*FCC et CACH viennent de mettre une sourdine à leurs envolées verbales, le temps de la reprise des pourparlers sur le « partage » dans la direction des entreprises publiques. Des négociations sur fond d’une trêve politique qui privilégie, plutôt, une issue concertée à tout différend qui surviendrait au sein de la coalition.


C’est le Secrétaire général de l’UDPS qui confirme cette information. Selon Augustin Kabuya, le comité de suivi de l’Accord FCC-CACH a repris ses pourparlers depuis le début de la semaine. Toutes les questions y sont abordées, sans tabou. Parmi les matières qui fâchent, il relève que la la controverse autour des sauts-de-mouton, le détournement présumé de 200 millions de dollars à la Gécamines mais surtout, le partage des responsabilités dans les entreprises du portefeuille de l’Etat, sont au menu de ces échanges.
Sans préjuger des critères déterminants dans le choix des futurs mandataires publics, tels qu’arrêtés par les alliés de la coalition au pouvoir et gardés secrets, il est presque acquis que « le poids politique » des partenaires sera pris en compte, sur le même modèle qui avait prévalu lors de la formation de l’équipe gouvernementale qui a vu le FCC, fort de plus de ses 300 Députés à la Chambre basse et 90 sénateurs, rafler plus de 60 % de portefeuilles dont des secteurs régaliens (Finances, Défense, Justice…).

Entreprises publiques moribondes
Des négociations battent donc leur plein en vue d’un partage dans la direction des entreprises publiques et qui ne devraient pas fâcher l’une ou l’autre des deux parties. Mais, une question de taille se pose : de quelles entreprises parle-t-on ?
Sur la cinquantaine des sociétés d’Etat, moins d’un quart sont en mesure de prétendre à un fonctionnement acceptable. Celles-ci survivent cahin-caha, grâce à un outil de travail hors normes et d’un autre âge. Toutes sont moribondes, si elles ne sont pas dans un coma profond depuis de nombreuses années. En un mot comme en cent, ce sont des « canards boiteux». Plusieurs méritent que le gouvernement, sans fausse honte, engage le processus de leur liquidation à l’exemple des Lignes aériennes congolaises (LAC).

Parmi les entreprises qui font l’objet de tractations féroces figurent naturellement, la Gécamines et sa multitude de joint-ventures aux contours indiscernables. La Régie des Voies aériennes tire également son épingle du jeu avec ses 52 aéroports et aérodromes, l’assistance au sol et ses fameux go-pass et ses droits de survol ; la Régideso et la SNEL, quoique fortement déficitaires du fait de la lourde facture des services publics, n’en font pas moins saliver.
En revanche, personne ne voudra que lui soient refilées des patates chaudes type ex-Onatra où les agents accusent près de 2 ans d’arriérés des salaires et qui, régulièrement, font des funérailles symboliques de leur PDG, ou la SCPT (ex-OCPT) dépouillée de ses sources des recettes par le ministère de tutelle.

Services publics « juteux »
On n’en parle pas, mais il n’est pas un secret que les pourparlers FCC-CACH tournent également autour du partage des régies financières et autres services générateurs des recettes.
La Direction générale des Douanes et accises (DGDA), la Direction générale des Impôts (DGI) et la Direction générale des recettes administratives, domaniales, judiciaires et de participation (DGRAD) seront au centre des tractations.
Quel que soit l’aboutissement de la démarche de « partage », le constat reste le même : la technicité des directeurs généraux des entreprises de l’Etat n’est pas nécessairement requise. En revanche, aujourd’hui comme hier, elles seront dirigées par des politiques choisis hors du cercle des technocrates reconnus.

Pour le CACH, il s’agit de « récupérer » et de « placer » tous ses combattants d’ici et d’ailleurs restés en rade du gouvernement. Au FCC, la conservation des acquis de l’exercice du pouvoir brusquement arrêté en décembre 2018 reste impérative. Ses candidats recalés par Félix Tshisekedi qui leur fermait la porte du gouvernement pourraient bien envahir cette fois-ci, les entreprises publiques au nom d’une expertise dont ils sont les seuls à détenir le secret des réalisations.

La Pros.

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