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La gratuité de l’enseignement est constitutionnelle car, c’est une prérogative de l’Etat congolais qui permet à tout enfant d’avoir une base pour préparer son avenir.

Cette gratuité va de la première primaire jusqu’en huitième qui était autrefois la deuxième secondaire. Pour l’année scolaire 2019-2020, le Président de la République a promis la mise en application de la gratuité sur toute l’étendue du pays. La rentrée scolaire aura lieu dans quelques jours. Dans l’entretemps, la problématique de la gratuité n’est toujours pas harmonisée. A cet effet, le Syndicat national des enseignants catholiques, par le biais de son secrétaire général national en charge des finances et Professeur de biologie au collège Boboto, M. Jean- Denis Nzeza, a réagi par rapport à cette approche. Ce dernier est visiblement inquiet de la décision prise par le Gouvernement qu’il trouve un peu précipité.

Autrefois, la gratuité de l’enseignement existait. Les entrées de taxe et impôt prenaient la charge des enseignants mais, dès lors que l’Etat avait abandonné sa responsabilité, la prise en charge des enseignants était, de facto, revenue aux parents d’élèves depuis maintenant plusieurs années. Au cours d’une entrevue, Nzeza a interpellé les autorités sur cette question de la gratuité. «Nous, Synecat, voulons que l’Etat soit notre employeur et qu’il nous paie dignement avec un salaire qui nous permettrons de vivre et de s’adonner davantage parce que le métier de l’enseignant est un métier noble. Nous voulons de cette gratuité mais, avec cette maudite somme de 100 dollars, espérez-vous à la bonne qualité de l’enseignement ? Dans ce monde de compétition où l’homme est au centre de développement, on risque de former des médiocres», souligne Monsieur Nzeza. La gratuité de l’enseignement est louable pour le Synecat mais, que l’Etat devrait s’engager sincèrement à motiver les enseignants correctement pour que les élèves puissent bénéficier d’un enseignement de qualité. Il se demande si l’Etat possède un budget qui prendra en charge 410.000 enseignants sur toute l’étendue de la République et les 140.000 enseignants mécanisés mais non payés.

Au sortir de négociation de Bibwa, rappelle Nzeza, il y a eu un cahier des charges qui attend la mise en place du nouveau gouvernement. Le Synecat a proposé à ce que l’huissier de l’enseignement touche au moins un salaire de 300 dollars américains, mais cela pourrait vider le budget en cours. Sur ce, ce membre du Synecat ne voit pas le gouvernement répondre adéquatement à cette gratuité.

Par conséquent, le Synecat propose à ce que le pouvoir en place soit honnête, qu’il étale ce processus de la gratuité pendant son quinquennat et procéder progressivement. « Nous proposons ce qui suit : vu les moyens qui seront mis en place, au prorata de ce que le gouvernement peut ajouter dans le budget qui sera adopté, on pourra alors alléger la charge de la prise en charge des parents, à chaque fois que le gouvernement ajouterait quelque chose, on fait un rapport on réduit la charge des parents jusqu’à ce que le gouvernement soit à mesure de prendre totalement la prise en charge des enseignants pour ne pas perturber ou déclencher une année blanche», propose Jean- Denis Nzeza. Il ajoute en disant que, si tous les frais supplémentaires, les frais dit de l’Etat, les frais de l’examen d’Etat, le fond commun de solidarité sont éliminés, cela allégerait aussi la charge aux parents et va aussi réduire les frais scolaires.

Ornella Muleka