Les Notables de la communauté BANYAMULENGE lancent un cri d’alarme aux autorités congolaises dont le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, au sujet de la situation qui prévaut présentement dans les Hauts Plateaux d’Itombwe, Uvira et FIZI.

Il y règne, ont-ils écrit dans une adresse à l’opinion nationale et internationale, une guerre qui ne dit pas son nom. « Des villages entiers sont brûlés, des personnes sont tuées et du bétail emporté par une coalition de forces négatives locales et étrangères, laissant la population rescapée à son triste sort », soulignent-ils dans cette missive dont une copie a été interceptée par votre journal. Ainsi, recommandent-ils entre autres au Gouvernement congolais : que les forces de l’ordre soient envoyées rapidement, dans cette partie du territoire national, pour pacifier la région et neutraliser toutes les forces négatives nationales et étrangères qui sèment la terreur au sein de la population ; qu’une assistance soit disponibilisée dans l’immédiat pour venir au secours à toutes ces populations abandonnées à elles-mêmes… Et à la population, d’éviter tout règlement de compte qui pourrait compromettre la cohabitation pacifique entre toutes les tribus qui ont toujours vécu en harmonie ; collaborer, et faciliter toutes les forces impliquées pour la recherche de la paix ; se désolidariser d’avec toutes les forces négatives nationales et étrangères qui divisent, sèment la terreur dans la région et sont à la base de ces malheurs répétitifs. Parcourez, ci-dessous, cette déclaration rendue publique, le 12 mai dernier.
DECLARATION DE LA COMMUNAUTE BANYAMULENGE
Nous, membres de la Communauté Banyamulenge, venons informer la communauté nationale et internationale de la situation qui prévaut présentement dans les Hauts Plateaux d’Itombwe, Uvira et Fizi. Il y règne une guerre qui ne dit pas son nom. Des villages entiers sont brûlés, des personnes sont tuées et du bétail emporté par une coalition de forces négatives locales et étrangères, laissant la population rescapée à son triste sort.
En effet, depuis des années, des bandes armées en provenance de la République du Burundi et du Rwanda, se sont infiltrées sur notre territoire national et se sont repliées sur les Hauts Plateaux, pour y constituer une base avec l’intention de s’y organiser et déstabiliser leurs pays respectifs. Petit à petit, elles ont tissé des relations avec les milices locales connues sous le nom de Maimai et ont commencé des expéditions dans les villages des environs, soit pour un ravitaillement, soit pour élargir leur zone d’influence, occasionnant ainsi des pertes des biens et vies humaines.
Cette insécurité a été à la base de l’exode rural occasionnant ainsi des mouvements des populations vers les centres- villes au point que la plupart de villages se sont vidés de leurs résidents.
Nous, notables de la Région, nous n’avons cessé d’alerter les institutions étatiques, à tous les échelons, pour que des mesures d’envergures soient prises avant que le pire n’arrive. En 2016, lorsque les premiers affrontements ont eu lieu dans le Groupement de Bijombo (en territoire d’Uvira), une délégation officielle du gouvernement provincial du Sud-Kivu, à laquelle étaient associés certains des nôtres est arrivée sur le lieu et elle a constaté une désolation indescriptible : des villages entiers brûlés, des personnes tuées et des déplacés sans nombre abandonnés à leur triste sort, sans aucune assistance, issues de toutes les tribus confondues. Elle a fait des promesses d’assistance et de sécurité dans la contrée pour enrayer une fois pour toute cette insécurité. Ce rapport, bien que porté aux Hautes instances du pays, n’a pas été suivi d’actions à la hauteur des enjeux. L’assistance promise par le Gouvernement n’est jamais arrivée jusqu’ici.
Nous, ressortissants de ces Hauts Plateaux, nous n’avons cessé de lancer un cri d’alarme auprès de hautes instances du Pays, pour que des dispositions sécuritaires soient prises afin de pacifier la région. C’est vers la fin de l’an 2018, que le commandement de la zone de défense a planifié des opérations dans les Hauts Plateaux pour endiguer ce fléau des forces négatives qui déciment la région. Malheureusement, ces opérations, bien que salutaires pour les populations locales et le pays dans son ensemble, se sont arrêtées à mi-chemin, pour des raisons inconnues. Cet arrêt, a permis à cette coalition maimai- forces étrangères, qui était déjà en débandade, de se reconstituer et de reprendre les attaques dans les villages. A titre illustratif, pour la semaine du 6 au 12 mai seulement, au moins 30 villages ont été brûlés. Il s’agit des villages de Ngoma, Kamombo, Kitasha1 et Kitasha 2, Kabara 1 et 2, Linjanja , Kanogo, Nyagisozi, Gishigo, Mutenja, Mikalati, Ndahangwa, Mizinga, Kimanga, Kuwim, Bogo, Sangnya, Nyarusanze, Binyenge, Kanihura, Katanda, Kipupu, Luhemba… Aujourd’hui, les déplacés, toutes les tribus confondues, dans cette situation de sauve qui peut, sont en débandade, certains en brousse, d’autres ont trouvé refuge dans les villages lointains abandonnant tous leurs biens aux mains des assaillants. La Situation est donc très grave et interpelle chaque conscience éprise de paix.
Voilà pourquoi, nous lançons un cri d’alarme et demandons c e qui suit :
1. Au Gouvernement
- Que les forces de l’ordre y soient envoyées rapidement pour pacifier la région et neutraliser toutes les forces négatives nationales et étrangères qui sèment la terreur au sein de la population.
- Qu’une assistance soit disponibilisée dans l’immédiat pour venir en aide à toutes ces populations abandonnées à elles mêmes ;
- Qu’une délégation du Gouvernement descende sur le lieu pour palper du doigt l’ampleur des dégâts occasionnés par ces attaques échanger avec la population afin de proposer des solutions idoines ;
- Que les forces d’ordre y soit cantonnées de façon permanente afin de sécuriser la population et éviter qu’à l’avenir, cette situation se répète ;
- Que les organisations humaines soient mises à contribution pour apporter leur secours.
2. A la Population locale
- Eviter tout règlement de compte qui pourrait compromettre la cohabitation pacifique entre toutes les tribus qui ont toujours vécu en harmonie ;
- Collaborer, et faciliter toutes les forces impliquées pour la recherche de paix ;
- Se désolidariser de toutes les forces négatives nationales et étrangères qui divisent, sèment la terreur dans la région et sont à la base de ces malheurs répétitifs.
Fait à Kinshasa, ce 12 mai 2019
Pour la Communauté Banyamulenge de Kinshasa,
Charles Mukiza Muhima
Pdt

 

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