Le 6ème Festival International du Cinéma de Kinshasa (FICKIN) ouvre ses portes dans une semaine. Après avoir accueilli environ 7 000 spectateurs lors de l’édition record de 2018, ce grand rendez-vous du septième art compte bien dépasser la barre de 10.000 entrées cette année.

Pour sa sixième édition, le FICKIN prendra ses quartiers dans différents sites de la capitale du 17 au 20 octobre 2019. Ce sera à nouveau l'occasion, pour un public toujours plus nombreux, d'assister à de nombreuses projections de films, principalement africains dans une ambiance conviviale. Cependant, il est malheureux de constater que les productions 100% rd-congolaises sont à chercher comme une aiguille dans une botte de foin. ‘’Il y a de moins en moins de films congolais‘’, alerte Tshoper Kabambi, initiateur du FICKIN, lors de la conférence de presse tenue ce jeudi 10 octobre à l’Institut français de Kinshasa.

Il est, en effet, conscient du fait que ‘’si le festival ne bouge pas trop pour motiver les productions des courts métrages, on peut avoir une édition avec 2 ou 3 films congolais seulement‘’. Et c’est véritablement triste.
Cette année, la soirée d'ouverture aura de nouveau lieu en collaboration avec l’Institut français de Kinshasa à la Gombe, le jeudi 17 octobre 2019, a annoncé Ephraïm Buyikama, Coordinateur du FICKIN. Cette soirée, dit-il, lancera plus de 50 projections qui se dérouleront a l’Institut français, à I’INA, à I’IFASIC et à Don Bosco/ Petro Congo.

Grand-messe
Cette année, le Grand Jury composé de Henry Kalama, Diane Diba, Micher Sunzu et Nana Levo remettra six prix lors du Festival : meilleure actrice, meilleur acteur, meilleur film, meilleur film documentaire, meilleur réalisateur et le prix du jury.
Le comité de sélection du Festival a retenu «La Miséricorde de la Jungle» pour l'ouverture du festival. Ce film de Joël Kerekezi (Rwanda, 2018) se passant dans la jungle du Kivu au Congo raconte l’histoire du Sergent Xavier, héros de guerre rwandais, et le jeune et inexpérimenté soldat Faustin en territoire ennemi où ils combattent une guerre floue. Lorsque les deux hommes perdent leur bataillon, ils se retrouvent seuls et sans ressources face à l'inextricable jungle congolaise. En quête d'eau, de nourriture, et toujours à la recherche d'une issue, ils sont exposés à une hostilité omniprésente. Seuls, ils doivent surtout affronter leurs propres démons.

Une très belle œuvre cinématographique dont la projection va, sans doute, refuser du monde ce jour-là.
Les films congolais sont toujours moins nombreux, que ce soit au niveau national ou international. Les années antérieures, explique Tshoper Kabambi, il y avait quand même beaucoup de films du côté de l’est du pays. ‘’Cette année, il n’y a que 2 films de l’est et à Kinshasa n’en parlons même pas‘’.
Raison pour laquelle le comité a pensé à pouvoir multiplier les chances, pas seulement pour le festival, mais aussi pour les cinéastes.

Bouée de secours
En effet, en plus de la programmation du festival, sera proposé pour la première édition, des Rencontres de Co- production de Kinshasa (RCK). ‘’L’objectif des RCK est de pouvoir permettre aux réalisateurs et aux producteurs congolais de travailler ensemble entre eux pour faire exister le projet. Cela existe déjà mais d’une manière informelle. Maintenant, nous voulons formaliser les choses et permettre à ce que lorsqu’un producteur a un projet, si ce dernier est bon et qu’il manque de moyen, il peut rencontrer son homologue producteur pour mettre les forces ensemble et produire le film‘’, développe l’initiateur du festival.

En fait, ces rencontres viseront à favoriser la coproduction de longs métrages de fiction en RDC. Dix projets de longs métrages de fiction seront sélectionnés et présentés à des professionnels de l'industrie du cinéma, des personnalités publiques, des mécènes du monde culturel, des responsables de télévision et des chefs d'entreprises en vue de dénicher des opportunités de financements et de collaboration.

Décollage escarpé
L’autre idée c’est que la plupart des partenaires qui accompagnent FICKIN ont de plus en plus besoin de voir des films congolais et ils sont prêts à mettre du paquet pour accompagner la production de ces films. ‘’Mais, au vu de ce qui se passe sur terrain, ils sont un peu hésitants. Donc, ils ont manifesté la volonté de se pencher derrière FICKIN pour faire exister un vrai laboratoire de co-production et une façon officielle de pouvoir mettre un peu l’argent dans la production du cinéma congolais‘’, a souligné M. Kabambi ce jeudi.
Raison pour laquelle, ces derniers seront aussi invités, ils vont écouter les projets, s’ils aboutissent et s’ils aiment le projet, ils vont l’accompagner financièrement pour la production.

Malgré cet appel, fustige la tête pensante du Festival International du Cinéma de Kinshasa, on ne compte pas encore plus de 5 projets de films, alors qu’on devait en avoir au moins 20 pour en sélectionner 10. ‘’Donc, le festival ne prendra pas le risque de pouvoir aller présenter des projets qui ne tiennent pas le coup aux partenaires qui manifestent la volonté de donner l’argent parce que si ça ne se passe pas bien, ils n’auront plus confiance prochainement‘’.
Toutefois, les portes sont grandement ouvertes pour cette 6ème édition qui réserve d’alléchantes affiches.

Boris Luviya

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