Le peuple congolais est-il si naïf pour suivre, sans réfléchir, les propos fleuris et remplis de promesse des acteurs politiques ? Les candidats lancés dans la bataille électorale, principalement les aspirants à la magistrature suprême, tiennent un double langage.

Si pas des propos contradictoires… Du moins ceux qui ont effectivement débuté la campagne électorale. Sur les 21 candidats présidents de la République, enfin sur les 17 s’il faut élaguer les résignés verbaux, il n’y a actuellement que 3 d’entre eux qui tentent de sillonner les provinces assez facilement accessibles.
En effet, Ramazani Shadary, Martin Fayulu et Félix Tshisekedi portent chacun son message tant soit peu convainquant aux populations des différents territoires. Mais lequel ? Le fruit du Front Commun pour le Congo traîne avec lui le concept de la continuité, celui de poursuivre l’émergence. Jusque-là, certains sont encore en train de chercher l’émergence en question avant d’effectuer un choix. Pourvu que cela ne prenne pas trop de temps puisqu’ils n’ont que deux semaines pour déterminer l’avenir du pays. Même avec une bonne touche d’illusionnisme, il est impossible de masquer le vrai visage du Congo géré pendant 17 longues années sous un même régime. Sans se voiler la face, une fois élu, Shadary ira-t-il dans le sens de la continuation ou de la rupture ? Ça ressemble à du bluff cinq étoiles.
Martin Fayulu, lui, a toujours véhiculé un langage très ambigu avant même d’avoir été désigné à Genève par ses compères de l’opposition. A Butembo où il était hier accueilli par une foule estimée à 300.000 personnes, le message n’a pas changé. Sa lutte est incompréhensible du fait qu’il mène sa campagne électorale de manière dynamique mais au fond, il demande aux électeurs de ne voter qu’avec les bulletins papiers en lieu et place de la MAV que la CENI n’entend retirer du processus en aucun cas. Ce, quelques poussières de jours de la tenue des scrutins. Faut-il participer à des élections pour lesquelles on est en contestation ? La coalition recherche-t-elle la tenue ou le report ? Deux poids, deux mesures.
Félix Tshilombo et son alter ego Vital Kamerhe ont tous les deux joué à la roulette russe politicienne en se promettant l’irréalisable dans une fourberie à outrance. Leur alliance conclue à Nairobi, laquelle a produit Fatshi candidat commun de leur opposition, entrevoit de laisser la direction de la vice-primature et certains ministères clés au Président de l’UNC si son confrère de l’UDPS est élu chef de l’Etat. Alors que la Constitution laisse entendre que le chef du gouvernement émane de la majorité parlementaire et que c’est le Président de la République qui a le dessus sur toutes les institutions du pays. Ont-ils prévu depuis Kenya de remplacer le livre constitutionnel par ledit accord ? Soit ils se trompent entre eux, soit c’est le peuple qu’ils trompent.
La nouvelle façon de faire la politique en RD. Congo privilégie les intérêts égoïstes au détriment de la souffrance et de l’ignorance des congolais qui sont considérés par les protagonistes comme des moutons de panurge.

La Pros.

 


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