*La flamme que portait la coalition Lamuka à la signature de la convention de Genève il y a environ une année, n’est plus qu’à quelques étincelles de son extinction.

Le départ de certains caciques comme Mbusa Nyamwisi a légèrement fragilisé le collectif, avant que le véritable incendie ne provienne de l’intérieur, nourri par les propos disparates de ses propres membres. Aujourd’hui, Martin Fayulu qui, autrefois, menait avec fougue le combat pour la «vérité des urnes», semble être habité par un relâchement dû à l’usure du temps. L’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, de son côté, prend sa posture en tant que défenseur du peuple, au nom de l’opposition républicaine. Depuis un moment, les signes de la dislocation sont de plus en plus visibles, et pour certains politiques, ce n’est qu’une question de temps.
Tout le monde ne partage pas ce point de vue bien entendu. Ceux qui croient haut et fort que les résultats des élections de décembre 2018 ont été tripatouillés, vivent encore sous le doute non seulement de la légitimité du chef de l’Etat et des institutions de la République, mais également de l’avenir du pays qui, pour eux, reste incertain.

A l’interne malheureusement, le constat est tout autre. La présidence tournante instaurée au sein de Lamuka qui est seulement de 3 mois, ne laisse pas assez de marge aux différents coordonateurs pour tenter de réorganiser les choses et donner finalement une orientation claire. S’agissait-il uniquement d’assouvir une envie de suprématie ou était-ce un réel besoin de changement ?

En manque de preuves suffisantes pour mettre à nue Félix Tshisekedi qu’il accuse d’être assis sur sa place, Martin Fayulu ne baisse pas les bras, certes, mais se fatigue certainement de poursuivre une bataille dans laquelle ses partenaires de circonstance ne l’accompagnent pas assez. Oui, de circonstance, puisqu’il s’agissait il y a quelques mois de faire tomber le régime de l’ancien président, Joseph Kabila afin d’instaurer une nouvelle ère dans le pays.
Cependant, avec la coalition «boiteuse» que forment aujourd’hui le Front Commun pour le Congo et le Cap pour le Changement, le président de l’Ecidé ne voit aucun changement au sommet de l’Etat, si ce n’est le Bis repetita sous une autre forme.

De son côté, le chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba qui porte actuellement le flambeau de Lamuka, pratiquement rien n’a été fait dans le sens de faire évoluer la coalition. Il s’est beaucoup plus focalisé sur son parti qu’il tente de relever, après une longue période d’absence que sa Secrétaire générale a essayé de combler.
Même optique pour Moïse Katumbi qui s’apprête à lancer son parti politique afin de mieux s’investir dans l’opposition «républicaine», pour défendre les oubliés de la République. Lamuka ne sert que de maison familiale jusque-là, et les enfants prennent de l’âge. L’heure de l’indépendance aura bientôt sonnée et, dans la paix, chacun poursuivra son rêve, puisqu’ils n’en ont pas le même.

La Pros.