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La meilleure façon de construire son destin transite, forcément, par la façon dont l’homme tisse sa toile d’araignée. De Genève à Nairobi, l’eau aura coulé abondamment sous le pont.

Si de l’autre côté, il était question de s’adjuger l’aura d’un groupe de sept leaders pour se battre contre la machine à voter et, à la limite, recourir aux voies inconstitutionnelles pour s’emparer des arcanes du pouvoir d’Etat, à Nairobi, cependant, la cession totale ou partielle, même sur papier, des prérogatives régaliennes reconnues au Garant de la Nation à Kamerhe, fait frémir. Et, pourtant, les prescrits de la Constitution sur les fonctions présidentielles, quelle que soit la promesse d’un homme contre mauvaise forfaiture, demeurent inaliénables. A moins qu’aussitôt élu, que Félix Tshisekedi puisse commencer par initier une nouvelle révision de la Constitution…


Impéritie, manipulation ou ruse ?


L’incertitude est encore une fois de plus au rendez-vous. Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, fils du célèbre opposant Etienne Tshisekedi wa Mulumba jouerait-il à la ruse pour d’abord conquérir le pouvoir et ensuite, tourner le dos à son grand allié du moment, Vital Kamerhe ou serait-il réellement loin de cerner les contours des pré-requis du pouvoir ?
Revenu à Kinshasa ce mardi 27 novembre 2018, la naissance du nouveau fils UNC-UDPS appelé : ‘’Union fait la Force’’ a été consacrée à l’aune d’une vaste procession dont la marche de près de cinq heures, depuis l’aéroport de N’djili jusqu’à Limete, n’aura été qu’un début de démonstration de force.
Mais, comment ce tout nouveau deal conclu à Nairobi va-t-il se réaliser, dès lors que des langues se délient pour décrier, de façon ahurissante, le tripatouillage des prérogatives régaliennes reconnues à tout Président de la République ?
A l’analyse, à la moindre lecture de la loi des lois, juste à partir de la première section du pouvoir exécutif, plus précisément au paragraphe premier de l’article 69 jusqu’au contenu de l’article 89 de la Constitution du 18 février 2006, telle que promulguée et modifiée à ce jour, Félix Tshisekedi, ne serait-ce que par précaution, aurait dû ne pas concéder, même sur papier, à son alter ego Vital, l’homme avec qui, ils ont craché sur les visages de leurs colistiers de Genève, des prérogatives relevant, du reste, de fonctions reconnues à tout Garant de la Nation, quel qu’il soit.
Après tout, doit-on considérer ainsi qu’au lendemain de son éventuelle victoire, lors des élections du 23 décembre prochain, Félix Tshisekedi, pour se conformer à son deal avec Kamerhe, pourrait immédiatement envisager la possibilité d’initier une nouvelle révision constitutionnelle pour se dépouiller, lui-même, et modifier des dispositions constitutionnelles au contenu barbelé ?


A vau-l’eau


Fatshi, le fils propre au sphinx de Limete, lider maximo est, une fois de plus, à la croisée des chemins. La gestion de l’héritage politique d’Etienne Tshisekedi est un pari risqué. Aujourd’hui plus qu’hier, il fait flèche de tout bois.
Après Genève à Nairobi, il aura encore à faire pour convaincre, alors que la campagne électorale a déjà commencé, en même temps que la date du 23 décembre 2018 avance à grand pas. Entre l’ascension et le déclin d’une vision, il devra mettre son tout nouveau cap sur les enjeux tout en évitant, au maximum, tous les dangers. Car, à ce jour, sa trajectoire est encore jonchée de nouvelles peaux de banane. Comment à en sortir, si ce n’est que par une nouvelle décision de renonciation à sa propre signature ? Sinon, il y va vau-l’eau vers la Présidentielle 2018 dont le spectre, pourtant, éhonté de la contestation monte chaque jour en raison de plusieurs préalables majeurs non rencontrés en amont.


LPM

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