16 janvier 2001 - 16 janvier 2020, soit dix-neuf ans depuis la disparition de Laurent-Désiré Kabila, troisième président de la République Démocratique du Congo, assassiné dans son bureau, au Palais de Marbre. Comme de coutume, selon la proximité, les congolais, en général, et les kinois, en particulier, affluent vers diverses lieux traditionnellement consacrés aux hommages à ce Héros national.

Notamment, le grand Mausolée dans la commune de la Gombe, le marché de la Liberté, et le Palais de Marbre qui fut le bureau de Mzee et où il a été assassiné par un de ses gardes. Aussi, plusieurs messes de requiem sont célébrées en l’honneur de Feu Mzee Kabila et auxquels plusieurs personnalités du pays y ont pris part.

Pour cette 19ème commémoration de la mort de Kabila, le Palais de Marbre, faisant depuis quelques années office de mémorial, a reçu ce 16 janvier 2020 plusieurs familles, des touristes, des élèves de différentes écoles de la ville de Kinshasa, venus en excursion ou pour réaliser leurs travaux pratiques. Le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, Marcellin Cishambo et Jaynet Kabila, fille de Laurent-Désiré Kabila, se sont également rendus sur ce lieu symbolique pour rendre une fois de plus un hommage particulier à ce soldat du peuple.

Photos de prestation de serment, grands posters et citations célèbres de Mzee Kabila ont encore enjolivé les différentes compartiments du Palais de Marbre. Sur orientation du protocole formé essentiellement des soldats de la garde républicaine, chaque visiteur, à tour de rôle, a su s’imprégner de ces archives et ainsi réveiller les grands souvenirs que l’on garde encore de cet illustre disparu.

Des témoignages émouvants
Un des visiteurs affirme que Laurent-Désiré Kabila ‘’est une des grandes figures de la politique congolaise. Un dirigeant qui a sorti non seulement le peuple congolais de la dictature du président Mobutu, mais aussi de la grande crise qui rongeait l’économie congolaise en mettant en place des politiques en vue d’améliorer les conditions de vie de la population congolaise. Néanmoins, je retiens de lui, hormis la mise en place de la monnaie que nous utilisons, le franc congolais, la construction du marché de la Liberté et la mise en place du Service national‘’. De lui, il retient une phrase : «Ne jamais trahir le Congo...».

Bien plus, dans cette marée de visiteurs, l’on compte une population importante des jeunes qui se serviraient des traces de Kabila, ici exposées, pour faire naître en eux le même sentiment de lutte et de révolution qui caractérisaient le héros national.
A ce sujet, Jerry Sengwey Makoyo est plutôt d’avis que la majorité de jeunes présents au Palais de Marbre s’intéressent plus aux photographies qu’aux textes. Il estime que la vérité recherchée se trouve cependant cachée dans les écrits et pour ce, les jeunes congolais ont le devoir de cultiver le goût de la lecture. A lui de renchérir, ‘’certes les images parlent mais, elles ne suffisent pas. La lecture des écrits peut en plus soulever des questions profondes auxquelles le jeune lecteur manifestera la volonté d’y apporter des réponses et, pourquoi pas, s’aligner dans le combat de ces grands hommes politiques‘’. II conclut sa réflexion en disant que le République Démocratique du Congo continuera à faire du sur place tant que sa jeunesse ne se rapprochera pas des écrits.

Par ailleurs, pendant la visite du Palais de Marbre, l’on pouvait également découvrir des citations panafricanistes de Patrice-Emery Lumumba, tout Premier premier Ministre de l’histoire de la RDC, qui a lui aussi été assassiné le 17 janvier 1961.

Benoît Malumbi