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Abeti Masikini va totaliser ce 28 septembre 2019 25 ans depuis qu’elle a passé l’arme à gauche. En son hommage et surtout en celui de sa fille. Yolande j’ai choisi de la présenter dans ma chronique.


Elle, je l’ai connue à Kinshasa, durant les grandes vacances de 1970, dans la commune de Kinshasa, dans la maison familiale sur l’avenue Kabalo, juste en face de l’hôtel King. Elle s’appelait Albertine Fina mais nous, on m’appelait Mundele, car elle parlait trop français et faisait tout comme une Européenne. Je l'ai connue à la faveur de sa petite sœur Aziza qui était mon ami et confidente simplement. Je la regardais de loin parce que, dans la maison elle se comportait dans la façon de parler, de s'habiller, de s'adresser aux gens comme une Blanche. Et puis, dans des concerts, elle faisait le lever de rideau en interprétant Mireille Matthieu. Lorsque je devins journaliste, elle était déjà devenue une grande star de la chanson. J’ai effectué des recherches dans google. Voici ce que j’ai trouvé pour son parcours ; je ne pouvais pas trouver mieux.

Le début de sa carrière
Abéti Masikini a commencé sa carrière musicale en 1971, après avoir obtenu la première place au concours « Découverte des jeunes talents » organisé par feu Gérard Madiata chanteur à la voix d'or. C'est alors que Gérard Akueson célèbre Manager lors de son passage à Kinshasa, la découvrira, présentée par Kayumbi Béa, Lukumku Sampu et Kiamuangana Mateta (Verckys). Ils partent tous les deux au Togo où elle enregistre son premier 45 tours « Mutoto Wangu et Safari » avec ses musiciens Mauriciens : C'est le succès. Avec son groupe, elle sillonne l'Afrique de l'ouest avec un spectacle époustouflant de deux heures. Le Bénin l'accueillera ainsi que la Côte d'Ivoire, le Niger, la Haute Voita (Burkina Faso), la Guinée, le Sénégal, le Ghana et le Nigeria où elle rencontre Fêla, le roi de l'Afro-Béat, elle enregistre dans le même studio que lui.

Le triomphe à l'Olympia de Paris. Son premier passage à l'Olympia de Paris le 19 février 1973 âgée alors de 19 ans fut un succès sans précédent. Elle rencontre plusieurs vedettes de la chanson Française dont Mireille Mathieu, Hugues Auffray, côtoie les plus grands du monde, tels que Mohamed Ali, James Brown, Myriam Makéba, le Roi Pelé, Bruno Coquatrix et tant d'autres. Après son passage à l'Olympia, Pierre Cardin le célèbre couturier, parraine son 1er album « Pierre Cardin présente Abéti ». À ses débuts, elle puisait dans ses contes Congolais, musique traditionnelle et folklorique, Abéti chantait en Swahili, sa langue maternelle, en Lingala, ensuite en Français et en Anglais, cela en signe d'ouverture sur le monde et afin de mieux communiquer avec le public de plus en plus hétéroclite, qui appréciait sa musique résolument avant-gardiste.

La remise en question
Malgré son parcours remarquable sur la scène internationale, Abéti n'intéressait pas le grand public congolais en général, et kinois en particulier. Ce dernier jugeait sa musique très différente de la musique congolaise authentique.
L'année 1976 sera un challenge car pour la première fois depuis le début de sa carrière elle rencontrera une « rivale » du nom de M'Pongo Love (1956- 1990). Cette dernière domine le hit-parade kinois ainsi que les ondes de la radio nationale avec son titre Pas Possible Maty. En avril 1977, son manager et époux Akueson Gérard, la pousse à accepter un concert en compagnie de M'Pongo Love au ciné Palladium. Les deux artistes, chacune dans son style, porterons très haut le flambeau de la musique féminine africaine et paverons le sentier pour les futures chanteuses.
Toutefois, Abeti devra remettre sa carrière en question. Le style plus blues-folk africain qu'elle faisait jusque-là ne plaisait pas à certains. Elle se battra désormais pour plaire à ce public. Certains la critiquèrent en disant que son répertoire plus destiné, aux swahiliphones, ne touchait pas l'ensemble des congolais qui apprécient plus les chansons populaires chantées en lingala, l'une des quatre langues nationales du pays.
Par contre, ce même répertoire lui avait ouvert les portes du succès hors du pays.

La tigresse aux griffes d’Or
En septembre 1977, Abeti s'envole pour Paris enregistrer un nouveau disque produit par Slim Pezin, arrangeur et producteur très connu dans le monde musical français. Avec son manager, Gérard Akueson, qui se charge aussi de la direction artistique de l'album intitulé Visages, Abeti se lance dans la nouvelle tendance qu'est le disco. Elle ne perd pas pourtant son originalité, car les chansons sont en swahili, en lingala mais aussi en français. Elle hésite malgré les critiques sévères dont elle est victime de faire une musique totalement congolaise.

La même année, elle s'embarque avec son groupe pour une grande tournée en Afrique de l'ouest, où le public l'apprécie. Elle attire d'ailleurs l'attention de Radio Netherlands, pour laquelle elle tournera aux Pays-Bas un film musical [Lequel ?] autour des chansons de son dernier album. À son retour à Kinshasa, début 1978, une vaste campagne publicitaire est lancée pour annoncer son retour et la sortie de son cinquième opus Visages. Ce dernier comprendra des titres tels que Assa Mubire, Motema pasi, Bisuivra-Suivra, Musampa, Unipé, Mateso Ya Dunia, etc. Un grand changement s'opère aussi dans ses spectacles qui deviennent plus glamour et plus moderne. La chorégraphe-chanteuse franco-sénégalaise Manow Balé vient à sa rescousse pour former les Tigresses. Le disque est un succès non seulement à Kinshasa, mais aussi dans tous les hits afro-caribéens de l'époque durant des mois6. Ses spectacles également affichent complet tant en soirée qu'en matinée. Abeti n'est plus seulement la « tantine » des enfants, mais celle de tout le monde.

A la fin de l'année 1978, elle récidive avec un autre opus arrangé et produit par Slim Pezin. Elle offre la chanson intitulée Ngblimbo à ses petits fans et se souvient de sa ville natale, Kisangani, à travers le morceau Singa Mwambé. Ce sixième album compte aussi des chansons comme Amitié, Kupepe Suka, We Muloko Wangu, etc.
En 1979, Abeti se produit à Londres dans la salle Royal Albert Hall. Profitant du succès de ses deux albums précédents, elle cherche, dès son retour à Kinshasa, à élargir son public et s'associe pour la première fois à une grande formation musicale de la place, le Tout Puissant OK Jazz de Franco Luambo Makiadi, pour l'enregistrement de deux singles. Il s'agit de Na Pesi Yo Mboté et Bifamuri, deux chansons avec des arrangements musicaux purement congolais. Le premier titre sera un succès populaire sur les deux rives du Congo (Kinshasa et Brazzaville) et permettra à Abeti d'asseoir définitivement sa popularité dans son pays.

Cette tentative réussie annoncera les couleurs des années à venir. Toutefois, l'album Mokomboso, sorti en 1980, sera dans le style de ses deux disques passés, c'est-à-dire, un mélange éclectique : disco, pop et rythmes afro. En mars 1980, lors d'une visite officielle du président Joseph Désiré Mobutu en Chine, la chanteuse Chu Mi Yun de la troupe du théâtre national chinois imite Abeti en interprétant deux de ses succès : Bisuivra-Suivra et Motema Pasi.

Les années rumba
En 1981, Abeti célèbre ses 10 ans de carrière. Elle sort Dixième anniversaire, un album arrangé par Sammy Massamba avec des titres aux sonorités proche de la rumba congolaise : Baruwa Kwa Mupenzi, Chéri Badé, Père Bouché, etc. Chéri Badé sera un succès au sein de la communauté congolaise. Pour une fois, Abeti fera l'unanimité sur le plan local. La rumba deviendra pour les années à venir son rythme de prédilection. Cependant, sa musique perdra un peu l'originalité qui la différenciait des autres artistes du Congo-Kinshasa.
En 1982, I love You (Mwasi Ya Bolingo) sera un autre succès. Ce titre permettra à l'album Abeti, contenant aussi la chanson Jalousie et une reprise de Na pesi Yo Mboté, d'être son premier disque d'or avec plus de 300 000 exemplaires vendus en Afrique7. La suite ne sera pas aussi créative que les années précédentes. En 1984, Elisabeth s'installera à Lomé au Togo avec son groupe jusqu'en janvier 1986.

Je Suis Fâché
Au printemps 1986, Abeti s'installe à Paris et sort l'album Je suis fâché dont le titre phare est écrit, arrangé et produit par l'artiste camerounais Georges Seba. C'est un carton, à une période où le groupe antillais Kassav' « colonise » pratiquement la scène musicale afro-caribéenne. L'album est un disque d'or certifié et une nouvelle génération du public découvre la star congolaise. L'année suivante, elle récupère la même équipe composée, notamment de Georges Seba, Lokassa ya Mbongo et Dally Kimoko pour l'album En colère dans lequel elle lance le Soukous Parfumé. Celui-ci n'est pas disque d'or mais la chanson Scandale De jalousie est un tube aux Antilles et en Afrique de l'ouest. Elle participe d'ailleurs à l'émission Champs alizés en Martinique. Le disque reçoit comme récompense en 1987, un Maracas d'or [réf. nécessaire].

En 1988, Abeti avec l'appui de son fan club international dirigé par Berthrand Nguyen Matoko, se produit le 24 septembre au Zénith, la grande salle de spectacle parisienne devant 5 000 personnes. Le concert auquel prennent part plusieurs artistes invités, notamment Bernard Lavilliers, Manu Dibango, Georges Seba, Pépé Kallé (en) et François Lougah, est diffusé en direct sur Radio France internationale (RFI). Le succès que rencontre ce spectacle lui vaut un contrat avec la firme de disque multinationale Polygram. En 1989, elle réalise enfin son rêve en allant en Chine se produire pour 17 galas avec l'Abeti chinoise dans les grandes villes du pays devant des milliers de spectateurs. Cette même année, elle chante aussi dans la mythique salle Appolo Theater à Harlem dans la ville de New York aux Etats-Unis.

Les dernières années
Elle sort un dernier album en 1990 intitulé La Reine du soukous comprenant, entre autres, les chansons suivantes : Bebe Matoko, Mupenzi, Malu et une reprise de Mwana Muke Wa Miss. Elle se produit par ci et par là notamment à Kinshasa au Palais du Peuple en décembre 1990. Elle livre son dernier spectacle dans la salle LSC à la nuit du réveillon 1993.
La maladie l'éloigne de son public les mois suivants, et elle décède le 28 septembre 1994 à Villejuif, dans la banlieue parisienne, des suites d'un cancer. Son corps est rapatrié à Kinshasa le 9 octobre de la même y Elle est décorée à titre posthume d'une médaille de l'Ordre national du Léopard et elle est enterrée le 10 octobre au cimetière de la Gombe en présence u plusieurs personnalités, des membres de sa famille et de nombreux fans.
Je partage la douleur de Yolande, ma fille adoptive. J’aime ta façon de m’appeler Papa Jean-Pierre et surtout lorsque tu me rends visite lors de mes séjours à Paris et lorsque tu es de passage à Kinshasa.
(Source : Tiré du mur facebook de Jean-Pierre Eale)

 

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