*«Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années», écrivait l’illustre Corneille dans son best-seller «le Cid». Il se prénomme Raïs, à ne pas confondre avec le «Raïs» Joseph Kabila, le Président honoraire de la RD Congo.

Lui, Raïs NezaBoneza est un jeune poète et écrivain congolais de «langue anglaise» qui évolue, depuis plus de vingt-cinq ans, en Norvège. A son actif, sept œuvres littéraires de haute facture dont «Eldorado blanc, fièvre noire» de même que plus d’une centaine d’articles publiés dans des journaux de renommée internationale et dans des revues scientifiques. Hormis la littérature, sa grande passion, Raïs NezaBoneza s’est totalement investi dans la résolution de la problématique des conflits, notamment en Afrique, et dans la consultation avec plusieurs ONGs et institutions humanitaires, de développement et d’éducation. Ce qui amène ce militant et pratiquant de la paix à sillonner le monde. Il est aussi initiateur et gestionnaire d’un journal en ligne dénommé «KimpavitaPress».

La trajectoire de Raïs
Cette «étoile montante» a vu le jour, un certain 29 juillet 1979, au sein de l’hôpital Jason Sendwe dans la ville de Lubumbashi (Grand Katanga), situé dans la partie Sud-Est de la RDC. Aîné d’une fratrie de quatre garçons et une fille, Raïs NezaBoneza est issu de l’union entre M. Rumvegeri T. Boneza et Mme FellyFurahaMburanumwe. Le père est un éminent Professeur Dr. en Science et Géologie de l’Université de Lubumbashi (UNILU), la mère est une ancienne infirmière de la célèbre société minière Gécamines. Ce couple et leur progéniture se sont établis au Nord du vieux continent, après maints déplacements, en Norvège, pays scandinave. rais écrivain2

Au cours de sa tendre enfance, Raïs a fait ses premiers pas dans le quartier Bel Air au sein de la zone de Kampemba. C’était à l’époque du Zaïre de Mobutu. Le jeune écrivain confies avoir vécu une enfance paisible. Il fit ses maternelles (école gardienne) dans la paroisse Saint Sauveur, toujours dans la capitale minière. Boneza effectua ses études primaires au Collège Imara des Frères Salésiens de Don Bosco. Pour l’école secondaire, il alla au Collège Imara de la ville de Lubumbashi. Malheureusement, en raison des troubles ayant suscité mort d’hommes au campus de l’UNILU au début des années 1990, la famille Boneza était contrainte de déménager pour la ville de Goma dans le Grand Kivu. Là-bas, Raïs fut inscrit dans l’Institut de Technique industrielle de Goma (ITIG) où il évolua pendant deux ans. Mais, la technique ne cadrait pas avec ses ambitions.

Dans cette partie Nord-est de la RD Congo, le père de Raïs fut le pionnier de l’Institut Supérieur des Techniques Appliquées (ISTA) de la ville de Goma dont il était, du reste, le tout premier Directeur Général. Après son passage éclair à l’ITI, Raïs NezaBoneza fut inscrit à l’Institut Maendeleo où il apprit le Latin. Suite à la guerre de libération menée par les troupes de l’AFDL avec Mzee Kabila à sa tête, cette même famille était obligée de se déplacer à nouveau, cette fois, en direction du Burundi. Dans ce pays voisin, le jeune Raïs fréquenta l’école zaïroise de Burundi, pendant un an, avant d’intégrer une école privée en vue de se former en littérature moderne. Un autre conflit, au Burundi, incita la famille Boneza à gagner Kampala, la capitale de l’Ouganda. Dans cette contrée, Raïs se forma en Droit humanitaire et résolution des conflits. Une fois de plus, des troubles le firent quitter ce pays africain en catastrophe. L’épilogue de ce long périple fut la Scandinavie, plus précisément la Norvège où domine un environnement idéal, bien oxygéné avec une verdure sans commune mesure. Au terme de l’apprentissage de la langue norvégienne, NezaBoneza s’intégra parfaitement dans cette société nord-européenne.

Dans ce pays scandinave, ce jeune Congolais pétri de talents, très critique sur les Sciences de développement et farouchement opposé au néocolonialisme et racisme, fut une rencontre qui changea le cours de sa vie. C’est d’avoir connu le fondateur de la Faculté des Sciences de la Paix (Résolution des conflits), le Professeur Johan Galtung. Par la suite, Raïs se rendit en Angleterre où il obtint, avec brio, son Bachelor et Master dans le domaine des humanités et se spécialisa dans les conflits à l’Université de Derby. Puis, il a fréquenté l’université des résolutions des conflits en Autriche. Il a aussi œuvré en Suisse, au Canada, au Soudan du Sud, en Ouganda, en RD Congo, etc.
Après l’obtention de son Bachelor et Master, ce Congolais de la diaspora a commencé à enseigner comme Maître de Conférences dans différentes universités et institutions, entre autre à l’EuropeanPeaceUniversity (EPU) en Autriche.

Ses passions et ses œuvres
Pendant ce quart de siècle passé en Scandinavie, Raïs NezaBoneza a presté comme enseignant, agent municipal, écrivain et fut candidat Député du parti de gauche arrivé en troisième position. Il est également militant et pratiquant de la paix.
Raïs est représentant du réseau TRANSCEND pour l’environnement de développement de la paix dans la région des Grands Lacs et dans le reste de l’Afrique Centrale. Il a beaucoup voyagé en Afrique et dans le monde en tant que conférencier, éducateur et consultant pour diverses ONGs et institutions internationales. Son travail est basé sur l’art, la guérison, la solidarité, la paix, la résolution des conflits et la dignité humaine. Polyvalent, il est aussi journaliste indépendant basé à Trondheim en Norvège et créateur du journal en ligne «KimpavitaPress». Histoire de manifester son attachement à son pays d’origine, le Congo de Kimpavita, et au continent noir. Aussi, ce Congolais de la diaspora originaire de Rutshuru (province du Nord-Kivu) a-t-il été élevé au rang de Docteur Honoris Causa au Burundi.

Parmi ses sept œuvres d’esprit écrites en Anglais, figure «Eldorado blanc, fièvre noire» qui relate le conflit récurrent du Coltan dans la partie Est de la RDC. Il y a aussi un ouvrage de recherche académique sur «la paix à travers des solutions typiquement africaines». Le quadragénaire Raïs met, par ailleurs, la dernière main sur un livre relatant l’histoire du Congo aux années 1960 ainsi que sur un recueil inédit des poésies. Ce passionné de la littérature met sur pied une plateforme réunissant les articles des organisations à tendance progressiste.
«La jeunesse doit avoir des bons repères, des modèles. Que la paix revienne, qu’on travaille ensemble, que l’arrogance diminue et que tout le monde se mette sur la table pour travailler et non pour manger. Changer la façon de travailler et de penser le Congo», martèle Raïs NezaBoneza. Celui-ci a également un goût prononcé pour le théâtre, la lecture, la bière et le bon vin. Mais, l’instauration de la paix dans le monde demeure sa plus grande préoccupation, son combat de tous les jours.

James MpungaYende

Les plus lus