Au commencement, était le taux fixé par Thomas Luhaka. Puis, les autorités académiques s’en sont mêlées, en fixant le leur, depuis ce week-end. Lundi 6 janvier dernier, les étudiants, apparemment, exaspérés ont levé l’option de déverser leur ire dans la rue.


D’où, dans la suite des événements, ils sont passés aux actes. Bureaux incendiés, voitures caillassées, déclassées ou, simplement, brûlées. Comme dans un champ de tirs, l’on a assisté à des actes de barrage des routes grâce aux pneus brûlés, aux troncs d’arbres jonchant les chaussées et jets des pierres dans tous les sens. Se sentant manifestement menacés, les policiers, dépêchés sur les lieux, ont dû recourir à la poudre à canons.
Les rixes et autres échauffourées qui s’en sont suivies ont transformé l’Université de Kinshasa, reconnue pour ses imposantes installations sur la colline inspirée du Mont-Amba, en un vaste théâtre d’opérations où policiers et étudiants en sont à explorer des voies extrêmes.
Des blessures et morts auraient été enregistrées alors que le ton est monté d’un cran, du côté du gouvernement où la décision, la plus forte d’ailleurs, est tombée. Désormais, l’Université est fermée. Et, pendant ce temps, les étudiants habitant les homes sont sommés de les libérer endéans 48 heures.
Au cas contraire, selon un dernier communiqué de la Police, tel que dévoilé hier, à la mi-journée, les étudiants que l’on rencontrera, le 9 janvier prochain, date de l’expiration de l’ultimatum, sera assimilé aux infiltrés sans foi, ni loi qui tuent et se livrent aux pillages.
La Police promet d’user des moyens légaux en sa possession, pour sévir contre les récalcitrants. De l’autre côté, alors que certains étudiants vident déjà les lieux, certains autres qui n’ont ni parents, ni de membres des familles proches à Kinshasa, rouspètent et promettent, à leur tour, d’organiser une résistance farouche.
Dans un tel contexte marqué d’étincelles en l’air, l’on craint, justement, que cette situation, pourtant, à la portée de toutes les parties impliquées qui auraient dû s’y appesantir pour une solution consensuelle et harmonisée, ne puisse rééditer, plus de décennies après, les exploits des massacres à répétition déjà connus dans ce pays dans les milieux et sites universitaires.
Déjà, sous Mobutu, des esprits attachés à l’histoire et dont les faits et gestes ont une réelle signification, lancent un appel à l’apaisement et ne demandent pas mieux que de placer les autorités congolaises, les autorités académiques aussi bien scientifiques qu’administratives et les étudiants devant leurs responsabilités. Chacune des parties est appelée, ici, à privilégier l’essentiel, pour sauver ne serait-ce que ce qui peut l’être encore pour c

ette année académique au début tumultueux.
Cette même attitude raisonnable est aussi recommandée aux dirigeants des autres Universités et Instituts Supérieurs afin que l’effet boule de neige qui, généralement, ne tarde pas à prendre ses marques, ne puisse pas se propager. Autrement dit, ils en appellent, simplement, à la descalade et au cessez-le-feu. Policiers et étudiants, remettez, donc, vos épées dans les fourreaux !
Question, bien sûr, d’éviter de faire de cette situation sociale, l’unique priorité alors que le pays est, pourtant, confronté à toute une litanie d’équations qui ont poussé, d’ailleurs, Félix Tshisekedi à déclarer 2020, l’année d’actions.

LPM


Les plus lus

  • Semaine

  • Mois

  • Tout