La ligue congolaise pour la paix, les droits de l’homme et les élections, LICOPADEL, n’est pas restée indifférente au sujet de la décision de suspension de l’installation des Sénateurs et au report de l’élection des Gouverneurs, par le Président la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, nonobstant la position de la CENI.

Le vendredi 22 mars, elle est montée au créneau pour dénoncer certaines violations des droits humains liés au processus électoral. En effet, les membres du secrétariat exécutif de la LICOPADEL craignent que les manifestations publiques ne deviennent plus violentes conséquemment aux frustrations qui découlent à un sentiment de désespoir et d’abandon face à l’accroissement de la pauvreté et de manque de satisfaction des besoins primaires. Aussi, la pression populaire qui est focalisé sur la personne du Président de la République et qui peut s’éparpiller sur les dirigeants qui seront perçus, à tort ou à raison, comme obstruant une vie normale dans la paix, la sécurité et la justice sociale.
Agissement
A l’occasion de la réunion interinstitutionnelle présidée par le Président de la République démocratique du Congo, le lundi 18 mars 2019, relative à la perturbation de la situation sécuritaire causée par les militants de l’UDPS qui manifestaient contre les résultats des élections Sénatoriales, sur l’ensemble du territoire national, la LICOPADEL a, décidément, donné sa position quant à ce.

En effet, les militants de l’UDPS ont, le samedi 16 mars 2019, marché contre les résultats des sénatoriales proclamés par la CENI le vendredi 15 mars dernier. Cette marche aurait causé mort d’hommes et d’énormes dégâts matériels à Mbuji-Mayi, Kinshasa et Lubumbashi. Sur ce, la LICOPADEL et l’Institut Républicain l’IRDH condamnent l’usage de la violence publique et politique. Mais, recommande que les présumés coupables soient déférés urgemment devant la justice et que les victimes soient indemnisées. Car, officiellement, la manipulation du vote des Sénateurs a été dénoncée par plusieurs personnalités, en l’occurrence 7 (Sept) candidats Sénateurs du Kasaï-Central dont le Professeur Mabi Mulumbu Evariste, demandant l’annulation du vote des Sénateurs, sous prétexte de la corruption ayant entouré les scrutins. Cette interpellation des candidats malheureux correspondait aux inquiétudes exprimées par le Procureur général près la Cour de cassation, Flory Kabange Numbi qui, le 9 mars 2019, a été saisi par le Professeur Luzolo Bambi, ancien Conseiller Spécial du Président Kabila en matière de lutte contre la corruption.

Cette élection au suffrage indirect des Sénateurs du vendredi 15 mars 2019 avait donné la victoire au Front commun du Congo (FCC). Ce, souligne la LICOPADEL, contrairement au vote direct qui avait permis au peuple de rejeter Emmanuel Ramazani Shadari, Candidat du FCC à la présidentielle du 30 décembre 2018, en guise de sanction contre la tentative de révision de la Constitution et de la loi électorale, pour une pérennisation au pouvoir. Sur ce, la LICOPADEL dénonce le fait que l’éloignement dudit scrutin de la surveillance citoyenne et l’impunité de la dénonciation de la corruption, ont permis aux individus qui n’avaient pas le profil requis d’enter au Sénat, au détriment de ceux qui seraient perçus comme incarnant le changement voulu par le peuple congolais.

Recommandations
Pour éviter l’hécatombe, la LICOPADEL recommande, entre autres, la révision de la loi électorale en ramenant toutes les élections aux suffrages directs ; la restructuration de la CENI dans la plus grande transparence pour permettre aux nouveaux animateurs d’appliquer scrupuleusement les lois existantes ; la réforme de l’appareil judiciaire et son financement conséquent afin de permettre aux magistrats compétents d’investiguer er réprimer toute dénonciation de corruption liée aux élections ; mettre sur pied des mécanismes conformes à l’article 5 de la Constitution, portant sur le contrôle rigoureux de l’effectivité, la fonctionnalité et la contribution des partis politiques à l’éducation de la population ; le dialogue national pour faire sortir le pays de la crise politique actuelle.

Programme d’accès à la justice
Outre l’analyse sur les élections des Sénateurs, la LICOPADEL a lancé le programme d’accompagnement et assistance judiciaire de la population vulnérable du milieu rural et péri-urbain. Ce programme vise à aider la population vulnérable (femmes, enfants, les orphelins, les albinos et les personnes vivant avec handicap) d’être assistée et défendue devant les instances judiciaires. Car, le constat fait par les enquêtes de la LICOAPDEL est que la plupart de personnes vulnérables ne sont pas assistée et défendue devant les instances judiciaires par manque des moyens. Ce qui fait qu’elles sont en détention dans les prisons illégalement, parfois par ignorance.

Il s’agira, dans ce programme, d’identifier les dossiers judiciaires de la population vulnérables n’ayant pas les moyens de se défendre ou d’être assistée dans les juridictions de la justice en milieu rural. Aussi, ledit programme aidera les avocats de la LICOAPDEL à faire l’assistance judiciaire et le suivi des dossiers judiciaires ; enquêter sur les conditions de détention des femmes et enfants dans les cachots et prisons, sur le respect des droits des détenus et, enfin, sensibiliser les officiers de la police judiciaire, les inspecteurs judiciaires, les avocats, les juges et magistrats sur les instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux garantissant les droits des personnes en détention.

Jules Ntambwe