La gestion orthodoxe des Finances publiques instaurée par le Gouvernement Ilunga Ilunkamba depuis son investiture à la Chambre basse du parlement énerve des politiciens habitués à saigner à blanc le trésor public. Et, la tête de l’artisan de cette orthodoxie, qui n’est autre le Ministre des Finances, Sele Yalaghuli, est mise à prix. Nombreux sont ceux qui ne jurent plus que par son départ de l’Exécutif national.


Dans cette cabale contre l’argentier national, des stratagèmes ne manquent pas du tout. Des syndicalistes et agents du Ministère des Finances seraient instrumentalisés pour battre le macadam devant l’immeuble vitré abritant le cabinet du Ministre des Finances dans le but de ternir l’image de ce technocrate, en brandissant des dossiers dont il n’est pas responsable. C’est ainsi que toutes les revendications sur les salaires et primes sont désormais orientées vers un seul membre du Gouvernement, Sele Yalaghuli, accusé à tort de bloquer tous les paiements et ce, même pour les dossiers datant d’avant l’avènement de l’actuel Gouvernement Ilunga Ilunkamba. C'est le cas notamment, des syndicalistes de la Regideso et de la SCTP (ex-Onatra) qui, pourtant, sont des sociétés publiques commerciales dotées d’une autonomie financière ; des agents de la CENI, les balayeurs des rues de Kinshasa qui, bien que gérés par l’Hôtel de ville de Kinshasa, revendiquent à tue-tête devant le cabinet du Ministre des Finances proférant des injures à ce digne fils du pays dont le seul péché commis n’aura été que le fait d’appartenir à la famille politique du FCC, de faire preuve de détermination dans la gestion des finances publiques avec discipline et d’observer les engagements pris vis-à-vis du FMI, salutaires pour la réussite du mandat du Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi Tshilombo.

Nouvelle accusation
Bien plus, une nouvelle accusation a été portée contre Sele Yalaghuli par Vital Kamerhe, ci-devant Directeur de cabinet du Président de la République, le 24 janvier 2020 sur les ondes de RFI, condamnant l’argentier national d’être responsable du marasme économique observée pour avoir « interdit » aux banques commerciales d’octroyer des crédits aux provinces et entreprises privées.
Dans sa mise au point, à travers un tweet, le Ministère des Finances se dit surpris d’apprendre qu’il y aurait une mesure interdisant aux banques commerciales d’octroyer des crédits aux commerçants et a tenu à rassurer les milieux des affaires et l’opinion, en général, qu’aucune décision de cette nature n’émane de lui. Qui veut noyer son chien l’accuse de rage, dit-on.

L’alerte de l’ODEP
Nombreux sont des congolais qui ont suivi, avec indignation, le rapport récemment publié par l’Observatoire de la dépense publique (ODEP) qui a épinglé les dépenses réalisées à travers les travaux du programme dit de «100 jours». Un constat ahurissant a donc été établi, à savoir que ‘‘plusieurs travaux ont été surfacturés’’. Et même le ministère des ITPR, soutiennent plusieurs sources, n’a pu contrôler ces travaux qui se sont déroulés – pendant un moment – en vase clos, avant la mise en place du nouveau gouvernement. « Qu’est-ce qui, dans les matériaux de construction à Kinshasa, a coûté aussi cher pour avoir un coût d’à peu près 820 mille dollars au lieu d’être de 150 mille dollars au maximum ?», s’interroge Florimond Muteba, président du Conseil d’administration de l’ODEP au micro de Tv5Monde.

La Présidence de la République, elle-même, évalue le coût global des projets à 497 millions de dollars. Un montant qui, selon l’ODEP, est 5 fois plus que ce qu’il fallait. Il y a également la fameuse pratique des marchés passés de gré à gré par la Présidence, une façon de court-circuité l’Autorité de Régulation des Marchés Publics. «Il y a des marchés qui ont été passés de gré à gré sans tenir compte de l’expertise de l’entrepreneur. Il faut impérativement que des mesures drastiques soient prises contre les auteurs de cette forfaiture ou de cette gabegie financière», recommande, pour sa part, Constant Mutamba, avocat et cadre du FCC.

FMI et l’orthodoxie financière
Vraisemblablement, tous les coups semblent se diriger contre le ministre des Finances, Sele Yalaghuli, qui passe désormais pour le bouc émissaire parfait pour justifier les limites de certains membres du Gouvernement. L’on se rappellera que c’est sous l’égide du Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi Tshilombo, que le Gouvernement dirigé Ilunga Ilunkamba a décidé de renouer avec le Fonds monétaire international (FMI) dans le but de solliciter une assistance financière indispensable à la réalisation de son ambitieux programme. Renouer avec cette institution de Bretton Woods renvoie immédiatement à l’observance d’une orthodoxie financière. C’est à quoi l’argentier national se bat dans un contexte si difficile. Malheureusement, l’action du Ministre des Finances reste incomprise par tous. Des personnes mal intentionnées donnent même au Ministre des Finances le pouvoir qu’il n’a pas, c’est-à-dire, celui de bloquer les décisions validées par le Premier ministre, alors que toutes les options en matière économique et financière sont levées dans le cadre des réunions du Conseil des ministres et de différentes réunions du Comité de conjoncture économique du Gouvernement, sous la direction du Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, lui-même.

L’idéal, c’est que toutes les institutions se doivent de travailler en symbiose pour s’accommoder aux exigences du FMI afin de bénéficier, une fois le programme conclu formellement avec le gouvernement, des appuis budgétaires de la Banque mondiale pour un minimum d’1 milliard de dollars. Respectivement 500 millions de dollars en 2020 et 500 millions en 2021. Et, au-delà de ces appuis, il y aura le soutien budgétaire de la Banque africaine de développement (BAD) et de l’Union européenne ainsi que d’autres partenaires.

Ainsi donc, vouloir se passer de cette discipline budgétaire c’est manifestement chercher à saboter l’ambitieux programme du Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi Tshilombo auquel les institutions de Bretton Woods sont disposées à apporter leur soutien sous certaines conditions, bien sûr.

La Pros.