*C’est fait. Adolphe Muzito est officiellement président de la plateforme LAMUKA. Après plusieurs reports de la cérémonie de remise-reprise avec Jean-Pierre Bemba, qui a présidé cette plateforme politique pendant les trois derniers mois, le leader de Nouvel Elan a pris, ce lundi 2 décembre 2019, la tête de la présidence tournante de Lamuka.

Il se chargera, pour les trois prochains mois, de redonner vie à cette plateforme dont les acteurs semblent ne plus avoir le cœur à l’ouvrage, mais aussi porter haut la proposition de sortie de crise initiée par Martin Fayulu. Ainsi, Adolphe Muzito prend la tête de Lamuka dans un contexte plutôt particulier, où les signes de divergences entre les quatre principaux leaders de cette plateforme sont de plus en plus remarquables. En gros, il a du boulot.

Adolphe Muzito est celui qui, aux côtés du leader du parti Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé), Martin Fayulu, porte véritablement et sans relâche, le combat de la «vérité des urnes» à travers le monde. Il reste, en effet, convaincu que la victoire de la présidentielle de décembre 2018 revenait bien au candidat numéro 4. Alors que les bases respectives des plateformes formant la coalition au pouvoir se lancent des projectiles verbaux et incendiaires à longueur de journée, Adolphe Muzito soutient opiniâtrement la proposition de solution de crise de Martin Fayulu, pour décanter la situation.

A ce jour, sa bataille est aussi celle de gagner le pari des réformes institutionnelles, en perspectives des élections anticipées, pour tenter de mettre fin à ce qu’il qualifie de «cycle infernal de la crise de légitimité».
Pour lui, le pouvoir en place est illégitime. Raison pour laquelle il ne le reconnaît pas. Il faudrait donc, soutient-il, «sortir de cette illégitimité» et «retourner aux urnes». Pour ce faire, il faut des réformes qui, pour les obtenir, «il faut instaurer un Haut conseil national des réformes institutionnelles (HCNRI) pour une période de dix-huit mois».
Schéma qui, selon Adolphe Muzito, permettra à Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, respectivement responsables des plateformes formant la coalition au pouvoir, de gouverner le pays pour que ces réformes soient formalisées. Ce serait donc une reconnaissance mutuelle, dit-il. ‘’L’intérêt supérieur de la nation exige que l’on travaille ensemble pour améliorer les choses‘’.

De manière succincte, Martin Fayulu propose un dialogue de sortie de crise entre Lamuka, sa plateforme, et la coalition au pouvoir, FCC-CACH. Mais aussi, qu’il soit mis en place un Conseil national des réformes institutionnelles (HCNRI), chargé des réformes urgentes de la CENI, sécurité, défense et de la corruption. Le président de l’Ecidé propose, enfin, une transition de 18 mois, au cours de laquelle le FCC et CACH dirigeraient le pays et la coalition LAMUKA piloterait le HCNRI.

Rappelons que c’est Moïse Katumbi qui avait ouvert le bal en étant le tout premier président de Lamuka. Avec ses pairs de la plateforme, ils avaient réaffirmé leur détermination à poursuivre ensemble le combat pour défendre le respect des pratiques démocratiques.

La Pros.