« Avec tout le respect due à sa fonction, je demande à notre président de la République, Félix Antoine TSHISEKEDI d’instruire au ministre de la justice d’abolir la Commission nationale de censure des chansons et spectacles. Car, le Congo d’aujourd’hui ne mérite pas une censure alors que nous sommes un Etat démocratique. Le Congo est une nation de liberté de pensées et d’expressions. Les artistes doivent être libres de créer, de faire leur travail comme les médecins, les menuisiers, les taximen...», a déclaré Koffi Olomidé au cours d’un entretien accordé à la presse depuis sa résidence huppée du quartier Mont fleuri, à Kinshasa.

Le magistral chanteur de la rumba congolaise a réagi à la suite d’une mesure d’interdiction de ses nouvelles chansons par la Commission de censure qui dépend du Ministère de la Justice.
Dans une lettre de décision adressée aux directeurs des programmes des chaînes de télévision et des stations de radio dont une copie est parvenue au journal La Prospérité, le Procureur Général, Bernard Mayindombe, annonce l’interdiction de la diffusion et la présentation au public des chansons ci-après « Pi pi pi », « La femme de quelqu’un », « Élégance », « Ba Esclaves », « Jour de joie », « Alidor », « Tata Mobimba » et « Papa Ngwasuma».
Fort de son succès, précise-t-on, le titre « la femme de quelqu’un » qui appartient au chanteur Singila chanté en featuring avec son aîné Koffi Olomidé, est malheureusement tombé victime de cette décision. Donc, il figure parmi les tubes qui n'ont pas obtenu "les autorisations requises" de diffusion en RDC.

Censure : Que reproche-t-on à Rambo ?
Cette Commission nationale de censeure reproche au patron du groupe Quartier Latin de n’avoir pas répondu à ses “invitations”, dans cette lettre datée du 13 septembre 2019.
Ainsi, le Procureur général qualifie ces actes de "manque de civisme et de considération de la part de l’artiste qui paraît être récidiviste dans ce genre de comportement".
De son côté, le Rambo qui s’en remet au Chef de l’Etat, accuse cette Commission d’“abus de pouvoir”. Il en appelle au Président de regarder cela de près et surtout de supprimer cette commission de censure.
‘‘Je ne suis pas fier de cela en tant que Congolais. Nous sommes un peuple majeur”, a déclaré l’auteur de la chanson « Affaire d’Etat ».

Selon Koffi Olomidé, cette censure des œuvres artistiques dans notre pays a été instaurée par le régime de Feu l'ancien président Mobutu, à l’époque du Zaïre. Et d’ajouter : c’était pour de fins politiques afin de ne pas offrir l’opportunité aux opposants tels que Feu Etienne Tshisekedi d’être chantés par les musiciens.
“Mais, aujourd’hui, on est en démocratie. Cette époque est révolue. Le Congo ne mérite pas une commission de censure. Les artistes doivent être libres de créer. On ne peut pas être muselé. Retenez que le mot censure constitue l’anti-démocratie. Elle ne peut pas exister dans un pays démocratique. Il est admissible qu’un artiste se justifie auprès de cette censeure avant même de lancer son œuvre. On ne peut pas arrêter quelqu’un pour l’intention mais plutôt pour l’acte posé. Que cette commission de censure arrête de faire la honte du Président de la République qui prône l’Etat droit », réplique-t-il au nom des tous les artistes.

Avec sa déclaration tonitruante, le Rambo rejoint automatiquement le combat de l’asbl « Les Collectifs des Artistes et des Culturels, «C.A.C» qui avait déposé un mémorandum au mois de mars 2019 à la présidence de République pour exiger la suppression de ladite commission de censure qui exige même un payement aux artistes avant de valider la diffusion publique d’une œuvre et d’un spectacle, peu importe sa nature.

Jordache Diala

Les plus lus

  • Semaine

  • Mois

  • Tout