«Je suis aussi préoccupé par les conditions infrahumaines dans lesquelles nos enfants étudient et vivent dans les universités.

Cette situation n’est pas de nature à favoriser l’émergence d’une élite de qualité. C’est ainsi que j’instruis le gouvernement à prendre toutes les mesures pour améliorer les conditions de vie et de travail des étudiants, ainsi que de s’occuper des conditions sociales des professeurs d’universités et Instituts supérieurs, sans oublier le corps scientifique et administratif ».
Ainsi, s’exprimait le président de la République devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, à l’occasion de son discours sur l’état de la Nation, le 13 décembre 2019.
Se voulant davantage explicite, Félix Tshisekedi a annoncé, dans son message de vœux de fin d’année, l’organisation à une date à préciser, des états généraux de l’Enseignement supérieur et universitaire. Assises au cours desquelles seraient fixées les grandes lignes de l’amélioration des conditions sociales des professeurs et auxiliaires de l’ESU.

C’était sans compter avec la fièvre qui s’est emparée de l’Université de Kinshasa, dont les étudiants ont protesté dans la violence, les 6 et 7 janvier, contre le taux des frais académiques tels que fixés par le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Thomas Luhaka. Des manifestations qui se sont soldées par la mise à sac de bâtiments universitaires, des pillages et destruction de biens privés.
Mais surtout, il est à déplorer le lynchage à mort d’un policier.

La réaction du gouvernement ne s’est pas fait attendre : toute activité académique suspendue, les étudiants internes sommés de quitter les cités universitaires endéans 48 heures. Dans ces conditions d’érosion de confiance entre d’une part, les professeurs dont certains ont vu leurs véhicules vandalisés, et des étudiants chauffés à blanc après leur déguerpissement forcé d’autre part, il y a de douter de l’organisation à moyen terme des états généraux de l’Enseignement supérieur et universitaire, selon le vœu du chef de l’Etat.

Mais, rien n’est irrémédiablement perdu : la rencontre annoncée à la présidence entre les différents protagonistes de la crise pourrait aplanir les différends. L’urgence s’impose, avant que la saute d’humeur observée à l’UNIKIN ne fasse tache d’huile jusqu’à contaminer le reste des établissements universitaires en provinces.

Mwin Murub Fel