Opposition républicaine et exigeante. Telle est la nouvelle ligne de démarcation de Moïse Katumbi Chapwe qu’il a eu, d’ailleurs, à confirmer, à travers la première phase de son safari à l’Est du pays et lors de son interview du lundi 4 avril avec Jeune Afrique.

Le président d’Ensemble pour le Changement n’entend plus se vautrer dans les alvéoles et le bain sale des discussions sur la vision, avec ses pairs de Lamuka, principalement Martin Fayulu, l’homme de la vérité des urnes qui, toujours loquace de son côté, se réclame, logiquement, pour certains, et amnésiquement, pour d’autres, comme le Président élu et légitime de la République Démocratique du Congo. Ce, nonobstant l’écoulement de plus de 9 mois depuis l’élection de Félix Tshisekedi qui, à ce jour, a charmé de nombreux partenaires, par ses voyages, quoique critiqués, urbi et orbi. Qui plus est, Katumbi Chapwe, loin d’avoir acquiescé en bon sportif la présence de Tshisekedi Tshilombo au pouvoir, s’aligne de plus en plus vers un discours non pas offensant mais plutôt constructif, car, malgré des clivages, seul l’intérêt supérieur de la nation demeure son véritable crédo. Lequel discours, d’après certaines indiscrétions, subodore, cependant, d’un rapprochement avec son ancien Chef Joseph Kabila et, par ricochet, avec l’actuel Chef de l’Etat. Ce qui, par ailleurs, ne serait que de la tempête dans un verre d’eau, selon le numéro Un du Tout-Puissant Mazembe qui, à la Descartes, c’est-à-dire, de manière claire et distincte, a déclaré n’avoir pas discuté avec Joseph Kabila, depuis son départ en 2015. Profitant de la relaxation, après une tonne d’interruptions, de son safari, Katumbi tient à émettre, en direction de toute la population congolaise, sa nouvelle posture de sentinelle de ses intérêts. Et, quoi de plus normal qu’au regard de ses nouvelles orientations et popularité qu’il fait montre, pendant ces meetings, plusieurs formations politiques dont les groupes parlementaires MS et G7 aient annoncé leur soutien à sa candidature en tant que Porte-parole de l’Opposition. Un autre sujet qui divise la coalition Lamuka, entre le ‘’pour’’, le ‘’contre’’ et ‘’l’abstention’’. Pour le premier camp de l’Optique Katumbiste, il faut à tout-prix contrôler le Gouvernement en place ; pour la deuxième tendance Fayulu-Muzito, il n’est point question de légitimer officiellement Félix Tshiskedi, alors qu’il y a crise ; et, in fine, pour le troisième volet Bembiste, promiscuité entre les deux approches semble dominante. D’où, la nécessité serait-elle d’être moins prolixe pour l’heure. Somme toute, tout pousse à croire que, loin des excitations sur l’éclatement brutal de Lamuka, qui est la partie submergée de l’iceberg, le côté immergé serait le combat que mènerait Katumbi, pour se positionner en tant que commandant en chef devant conduire la lutte, jusqu’en 2023, du côté de l’Opposition, comme le fera Kabila pour le FCC ou tel que le fait Félix Tshisekedi, président de la République, pour conserver le pouvoir. Car, même si cela semble lointain et que personne ne l’avoue, tout se joue déjà pour la prochaine présidentielle. C’est la face cachée.

La Pros.

 


Les plus lus

  • Semaine

  • Mois

  • Tout