A Kinshasa comme dans l’arrière-pays, la fête de la Nativité s’est déroulée dans un climat teinté de marasme socio-économique. En ce jour commémorant la naissance du petit enfant Jésus, la morosité était perceptible dans quasiment toutes les communes de la capitale congolaise, les embouteillages monstres habituels ont, curieusement, fait place à une circulation ou trafic normal, sans encombre. De même que la fête a fait place à la méditation.


Grogne et grincements de dents ont été constatés du côté de nombreux agents et fonctionnaires de l’Etat impayés. Les portes de beaucoup de commerces, magasins et autres, sont restées hermétiquement fermées faute de clients et, surtout, en raison de la pénurie d’argent. Tous les objets commercialisés en période de Noël (chapeaux rouge, masques, jouets) trouvaient difficilement preneurs.
Un reporter a noté que des bus et voitures jaunes ont eu du mal à se remplir à telle enseigne que certains conducteurs, à leur corps défendant, étaient contraints de réduire les tarifs de déplacement, selon les caprices de la clientèle.
Autre signe perceptible de cette crise aiguë, de cette descente aux enfers de la RD Congo, c’est la marée humaine qui s’est pointée au test d’embauche organisé, le lendemain de Noël, par la Direction Générale de Douane et Accises (DGDA), une des régies financières. Près de cent mille chômeurs ont bravé la pluie, à Kinshasa, pour y prendre part. Ce qui prouve à suffisance que le taux de chômage a atteint des proportions très alarmantes dans cet immense pays au cœur de l’Afrique. Le favoritisme, le clientélisme risquerait de fausser les résultats dudit test.
Pendant ce temps, l’équipe gouvernementale pilotée par Sylvestre Ilunga Ilunkamba décide de se retirer à Zongo, pendant quarante-huit heures, dans le Kongo Central pour un séminaire. Pour déboucher sur quoi ? Est-ce que cette retraire saura répondre aux attentes de cette population paupérisée ? Dans son discours sur l’état de la nation, le Président de la République, Félix Tshisekedi, avait rebondi sur le leitmotiv légué par Feu son père : «Le peuple d’abord». A l’aube de la commémoration de l’an Un de cette alternance dite démocratique et pacifique, ce cri du cœur ressemble, de plus en plus, à un vœu pieu, à un slogan creux.
Les acteurs politiques majeurs (Félix Tshisekedi, Joseph Kabila, Martin Fayulu, Moïse Katumbi) cherchent plutôt à orienter le peuple congolais sur la voie de beaux discours. Quatre visions croisées seront déclinées, par chacun d’eux, d’ici la fête de la Saint Sylvestre, le 31 décembre 2019. Encore des promesses fallacieuses ?

La Pros.


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