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Près de 40 millions d’électeurs congolais se sont réveillés, ce lundi 24 décembre, sans avoir voté.

Au cours d’une conférence de presse au siège de la CENI, Corneille Nangaa a repoussé d’une semaine, soit le 30 décembre prochain, la tenue des trois scrutins combinés pour des raisons techniques. Le récent incendie d’un entrepôt de la Centrale électorale à Kinshasa aura fortement préjudicié le processus électoral. 8.000 machines à voter, 3774 isoloirs, 552 kits bureautiques, 19901 encres indélébiles, 800 motos, 15 véhicules, 9500 batteries externes et, surtout, 5 millions de bulletins de vote, avaient été calcinés. Nangaa et son équipe viennent donc d’engager une véritable course contre la montre.
Pourtant, lors de sa précédente conférence de presse, le 13 décembre dernier, le président de la CENI déclarait que cet incendie n’entraverait nullement le processus électoral en cours. Pourquoi une telle volte-face ? Depuis leurs lieux de campagne, les deux candidats de l’Opposition les plus en vue, Martin Fayulu de la Coalition LAMUKA et Félix Tshisekedi de Cap pour le Changement (CACH), sont montés au créneau pour adresser une sévère mise en garde à Nangaa. Ces deux-poids lourds considèrent le 30 décembre 2018 comme la ligne rouge à ne pas franchir. Autrement, la RD. Congo serait plongée dans le chaos de même qu’une crise institutionnelle sans précédent.
Après avoir avalé cette pilule très amère, le tandem «FATSHIVIT» a décidé de poursuivre la campagne électorale jusqu’à 24 heures de la nouvelle date du vote, soit le 28 décembre. Le CNSA propose aussi une prolongation de la période de campagne. Quant à la Coalition LAMUKA, elle considère que ce nouveau report n’est pas un fait du hasard, mais procède d’une stratégie bien planifiée pour torpiller le processus électoral et pour servir la volonté du régime sortant de se maintenir au pouvoir à tout prix. Ce regroupement politique réclame, en outre, la mise sur pied d’une commission d’enquête internationale et indépendante sur l’incendie de l’entrepôt de la CENI. Le candidat Fayulu et ses partisans martèlent donc qu’au-delà du 30 décembre 2018, le peuple congolais n’acceptera pas un jour de report de plus.
Plusieurs milliers de candidats Députés nationaux et provinciaux sont essoufflés par ces quatre semaines de campagne électorale harassante et sont, pour la plupart, ruinés financièrement. Beaucoup ne savent plus sur quel pied danser sur cette dernière ligne droite. Encore 7 jours de calvaire.
Eu égard à ces tonitruantes prises de position, la CENI est appelée à mettre les bouchées doubles en vue d’éviter tout report. Aux dernières nouvelles, 1.500.000 bulletins de vote destinés à la ville de Kinshasa sur un total de 5 millions subissent déjà la phase de préparation et conditionnement pour leur acheminement rapide dans tous les centres et bureaux de vote à travers la capitale. Quelle course contre la montre !

La Pros.

 


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