*«Contrairement aux sanctions américaines, je n’ai jamais été associé à une quelconque œuvre de corruption. Avec mes collègues, nous avons agi suivant les orientations de la plénière de la CENI et sous le contrôle de l’Assemblée nationale.

Nous sommes fiers d’avoir conduit ce processus qui a donné à la RDC, sa toute première alternance démocratique depuis son indépendance», écrit-il Nangaa sur son compte Twitter.
«Sommes-nous en train de dire que tout était parfait ? Non, loin de là. Le processus électoral s'est déroulé dans un environnement difficile caractérisé par la méfiance entre acteurs. Il y a eu des faiblesses, pour lesquelles nous sollicitons l'indulgence des uns et des autres, mais également des forces qui nécessitent consolidation. L'alternance démocratique et pacifique tant attendue est une réalité. Nous rendons grâce à Dieu», conclut-il, en guise de réaction à une question de la presse.

A la Centrale électorale congolaise, des réactions se multiplient, depuis l’annonce de la série de sanctions infligées contre ses principaux animateurs. Nombreux sont ces cadres de la CENI qui ne se montrent pas surpris de l’évolution des choses, quant à la position américaine sur le processus électoral congolais.
Déjà, en son temps, l’Ambassade des USA basée à Kinshasa, fustigeant la machine à voter, avait recommandé son abandon au motif qu’elle s’incrustait dans ce processus électoral alors qu’il n’en avait jamais été le cas auparavant en termes de précédent et, surtout, en raison de défis logistiques pour un pays dont les difficultés financières étaient, du reste, prévisibles.

A un certain moment encore, Nikki Halley, dans sa propre croisade contre la machine à voter, alors que la CENI avait prévu l’impression des bulletins papiers, parlait, à son tour, du rejet de cet instrument technique pour éviter, réaffirmait-elle, d’introduire le vote électronique, pourtant, proscrit par la loi électorale.
Aujourd’hui, près de trois mois après que les élections aient eu lieu, puisque la CENI avait maintenu la machine à voter et qu’elle a permis, en dépit de toutes les contestations et de tous les soupçons, aux congolais de voter, voici que le débat prend une nouvelle tournure.
Au moment où Tibor Nagy, le Secrétaire d’Etat adjoint aux affaires africaines, se félicite de l’alternance démocratique à la tête du pays, salue la venue de Félix Tshisekedi et lui promet le soutien des USA, comment expliquer et justifier toutes ces sanctions, y compris le discrédit jeté sur les dirigeants de la CENI grâce auxquels, ces élections-là dont tout le monde reconnaît aujourd’hui les résultats, y compris la communauté internationale, se sont tenues en RD. Congo ?

Au-delà des allégations de corruption, force est, cependant, de constater qu’en vertu de ces sanctions américaines, s’il faut les suivre de près, il serait maintenant question de discuter, non pas de résultats, de l’installation de nouvelles institutions, de la gouvernance, comme le préconisait si bien Tibor Nagy, peu avant sa dernière visite à Kinshasa, mais, plutôt, du coût de la machine à voter et du financement présumé de l’élection des candidats alignés par le FCC à différents niveaux des élections.

Donc, à la CENI, quelles que soient les raisons, ces sanctions américaines, telles qu’elles ont été annoncées jusqu’ici, sont rejetées en bloc. Nangaa et consorts sont déterminés à parachever le processus électoral. Ce week-end, la CENI a publié un calendrier réaménagé fixant l’élection des Gouverneurs et Vice-Gouverneurs des provinces au 10 avril 2019. Elle a confirmé également la tenue des législatives nationales et provinciales, pour le 31 mars 2019 à Beni, Butembo et Yumbi.

La Pros.

 

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