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Lorsqu’il est arrivé hier à Bunia, Félix Tshisekedi y a trouvé un peuple meurtri par autant d’années de souffrance indicible, de brimades et sévices de tous ordres. Mais, derrière lui, ici, à Kinshasa, il a également laissé un peuple assoiffé, un peuple à l’attente de ses recettes miraculeuses pour accéder au mieux-être, un peuple livré à la turpitude des bombes lacrymogènes.


Partout où il est passé, c’est la même chose. A Lubumbashi, son lieu de décollage avant d’aller en Ituri, les besoins vitaux sont aussi restés, depuis des lustres, inassouvis.

Le tourbillon fait de rixes et d’échauffourées, s’il faut l’appeler ainsi, exige ainsi aux autorités congolaises, y compris au tout nouveau Président de la République, d’avoir une vue holistique de tous les écueils, de tout un chapelet d’urgences, de toute ardoise de priorités.

Le peuple d’abord, oui. Mais, il est là encore à attendre ne serait-ce que le début de réalisations de nombreuses promesses de campagne, de nombreux projets contenus dans le discours d’investiture ou encore dans celui de l’annonce du programme de 100 premiers jours.

Le peuple encore et toujours lui, tout en étant patient, est las de constater que pour qu’une action sérieuse soit menée, la RD. Congo devrait, avant tout, avoir un nouveau gouvernement. Or, depuis le 20 mai, Sylvestre Ilunga Ilunkamba a été nommé Premier Ministre. Tshibala, lui, avait démissionné le même jour. Puis, les tractations FCC-CACH n’accouchent d’aucune avancée notable. Au contraire, des langues se délient pour décrier, littéralement, le fondement du deal FCC-CACH.

De plus en plus, des analystes vont jusqu’à proposer l’élargissement de ce binôme à l’ensemble de la classe politique pour sceller la réconciliation avec toutes les forces politiques représentatives de la nation congolaise.
Les exilés politiques revenus au pays, les prisonniers politiques libérés, les réfugiés rapatriés ou encore les jeunes devenus majeurs ou les militaires et policiers démobilisés constituent, une fois de plus, un nouveau motif qui sous-tend l’acception de ceux qui pensent que la sauvegarde de la paix et de l’unité du pays transite, forcément, par l’implication de tous.

A titre d’exemple, comment un homme comme Katumbi, écarté de la course à la présidentielle pour des raisons de détention de plusieurs nationalités, pourrait-il retrouver la voie de son éligibilité en 2023 maintenant qu’un passeport lui a été octroyé et qu’il est revenu en citoyen libre sur le sol congolais ?

Comment un Bemba exclu de la même course à la Présidentielle 2018 ferait-il, lui aussi, en 2023 lorsqu’il sera question de postuler en vue de briguer la magistrature suprême du pays, s’il n’existe pas un cadre de réconciliation ? Muzito qui, malheureusement, aurait subi le même sort n’a-t-il pas un mot à dire, s’il lui était donné de penser politique et d’avancer des pistes de solutions durables à la crise de légitimité qui menace l’avenir du pays ?
Même si nul d’entre eux ne l’a dit, expressis verbis, il va de soi qu’une issue idoine qui réduirait la fracture politique entre, d’une part, CACH et FCC et, d’autre part, Lamuka et consorts, serait, raisonnablement, plausible.
Les Evêques, dans leur dernière déposition, ont parlé de la préservation de la paix et de l’unité. Badibanga a, de son côté, évoqué l’idée d’une table de réconciliation. Kanku avance, à sa manière, celle d’une caravane de la paix et de la réconciliation.

Tandis que Moïse Katumbi, l’actuel Président en exercice de Lamuka, promettait, lors de son arrivée, le 20 mai dernier à Lubumbashi, d’œuvrer à la réconciliation entre deux frères, à savoir, Félix Tshisekedi-Martin Fayulu.
Et, face aux tergiversations du décollage de la coalition FCC-CACH marqué, particulièrement, par les invalidations en cascade, la remise en question des arrêts de la Cour Constitutionnelle, le retournement de la donne avec la fin du mandat des membres du bureau de la CENI, le report des élections locales, municipales et urbaines, le décor des élections 2023 aurait dû, en principe, être planté maintenant.

D’où, la nécessité de lever de nouvelles options politiques sur des questions fâcheuses. Seule, la classe politique, toutes tendances confondues, croit-on, en a les vertus théologales.
Il suffit que Félix Tshisekedi dont les Ordonnances présidentielles sont continuellement foulées au pied, en cerne la trame cachée pour qu’il agisse à bon escient.

LPM

 


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