A travers un communiqué, la Police Nationale Congolaise met sévèrement quiconque se retrouverait, ce 9 janvier 2019, dans l’enceinte de l’université de Kinshasa où l’ordre de déguerpissement a été intimé. Car, poursuit ledit communiqué, ceux-ci ou celles-ci seront assimilés aux infiltrés, fauteurs de troubles. Il s’agit donc, d’un ultimatum.


En revanche, les étudiants ont aussi lancé un ultimatum. Réponse du berger à la bergère. Le spectre du carnage se profile. Aujourd’hui jeudi se présente donc comme le jour de tous les dangers.
Dans un autre communiqué de presse, le ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Thomas Luhaka, avait, sur un ton ferme, rendu public l’avant-veille les décisions ci-après : toutes les activités à l’Université de Kinshasa sont suspendues jusqu’à nouvel ordre ; obligation est faite à tous les occupants des homes (résidences estudiantines) de l’Université de Kinshasa d’évacuer volontairement les lieux endéans 48 heures […].
Passé ce délai, recours sera fait aux Forces de l’ordre ; en vue de permettre une réinstallation rapide dans les homes des seuls étudiants réguliers, il sera procédé à une opération d’identification ; il est demandé aux Autorités compétentes de la Police Nationale Congolaise, des Services de Sécurité et de la Justice de procéder, le plus rapidement possible, à l’identification et à l’arrestation des auteurs de ces forfaits pour qu’ils subissent, avec la plus grande fermeté, la rigueur de la Loi. «Dura lex, sed lex», disent les latinistes.
Cette anarchie à l’UNIKIN n’a pas non plus laissé le Chef de l’Etat, en séjour à Luanda, indifférent. Voici sa réaction transmise par le truchement de son Directeur de Cabinet, Vital Kamerhe : «Le Président Félix Tshisekedi voudrait qu’on procède aux vérifications des vrais étudiants qui doivent retourner dans leurs homes. Parce qu’il a été établi selon les renseignements concordants que les étudiants qui ont tué les policiers ne sont pas des étudiants de l’UNIKIN mais des infiltrés. Et que si on laisse cette situation, ces infiltrés peuvent tuer les étudiants et on dira que c’est la police».
D’où proviendraient alors ces infiltrés ? Quelles sont leurs motivations ? Et qui les instrumentalisent ? Ce sont-là quelques questions lancinantes que se posent maints observateurs.
Depuis la ville du Caire (Egypte) où vient de lui être attribué le prix de meilleur dirigeant sportif africain de l’année 2019, Moïse Katumbi, président national du tout nouveau parti Ensemble pour la République, aurait décidé de débourser la somme d’un million de dollars américains en vue de la réduction des frais académiques à l’UNIKIN, point de départ des violentes émeutes. Certains parlent de récupération politicienne. Quant à Martin Fayulu, un autre membre du présidium de la coalition Lamuka, il désapprouve la décision du gouvernement de la RD Congo relative au déguerpissement volontaire des étudiants de l’UNIKIN. Selon lui, l’urgence est de trouver une solution aux revendications des étudiants plutôt que de les évacuer du campus.
Quel sera le prochain épisode de ce feuilleton horrible ? Wait and see.

La Pros.


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