il faudra un montant de 144 millions par an, soit de 12 millions par mois, pour l’assainissement de la ville de Kinshasa. D’autant que le traitement d’une tonne de déchets coûte 30 dollars, alors que la ville de Kinshasa produit par mois près de 270.000 tonnes. Ce qui exige plus de 7 millions de dollars pour l’évacuation. Pour l’assainissement de Kinshasa, il a proposé que le Salongo soit obligatoire dans tous les coins et recoins de la ville afin que la capitale congolaise retrouve ses valeurs et ses vertus d’antan.

Pour sa part, le ministre provincial de l’environnement, tourisme et aménagement de la ville de Kinshasa et ancien bourgmestre de la commune de Kintambo, Didier Tenge Litho a axé son speech sur « l’état des lieux de l’assainissement de la ville de Kinshasa : force-faiblesse-opportunité-menace pour la RDC ». S’appuyant aussi sur l’idée de restaurer le Salongo, Didier Tenge Litho a donné des chiffres précis pour l’assainissement. La population a des droits mais également des devoirs, dit-il. Son devoir est de nettoyer et d’assainir. Pour lui, les causes profondes de l’insalubrité découlent de l’inconscience et à l’incivisme de la population, à l’insuffisance des moyens d’évacuation et de stockage des immondices. Cet ancien bourgmestre s’est appuyé, dans son analyse stratégique, sur les forces afin de corriger tant soit peu les faiblesses. Plus loin, il a rajouté une problématique, celle de l’assainissement sonore. Il s’est engagé de faire appliquer la loi en imposant des amandes, des taxes en cas de nécessité.

Le chef des travaux Alfa Weya Mazikene de l’UNIKIN, dans son speech, sur la « valorisation des déchets ménagers solides : opportunités et appui à la réhabilitation d’infrastructures de la voirie et au bien-être humain», a présenté des moyens pratiques pour transformer différents types de déchets biodégradables en compost.

Dorcas Nzumea

 


Les plus lus

  • Semaine

  • Mois

  • Tout