A l’occasion de la célébration du 30ème anniversaire d’existence de l’Université d’Eté de la FEMIS en France, l’Institut Français de Kinshasa a organisé, le samedi dernier, deux grandes rencontres spécifiques avec les réalisateurs congolais, après deux mois de leur formation sur l’art cinématographique.

Sous-forme d’une restitution intéressante, le public et amoureux du 7ème art ont répondu présent à cette séance. L’idéal était de partager chacun son expérience vécue durant son séjour à l’Hexagone et expliquer les enjeux de cette formation à la FEMIS.

Michée Sunzu, Tshoper Kabambi, Dieudo Hamadi, David Douglas Masamuna Ntimasiemi, Moimi Wezam, Abraham Mohindo et Machérie Ekwa Bahango sont les réalisateurs congolais qui ont participé avec brio à cette formation à la FEMIS.
Sur une tribune circonstancielle érigée à la terrasse de la Halle de la Gombe ou encore en la salle du Cinéma, ils ont bien évidemment échangé sur les cours suivis, l’expérience française et sur leurs carrières respectives dans le domaine du Cinéma.Fémis 2

«L’Université d’Eté est une expérience incroyable et surtout unique à son genre qui nous a permis de rencontrer aussi d’autres grands cinéastes professionnels du monde. A travers différents ateliers de formations spécifiques, elle nous a permis de se confronter aux réalités du cinéma du monde et du milieu», renseigne David Douglas Masamuna.
Si le voyage est une école, FEMIS a été alors plus qu’une école, pour ce jeune réalisateur congolais de Lubumbashi. De son retour, il soutient que la formation suivie à l’Université d’Eté a été très capitale pour sa carrière artistique. C’était une véritable opportunité pour lui et ses compatriotes de renforcer leur capacité dans la technique de prise de vue et surtout dans l’écriture cinématographique ainsi que dans la réalisation + scénario.

« En partant à la FEMIS, l’idée première était d’aller performer encore ma connaissance sur la maîtrise de la caméra. S’outiller davantage pour bien manipuler les images et les sons. Au-delà de la maîtrise de la prise de vue et de son, il semble que sur place en France, cette formation a suscité encore en moi l’intérêt de comprendre et savoir comment réfléchir sur les dispositifs de construction d’une histoire. C’est-à-dire, comment mettre en place les astuces pour trouver des chemins de mieux écrire et rendre ton histoire professionnelle, personnelle et originale», a-t-il déclaré.

La France ouvre des opportunités aux Congolais
De la théorie à la pratique, ils ont chacun appris des leçons clés sur la technique de réalisation des films (court et long métrage), documentaires, séries télévisées. Grâce à Femis, ces congolais ont également découvert et accédé à plusieurs matériels de travail performants pour le tournage.
Au-delà de l’aspect pédagogique, ils ont affronté surtout d’autres réalités du 7ème art qui leur ont permis de faire progresser leur vision artistique.

Signalons qu’il y avait aussi beaucoup d’autres professionnels du cinéma venus d’Afrique, d’Asie, du Moyen Orient, d’Amérique latine et d’Europe de l’Est qui prennent également part à l’Université d’Eté de la FEMIS.
Ce mixage des races autour de l’art a permis aux réalisateurs congolais de rejoindre une vraie communauté dans laquelle on retrouve les cinéastes des autres pays du monde.

De retour au pays, ils se sont mis chacun déjà au travail, entamant des projets personnels avec la sortie prochaine de nouveaux films documentaires et fictions sur le marché.
«Vraiment, je suis resté sur ma faim parce que le temps était très court. En deux mois de formation, on ne pouvait pas découvrir toutes les choses. Mais, je me sens très motivé avec beaucoup d’envies de travailler encore mieux après mon fructueux passage à la FEMIS», a conclu Masamuna.

Toutefois, les cinéastes exultent quant à la convivialité et surtout la manière dont ils ont été accueillis par les responsables de FEMIS durant leur séjour à l’école. « La France est un pays très culturel. Mais, je demanderai aux autorités françaises en RDC d’aider et faciliter les artistes congolais ainsi que les jeunes étudiants à bien accomplir leur rêve d’étudier afin d’avoir aussi d’autres opportunités comme notre cas. Ils sont nombreux qui souhaitent aller apprendre pour améliorer leur art et revenir afin de partager leur expérience avec les collègues au pays », a martèle l’actrice Macherie Ekwa.
Créée en 1986, rappelle-t-on, la FEMIS (école nationale supérieure des métiers de l’image et du son) est une grande école publique, sous la tutelle du Ministère de la Culture français.

En partenariat avec le réseau des Ambassades de France à l‘étranger et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, la FEMIS organise chaque année une formation intitulée Université d’Eté dont l’activité principale est basée sur la formation initiale aux métiers du cinéma : réalisateur, chef opérateur, producteur, scénariste, monteur, ingénieur de son, décorateur, scripte, distributeur et exploitant de salles.

Jordache Diala

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