Nombre d’autorités morales et présidents de partis, plateformes et regroupements politiques ont maille à partir avec leurs candidats qu’ils ont recrutés en grand nombre.

Impatiente, la base hausse le ton parce que la campagne électorale bat de l’aile. La pénurie d’argent en est la principale raison. Cette situation prévaut aussi bien dans l’Opposition que la Majorité.

Pendant ce temps, les Evêques de la CENCO montent au créneau pour réclamer des scrutins crédibles en vue d’une véritable alternance démocratique. Pour les Princes de l’Eglise Catholique, la Centrale électorale doit faire montre de plus de transparence et d’équité afin que le jour des élections et, surtout, la période postélectorale soit apaisée. En pratiquement trois semaines du jour J, quel miracle pourrait-il encore être opéré ?

Depuis le vieux continent, Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, deux ténors de l’Opposition congolaise, ont réitéré, en langues vernaculaires, leur soutien indéfectible au candidat commun, Martin Mayulu. Cependant, ces leaders de la Coalition Lamuka et leur champion ne cessent d’exiger le retrait de la machine à voter de ces joutes électorales. Le 23 décembre prochain, vont-ils boycotter le vote ou pas ? Avec un programme ambitieux évalué à 126 milliards USD, Martin Fayulu Madidi est déterminé à faire renaître la RD Congo de ses cendres. La sécurité de ces compatriotes lui tient à cœur. Aussi, la Coalition Lamuka, avec Fayulu en tête, a-t-il décidé de lancer la campagne électorale dans la partie la plus sensible et la plus meurtrie du pays : Beni – Butembo.

Mais, pour venir à bout du candidat du Front Commun pour le Congo (FCC), Emmanuel Shadary, ou celui de Cap pour le Changement, Félix Tshisekedi, Lamuka est appelé à aller aux élections avec la machine à voter qu’elle ne cesse de contester. Il y a aussi le fameux «fichier corrompu» avec ses 6 ou 10 millions d’électeurs fictifs ou sans empreintes digitales. Le controversé seuil de représentativité et le manque de moyens matériels et financiers viennent allonger cette liste de gros écueils qui entravent considérablement la tenue des élections libres, crédibles et apaisées.

Sur un autre registre, les observateurs avertis prédisent la défaite cuisante de l’Opposition émiettée qui ressemble à un dragon à mille têtes. L’appel de pied de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe en vue de débaucher ou embarquer le richissime businessman Katumbi dans leur accord conclu à Naïrobi, a échoué. La réconciliation Fayulu – Fatshi n’est donc plus possible. «Chacun pour soi, le peuple pour tous», a coutume de déclarer Gabriel Mokia, un autre ténor de l’Opposition qui évolue en solo. Hantée par ce démon de la division, l’Opposition saura-t-elle faire face à la «machine» FCC ? Leurs chances de l’emporter s’amenuisent à l’approche du jour de vérité : dimanche 23 décembre 2018.
Avec autant d’écueils (machine à voter, seuil de représentativité, fichier «corrompu», pénurie d’argent, division de l’Opposition, etc.) qui parsemèrent le processus électoral, le spectre de la contestation ne cesse donc de gagner du terrain. Les élections crédibles que réclament, à cor et à cri, les prélats catholiques, n’est qu’un vœu pieux ? Wait and see.


La Pros

 


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