Plusieurs jeunes gens aujourd’hui partent vers l’étranger dans des conditions précaires, au risque de leurs vies.

Nombre sont ces jeunes qui sont désespérés, ne sachant par où commencer pour se prendre en charge, tant ils sont noyés dans la pauvreté la plus noire. D’où, recourent-ils à la solution qu’ils estiment la plus plausible, pour se retrouver alors en dehors de leur pays d’origine, par voie d’immigration. Consciente de cette situation imminente que vivent ces jeunes pour la majorité désœuvrés et démunis, l’ASBL «Jeunesse éclairée», parrainée par Clément Kanku et présidée par Arnold Kamuanga a organisé un forum de sensibilisation, du mardi 6 au mercredi 7 août dernier, à Kinshasa. Ces assisses ont eu pour objectif principal d’interpeller les jeunes et leur présenter les dangers et les conséquences qui émanent de l’immigration illégale.

Soutenue par un documentaire, cette conférence-débat a montré, image à l’appui, comment les immigrés voyagent dans la précarité la plus criante. La salle de conférences Show Buzz a servi de cadre pour accueillir cette activité de haute facture. Plusieurs personnalités de marque étaient présentes, en l’occurrence le Professeur Toussaint Tshilombo, Ministre honoraire de la Communication, le représentant du Ministre des congolais de l’étranger, M. Donatien Bizi, le Directeur Chef de Service M. Théo Wambenga et M. Tabaza Kodjo, représentant de l’Interpol, structure qui s’occupe de lutter contre toute forme de criminalité liée à l’immigration clandestine.

Après avoir suivi les images atroces et révoltantes, présentant les jeunes immigrés congolais vivant des brimades et des maltraitances de toutes formes, les 4 intervenants se sont relayés pour livrer leurs connaissances sur cette question, dans le souci d'interpeller la jeunesse congolaise qui pense que le bonheur se trouve plutôt ailleurs que chez soi, principalement en Europe et en Amérique.

Dans son mot, le Professeur Toussaint Tshilombo a rappelé que ‘’plusieurs congolais qui étaient sortis du pays sont revenus et sont aujourd’hui des hautes personnalités. On peut réussir chez soi, si on est discipliné et organisé, si on sait ce que l’on veut dans la vie. La pauvreté est partout‘’.
Pour sa part, M. Théo Wambenga a averti la jeunesse sur les agences de voyages pour les immigrants qui sont, pour la plupart, des réseaux des criminels, qui présentent aux jeunes des opportunités qu’ils peuvent saisir une fois dans leurs pays d’asile. Pourtant, et l’Interpol le sait si bien, ces réseaux qui sont notamment au Liban, en Libye et dans la plupart des pays du Moyen-Orient, recrutent des personnes à qui ils donnent de l’argent pour leur trouver des filles, qu’ils utilisent ensuite pour des objets de plaisir.

La sensibilisation en urgence
Quant au représentant du Ministre des congolais de l’étranger, M. Donatien Bizi, il s’est appesanti sur le rôle que joue sa structure dans la protection des congolais vivant à l’étranger et a rassuré l’assistance que des mesures plus fermes sont en train d’être mis en place pour renforcer la défense et l’appui de ces immigrés congolais. Plusieurs intervenants ayant participés à ce forum n’ont cessé d’interpeller les gouvernants, sollicitant leur contribution dans la lutte contre ce fléau qui gagne fortement le terrain à cause de la pauvreté qui sévit dans le pays.
M. Tabaza Kodjo, quant à lui, a certifié qu’il y a des réseaux de Traite et Trafic des immigrés. ‘’On y travaille encore dans la sensibilisation, mais au niveau de la répression, rien n'est encore fait. Nous devons mutualiser les efforts pour lutter contre ces cruautés et criminalité. Des Conventions internationales doivent être ratifiées au niveau du pays. Nous devons faire le lobbying pour que la loi en la matière soit ratifiée‘’, a-t-il soutenu.

Fort de tous les dangers que causent ces voyages clandestins, surtout à la jeunesse qui a peur de l’avenir, il était question pour l’ASBL «Jeunesse Eclairée» d’appeler leurs camarades qui s’adonnent à cette aventure à haut risque de favoriser plutôt l’immigration légale, au besoin, de se forger ici au pays, où ils ne peuvent qu’être plus à l’aise que partout ailleurs.

Grâce Kabedi