Les amoureux du jeu d'échecs ont enfin un rendez-vous régulier d'expressions stratégiques.

Après les trois premières éditions réussies, le Centre d'Intelligence Stratégique et des Relations Internationales (CISRI) que dirige le professeur Henri Mova, en collaboration avec la Fondation Kawen et Carrefour Congo Culture, vient d'offrir aux habitués de ce jeu de société, le quatrième jeu d’échecs de la Lukunga. C’était ce dimanche 13 octobre 2019, dans la salle Santa Vanella, à Delvaux. En fait, ce rendez-vous est un assortiment de sport, de culture et d’éducation réunissant les personnes d’âges variés, en vue d'échanger des connaissances et s’abandonner dans le divertissement. Au menu des activités, Ngola, scrabble, domino, jeu de go, Monopoly, jeu de six, stratego, etc.

Comme à l'accoutumée, c’est l’élu de la Lukunga qui s’occupe de l’initiation des participants à travers une séance pédagogique, avec l'appui des formateurs de la Fédération Congolaise de jeux d'échecs.
‘’J’ai réuni un certains nombre de jeux appelés «Jeux de stratégies» pour que les gens commencent à développer la capacité à s’émouvoir dans un milieu concurrentiel, avec un plan, une capacité d’anticipation, une concentration, une mémorisation, un esprit de visualisation de sorte que face à l’adversité, l’on soit capable de vaincre‘’, a expliqué le professeur Mova Sakanyi qui compte étendre progressivement cette initiative dans d’autres districts de la ville de Kinshasa et sur l’ensemble du territoire national.

Et puisque le roi des jeux, c’est le jeu d’échecs, ce dernier a assuré la séance pédagogique pour outiller les nouveaux joueurs avant qu'ils n'entrent dans la danse. ‘’Nous voulons donc continuer sur cette lancée pour que la culture de stratégies qui nous manque, puisse être comblée par la connaissance dès le jeune âge à travers le jeu‘’, a-t-il lancé.

L’impression de jouer…
Tout commence par un «constat malheureux» effectué par le professeur Henri Mova du fait qu’il y a une carence de la culture stratégique en RDC, dans tous les domaines. ‘’Cette carence nous a inquiétés dans le cadre du CISRI. Il faut inventer des mécanismes qui permettent à ce que cette culture puisse s’incruster chez les jeunes jusqu’à un certain âge. Pour le faire, nous avons utilisé une méthode ludique : donner l’impression de jouer, mais on apprend énormément de choses‘’, a-t-il noté.

Afin d’étendre les retombées de cette initiative combien louable, le nouveau club de jeu d’échecs promet d’aller voir les autorités, tant du ministère des Sports que celui de l’EPST ‘’parce que notre objectif est que dans les activités extrascolaires, que l’on inscrive le jeu d’échecs comme une possibilité d’apprentissage, de développement mental et de mécanisme cognitif de nos jeunes gens qui ont un problème de mémorisation, de concentration et d’anticipation‘’, soutien le député national élu de la Lukunga.

Casser le mythe
Les professionnels du jeu d’échecs ont remarqué que plusieurs personnes considèrent ce jeu comme étant réservé à une certaine élite. ‘’On essaie de casser avec ce mythe pour dire que le jeu d’échecs peut être joué par tout le monde et à tout âge. Il y a de l’engouement, les gens s’intéressent de plus en plus au jeu‘’, a laissé entendre Dieudonné Lumbu, encadreur pour joueurs de jeu d’échecs, particulièrement dans les milieux des jeunes.
Selon lui, quand une personne joue au jeu d’échecs, il a le réflexe facile dans le raisonnement. ‘’On a compris que le jeu d’échecs joue un grand rôle dans le développement psychique des enfants et des adultes. Quand une personne a eu un accident d’AVC, il pourrait facilement retrouver sa motricité en jouant au jeu d’échecs. Et chez les adolescents, ce jeu leur donne des capacités telles que la logique et un raisonnement rationnel‘’.

A noter que ces jeux de réflexion les plus populaires au monde, ont été introduits dans le Sud de l’Europe à partir du Xe siècle par les Arabes. En République Démocratique du Congo, cette discipline a débuté en 1993.
Faudrait signaler que les deux premières éditions du Jeu d'échecs de la Lukunga se sont déroulées au Centre Culturel Bobokoli, à Delvaux. Les Vice-ministres, Pungu Lwamba et Félix Momat, la députée nationale Colette Tshomba, l'artiste dessinateur Barly Baruti et de l'ancien Vice-Ministre des affaires étrangères, Yves Kisombe ont répondu présents depuis le début de ce jeu et ont bénéficié de quelques notions théoriques, puis la pratique sous la supervision des formateurs.

Boris Luviya