1. Devoir de mémoire : monologue


J’ai été dans les années 90 membre du Bureau d’Etudes du Front Patriotique de Maître Kinkela, qui en était président, mais en même temps l’un de ses plus proches conseillers, mieux, collaborateurs. A l’époque, le camarade Kinkela était Rapporteur Général de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) présidée de main de maître par le très brillant Monseigneur Laurent Monsenguo Pasinya, aujourd’hui Cardinal émérite. En février 1992, après le massacre des chrétiens catholiques par la soldatesque mobutiste, dont le seul tort était de réclamer la réouverture des travaux de la CNS, j’ai été l’auteur d’une publication dans le journal Le Potentiel de Modeste Mutinga (où travaillait monsieur Tshidibi Godavi un ancien collègue et ami de l’Université de Lubumbashi), qui avait fait grand bruit tant dehors qu’au sein des assises du Palais du Peuple. L’article s’intitulait « Exhortation à Etienne Tshisekedi wa Mulumba pour une victoire certaine ». Cet article me valut d’être reçu par le leader maximo en personne. Un rêve de jeunesse qui s’accomplissait pour un jeune Chef de Travaux qui, pourtant, n’était pas membre de l’UDPS, le parti du sphinx de Limete, mais tout juste le prenait-il en exemple voire en modèle pour sa lutte contre la mauvaise gouvernance et la dictature. Une admiration sans faille et obsession pour la personne de Tshisekedi qui me valut deux ans plutôt, en juillet 1980, une exclusion définitive de l’Université de Lubumbashi pour « agitation professionnelle » sous le mandat de Monsieur Félix Vunduawe Te Pemako, vice-recteur de ladite université. Porté disparu et recherché par les hiboux et sbires du mobutisme et du MPR Partit-Etat, mandat fut donné à quiconque et particulièrement aux services militaires et de sécurité de me ramener vif ou mort !
De la courte entrevue, du haut de mes vingtaines d’années, que j’eu avec l’ancien opposant, en présence du camarade Kinkela, mon président, très fier de moi, Tshisekedi me félicita d’être parmi les jeunes dont il pourra un jour compter pour débarrasser le Zaïre de l’époque du pouvoir dictatorial du Maréchal Mobutu et de m’exhorter, en faisant clairement allusion à l’intitulé de l’article que je lui consacrai, à ne jamais changer de cap ni à avoir peur de la mort ni à céder à la corruption facile ni encore moins à spolier un kilomètre carré du territoire national… La même année, au mois d’octobre précisément, j’obtins, heureusement ou malheureusement, une bourse d’études de l’église catholique allemande pour poursuivre mes études et recherches doctorales à l’Institut Supérieur de Philosophie de l’Université Catholique de Louvain (Belgique). Une fois en Belgique, Kinkela m’investit de la présidence et de la représentation internationale (extérieure) du Front Patriotique. Fraichement débarqué, mon « tshisekedisme » jusqu’au-boutiste me fût farouchement remarqué par d’autres états-majors, le Parti Démocrate Chrétien (PDC) de monsieur Ileo Songa Amba à l’instar, m’accusant d’être une taupe à la solde de Tshisekedi ! Pour quelqu’un qui n’a jamais adhéré à l’UDPS, l’accusation n’était pas facile du tout à avaler. Mais une chose est qu’ancré à gauche et de tous les combats sociaux, Tshisekedi a toujours été mon inspirateur, et la ressemblance s’arrête là. En tout cas, paix à son âme au chantre et grand combattant qu’il avait été pour la lutte contre la dictature, la mauvaise gouvernance, la médiocratie…
2. Le « faux meurtre » et l’odeur du père
Je vais essayer, en me servant de l’argument par l’absurde, de comprendre à très haute voix le mode de fonctionnement de Félix Tshisekedi Tshilombo, notre actuel Président de la République Démocratique du Congo. FATSHI est donc le fils d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Et comme tout un chacun, il a été élevé dans l’odeur de son père. Rien que ça, je ne vois pas FATSHI être le fils d’un autre que celui de son père biologique. Il s’agit, donc, d’un enfant qui a été élevé dans la pure tradition luba kasaï où les valeurs dues aux parents, aux traditions, aux coutumes et particulièrement aux morts ont toujours été foncièrement recommandées. Ce disant, je ne vois donc pas FATSHI mettre au placard la lutte de son géniteur. L’actuel chef de l’Etat peut être traité de tout ou accusé de tous les péchés du monde, mais jamais d’être un mal éduqué. FATSHI est un homme très bien élevé et très bien éduqué. En tout cas, il n’est pas quelqu’un de conflictuel, qui cherche la guerre. C’est un homme très consensuel, qui a le sens de la grandeur du peuple et de la nation. Même s’il y a des abrutis qui le prennent pour un faible ou pour un nullard. Mais je prendrai, envers et contre tout, un exemple ou tout au plus deux exemples pour montrer comment FATSHI a tué son père sans vraiment le tuer.
2.1. Premier exemple : l’ombre du Sphinx
La mémoire collective zaïro-congolaise a encore en mémoire la scène on ne peut plus surréaliste où l’on voyait Tshisekedi père biffer et signer, en présence de l’opinion tant nationale qu’internationale, l’ordonnance présidentielle le portant à la primature ! Une scène qui l’a non seulement décrédibilisé pour l’éternité, mais qui a aussi plongé le pays dans une déstabilisation sociale, humaine, monétaire sans nom, sans compter les pillages des années 1991 et 1993 par des militaires et populations au bord de la rupture psychologiquement. En agissant de la sorte, il est fort probable qu’Etienne Tshisekedi n’ait suffisamment pas réfléchi aux conséquences, qu’il n’ait pas compris le sacrifice humain qu’il pouvait, en tant que fédérateur d’espoirs du peuple, et encore moins son immense responsabilité. Il a, donc, malheureusement cédé au flux émotionnel. Un flux émotionnel qu’il a discrédité aux yeux de la nation et surtout de la fameuse communauté internationale ; celle-ci le considéra désormais alors comme un dirigeant instable, avec qui aucun pacte n’était ni envisageable ni possible. Faire de l’opposition toute sa vie, sans songer ne-fût-ce qu’une seule fois à accéder au pouvoir contraste à la pratique politique. Toute opposition mène au pouvoir, et non pour y renoncer, en se trouvant des prétextes farfelus.
2.2. Deuxième exemple :le parrainage du Raïs
Tshisekedi fils aurait-il dû, à son tour, agir comme son père, comme je l’entends régulièrement dire, refuser la main tendue de Joseph Kabila Kabange au nom des plusieurs prétextes, dont l’un de plus récurrent consistant à voir derrière ce dernier la main de Paul Kagamé ? Avant de donner mon point de vue à ce propos, qu’on me permette tout juste une petite précision. La Sainte Bible nous interpelle à ne point juger. Si je m’autorise une telle allusion à la parole divine, c’est au nom de la polémique créée sur la nationalité de l’ancien président de la république. Il se fait, donc, qu’au nom de cette polémique, toute alliance avec Joseph Kabila Kabange est quasi automatiquement suspecte. Pour certains, Kabila ne serait pas congolais, pour les autres il le serait. Personnellement, je fais partie de ceux qui croient et soutiennent que de naissance ou d’adoption, Joseph Kabila Kabange est congolais en cent pour cent. Et si je me montre aussi affirmatif, alors que je ne suis pas de la famille de l’ancien chef de l’Etat, c’est à la fois aux déclarations de Mzee Laurent-Désiré Kabila lui-même, et également aux dispositions prévues par la loi des Etats de ce monde en matière d’adoption d’enfants ou naturalisation des personnes. Pour en venir à Mzee Laurent-Désiré Kabila, il est donc la seule personne habilitée à y répondre en toute objectivité. En conséquence, tout ce qui est à ce sujet dit n’est que spéculations, bavardages, vociférations, élucubrations, frustrations voire jérémiades ridicules, futiles, inutiles, nuls et sans fondement. A un moment c’est devenu une pure distraction, l’arbre qui cache la forêt quoi.
En effet, dans un monde en mouvement, les origines ne développent pas une nation. C’est la nation telle qu’établie qui donne des ailes aux origines, pas l’inverse. Toutes les nations modernes ne s’en tiennent plus. L’afro-kenyan Obama a bénéficié de deux mandats aux Etats-Unis d’Amérique, le franco-hongrois Nicolas Sarkozy a présidé la France, le franco-turc a été premier ministre de la France, le franco-basque-espagnol Emmanuel Valls a été pendant cinq ans premier ministre de François Hollande en France et par la suite candidat à l’élection présidentielle, et ne s’est pas arrêté là, car mis en échec, il a changé casaque, et sans demander l’avis d’aucun contribuable français, s’est présenté et élu à la mairie de Barcelone la capitale du Pays-Basque espagnol, le franco-israélien Dominique Strauss-Kahn plusieurs fois ministre de l’économie d’abord sous François Mitterrand, ensuite sous Lionel Jospin et puis à la fin candidat du parti socialiste français à l’élection présidentiel, le belgo-italien Elio Di Rupo membre du parti Socialiste belge et plusieurs fois Premier ministre de la Belgique, etc. Tous ces « étrangers » qui ont acquis la nationalité française et belge soit par adoption soit par naturalisation se sont mis au service de la France. L’homme blanc est tellement haut, tellement civilisé que rarement il juge les gens par leurs origines. Il accorde sa confiance et son attention aux hommes qui créent, produisent, inventent, innovent, proposent. La France, pour parler uniquement de ce pays, dont j’ai épinglé en suffisance ses responsables politiques issus, pour la plupart, de l’immigration, s’en accommode au nom de sa croyance en la diversité des cultures, des traditions, des races et donc en l’universalisation civilisationnelle.
Le Congo de demain est appelé à juger les gens, non par leurs origines, mais uniquement par leur capacité à créer, à produire et à inventer la société, la culture, la civilisation. Quant à la nationalité de Joseph Kabila Kabange, conformément à ce que je viens de dire, il y a un moment, elle est congolaise en cent pour cent. Je m’en tiens à la seule parole de Mzee Kabila, qu’il l’a présenté ainsi comme fils et héritier politique et militaire. Quand son père le présenta à la nation congolaise, Joseph Kabila n’était pas encore le Chef de l’Etat et commandant suprême des Forces Armées congolaises que beaucoup redoutent, mais plutôt un petit soldat parmi tant d’autres. Joseph Kabila n’avait donc pas pu imposer quoique ce soit à son père Mzee Laurent-Désiré Kabila. Il ne connaissait pas encore le pays, et devait en revanche obéissance et soumission à son père. C’est plutôt le fils Kabila qui avait tout à gagner de Mzee, que celui-ci du fils.
On peut donc penser que quand Félix Tshisekedi a accepté le deal avec Joseph Kabila, il n’avait probablement qu’une seule chose en tête : accéder au pouvoir pour « tuer » ce père qui ne voulait rien goûter au pouvoir. En se disant que c’était la seule façon d’y mettre pied pour espérer changer les choses de l’intérieur, car de toute façon qui ne risque rien n’avait rien, finalement. Méfions-nous des apparences, FATSHI n’est pas si immature qu’on le présente, mais sans doute quelqu’un de plutôt consensuel, comme le père Tshisekedi l’était moins. Si Joseph Kabila est un taiseux, Félix Tshisekedi est certainement un homme du compromis.
Sachons que lorsque Kabila céda le fauteuil présidentiel à Tshisekedi, même si la déliquescence de la situation sociale était difficile, mais pas nécessairement impossible à gérer, on connaît le goût du peuple congolais et de Kinshasa en particulier pour la vie ambiante et farfelue, les indices politiques, économiques, monétaires, militaires étaient tout de même maîtrisés. Je ne suis pas là pour faire le bilan du raïs Kabila, avec qui je n’ai jamais travaillé ni de près ni de loin et ni encore moins avec quelqu’un d’autre de son entourage, mais l’honnêteté intellectuelle m’impose à dire les choses telles qu’elles sont, que Joseph Kabila Kabange est celui qui a permis le dialogue inter-congolais d’Afrique du Sud, qui a bien géré la formule 1 plus 1 = 4, dont d’ailleurs il en est le seul survivant, sans pourtant y avoir éliminé physiquement aucun de ses adversaires (la preuve d’une sagesse politique et d’un sang-froid océanique), qui a organisé les premières élections libres depuis l’accession du pays à la souveraineté internationale, qui a unifié aux quatre coins la République Démocratique du Congo, jadis morcelée en bandes armées, et qui a permis la passation pacifique du pouvoir au sommet de l’Etat, une grande première.
Tshisekedi n’étant ni sourd ni aveugle, je parie que c’est en connaissance de cause qu’il a refusé d’agir comme son père et qu’il a accepté, sans sourciller, la main tendue de son prédécesseur. Parce qu’il n’avait certainement qu’une seule idée en tête, se confronter à la pratique du pouvoir pour essayer d’aider son pays et son peuple autrement. Malheureusement la tâche ne lui est pas du tout facilitée, car il souffre du délit de sale gueule, surtout de ses propres compatriotes qui l’accusent d’être le pantin et le porte-parole de Kabila lui-même sous-main du rwandais Paul Kagamé. Ainsi et quoi qu’il fasse, Tshisekedi n’est vu aujourd’hui que comme un traître. Il a perdu beaucoup de ses militants, surtout en Europe, aux Etats-Unis, au Canada. Mais peut-être ceux-ci ont-ils raison ? Même si, loin s’en faut, personne ne dira que ça soit la solution. Car force est de l’encadrer avec des conseils et stratégies susceptible de le sortir du marteau et l’enclume où il se trouve.
Le président Tshisekedi n’est pas un pantin de Joseph Kabila. Les deux n’occupent la même fonction. Tshisekedi est le président de la république et Kabila est le chef de la majorité parlementaire et gouvernementale. C’est l’opinion publique qui les oppose. Mais, en réalité, les deux leaders sont en quelque sorte dans une sorte de cohabitation. L’épreuve de force à laquelle on assisté au moment de la formation du gouvernement d’Ilunkamba a montré très clairement que Tshisekedi n’était pas toujours, comme on le croit, aux ordres de Kabila. En tant que Président, Tshisekedi avait mis son véto exigeant que dans le nouveau gouvernement de son mandat il n’y ait que des nouvelles têtes, et de préférence des jeunes qui n’ont jamais eu aucune expérience politique auparavant, et ça s’était fait. Mais même si le FCC contrôle presque tous les postes-clés du gouvernement et enjoint ses membres partout où ses ministres ne sont pas titulaires, cette expérience, mieux, ce bras de fer avec le président sortant a le mérite de montrer quand même l’indépendance d’esprit du Chef de l’Etat entrant, et surtout qu’il était le vrai et seul Président de la RDC. Un président qui pouvait à tout moment se servir de la Constitution, quitte à créer un climat insurrectionnel dans le pays, soit pour dissoudre le parlement et toutes les assemblées provinciales soit révoquer le gouvernement. C’est Tshisekedi qui a le pouvoir, un pouvoir qu’il a, non de la seule volonté de Kabila, mais de la Constitution. Un président qui a réussi à imposer le choix du gouvernement, non pas comme opposant, comme son père s’y était constamment comporté toute sa vie, parfois jusqu’au comble du ridicule, mais en tant que Chef de l’Etat.
En outre et contrairement à l’opinion rependue selon laquelle le danger était dans le camp en face, c’est-à-dire dans le FCC, je pense que c’est plutôt le contraire, qu’il est dans son propre camp. On doit noter que le premier protecteur de Félix Tshisekedi, c’est Joseph Kabila. Je ne vois pas l’intérêt de sa part s’en prendre à celui qu’il a couronné lui-même. Kabila est suffisamment intelligent pour oser franchir un tel pas. Il sait qu’il est suivi, que tous ses faits et gestes sont épiés, prospectés, que s’il arrivait quoique ce soit au fils de Tshisekedi, l’opinion tant nationale qu’internationale ne sera jamais dupe. En revanche, c’est donc plutôt du côté du CACH que les sympathisants de l’actuel locataire du Palais de la Nation doivent concentrer leur énergie et attention. Le mariage Tshisekedi-Kamerhe n’est qu’un mariage circonstanciel. Il a porté sur l’intérêt d’un moment. Une fois que cet intérêt n’y sera plus, il se rompra de lui-même comme il avait été tissé. En politique, il n’y a pas d’amis éternels, il n’y a que des intérêts, toutefois fluctuants et passagers. Un consensus politique ou tout autre compromis ne se bâtit pas sur un coup de tête sinon il s’écroule au premier désaccord. Au sein du CACH il y a deux exécutifs d’un côté celui du président de la république et de l’autre côté celui de son directeur du cabinet.
Ainsi il y a ceux qui reprochent à Vital Kamerhe de ne pas véritablement se mettre au service du Chef de l’Etat et ceux qui l’encouragent à profiter de son positionnement pour torpiller le mandat de son allier. Ceux-ci ne m’intéressent nullement. Ceux qui me préoccupent sont les partisans de Tshisekedi, qui en veulent à Kamerhe de saborder le mandat de leur leader-président. Quant à moi, ceux-ci n’ont malheureusement encore rien à la politique politicienne. Kamerhe sait pertinemment, ses militants de l’UNC également, qu’il est autant présidentiable que Félix Tshisekedi. Ces militants aveuglés et totalement aphones oublient que le Dircab de leur champion était également un candidat déclaré en même temps que Tshisekedi Félix aux dernières élections, et qu’il s’était mis en retrait au dernier moment pour apporter crédit et ampleur à l’accord passé avec le FCC de Joseph Kabila. Vital Kamerhe sait également qu’en s’autoproclamant Directeur du Cabinet, il n’était en aucun cas là pour cirer les chaussures de son président, mais pour préparer la prochaine échéance électorale de 2023. Ainsi, qu’on l’accuse d’être au service de la main noire qu’incarne la communauté rwandophone, encore qu’il faille mettre les preuves des telles allégations sur la table, Vital Kamerhe sait en attendant là où il va. Kamerhe est un dribleur chevronné, un calculateur, un véritable joueur d’échecs, un renard de service, qui attend le bon moment pour bondir et marquer. Ainsi, rien d’étonnant si demain on le retrouvait main dans la main soit avec LAMUKA soit avec le FCC ! Si j’avais été un militant de l’UDPS, je ne m’en serais jamais pris ni à Joseph Kabila ni à Martin Fayulu ni encore moins à Vital Kamerhe, mais plutôt au président Tshisekedi lui-même qui paraît manquer peut-être de lucidité, de vision, d’anticipation, une chose est d’être président et une autre est d’en être capable.
3.Le contre-pouvoir ou l’opposition républicaine
LAMUKA est en ce moment au Congo-Kinshasa, la structure qui incarne ce contre-pouvoir, mieux, cette opposition républicaine. Malheureusement à force d’égos surdimensionnés, ce contre-pouvoir bat de l’aile. Jean-Pierre Bemba Gombo, Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Adolphe Muzito sont ses figures de proue. Avant de savoir si en cas de victoire aux dernières élections, ceux-ci seraient parvenus à gouverner ensemble, il faut commencer par se demander s’ils ont la même conception du pouvoir ? A cette question, mon point de vue personnel, même s’il ne compte pas nécessairement, est plutôt négatif. Parce que les principales têtes d’affiche, et on le voit très bien, n’ont ni la même conception idéologique ni la même perception du pouvoir politique. Je m’en veux pour preuve ce qu’il s’est passé récemment sur la question de faire ou non la guerre au Rwanda, et où l’on a vu les quatre principaux chefs de LAMUKA s’y mettre en ordre dispersé ! Une divergence qui n’est pas passée inaperçue ni au pays ni à l’étranger. Très rapidement et de façon ramassée, je me permettrai de faire leur présentation, dont je n’espère pas qu’elle soit objective ou unanime.
3.1.Jean-Pierre Bemba Gombo, est à mon humble avis, le plus crédible de LAMUKA. Parce qu’il incarne la carrure du Chef qui convient à la sinistre mentalité du peuple congolais. Dans l’état actuel des choses, je ne pense pas qu’un pouvoir démocratique tel qu’exercé dans les pays occidentaux développés et surtout civilisés, convienne à la racaillerie congolaise voire afro-noire par extension. Président du très mémorable Mouvement de Libération du Congo (MLC), il aurait pu être une alternative crédible par rapport au régime précédent, malheureusement ses déboires judiciaires délibérément montés de toutes pièces par la soi-disant communauté internationale des intérêts occidentaux en Afrique, l’ont mis, contraint forcé, en retrait.
3.2.Moïse Katumbi n’est pas un politicien au vrai sens du mot, il ne l’est devenu que par la force des choses en tant que gouverneur de la très riche province du Katanga, aujourd’hui dépecée et morcelée en quatre parties. Mais en réalité, il reste un véritable homme d’affaires et un très bon manager du club de football, le Tout Puissant Mazembe. Longtemps dans le sérail du pouvoir précédent et ami très proche du raïs, il s’est essayé à la politique une fois débarqué de la tête de sa province, avant de passer dans l’opposition pour montrer ses dents contre le même ami Joseph Kabila Kabange et contre le PPRD, dont il était membre ! Cela a suffi pour en faire, dans un monde où très souvent les borgnes sont rois, un candidat crédible à l’élection présidentielle ! Mais sous la menace d’un procès pour diverses malversations financières et foncières, il dût s’exiler pour échapper aux poursuites et à ses détracteurs, et don automatiquement en retrait de ladite élection présidentielle.
3.3.Martin Fayulu est un homme d’affaires à la base, qui est devenu sans doute politicien en la faveur de son désir ardent de faire bouger les choses. C’est dans ce même ordre d’idées qu’il est devenu ce qu’il est devenu aujourd’hui, c’est-à-dire présidentiable grâce à LAMUKA interposé. Un consensus en effet avait été fait autour de lui en la faveur du double désistement de Bemba et de Katumbi. Candidat à la présidentielle et donné vainqueur par tous les instituts de sondage et dans la foulée reconnu par la Communauté internationale des intérêts occidentaux dans le monde et en Afrique noire en particulier, il a fait en même temps non seulement la mauvaise expérience sur la duplicité des gouvernants occidentaux, qui l’ont d’abord reconnu avant de se raviser au profit de son rival Félix Tshisekedi, mais également compris dans la foulée que la démocratie est recommandée aux occidentaux et non aux petits nègres. Au final, il na eu ses yeux que pour pleurer, de remuer ciel et terre, mais en vain même si resté sourd, il continue toujours à penser que les mêmes occidentaux qui l’ont déjà désavoué, il est vrai on ne sait au nom de quel comptage électoral, lui rendront le tablier demain ; autant qu’incapable de tirer les leçons de l’histoire, de changer de stratégies et d’habitudes, il ne cesse de parcourir la terre entière pour réclamer la vérité des urnes, dont personne ne s’y sent plus concerné.
Toutefois, malgré son énergie et sa détermination, force est de constater que Martin Fayulu Madidi se trouve complètement isolé tant au sein de LAMUKA que de l’ensemble du peuple congolais, dont c’est vrai l’amnésie et la cécité entachent souvent la santé mentale, faisant de lui le seul peuple au monde à qui l’histoire ne donne jamais de leçon, et n’apprend jamais du devoir de mémoire. En tout cas avec Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi qui l’ont fait roi, le courant ne passe plus malgré les apparences et acquis de conscience d’unité qu’ils affichent en public. Mais l’opinion n’est pas dupe, on sait que c’est véritablement pour du beurre. En politique le courage et la popularité seules ne suffisent pas, il faut aussi savoir jouer aux échecs pour asseoir une véritable stratégie de conquête et de reconquête du pouvoir et du peuple. Le chef d’un hôtel-restaurant-bar qui n’est jamais prêt pour sa clientèle perd sa clientèle, et non pas que ses étoiles. Martin Fayulu ressemble au jour d’aujourd’hui à ce chef d’hôtel-restaurant-bar qui a perdu ses étoiles, non pas forcément par la faute des autres, mais par sa propre négligence. S’entêter sur la vérité des urnes, alors que la roue de la fortune et du pouvoir tourne, c’est arrêter l’histoire de s’écrire et avec le risque de se laisser emporter soi-même. Sa stratégie paraît obsolète, inutile, futile, ringarde. Car la vérité des urnes n’est plus une urgence, encore moins d’actualité. Il a été royalement driblé, Cristiano Ronaldo était passé par-là, il doit se ressaisir pour voir comment contrer le dribleur prochainement. La vérité des urnes est comme un scénario d’un film d’horreur, et qui une fois la projection terminée mérite d’être oublié pour reprendre une vie normale. Envisager le futur, c’est le réinventer.
3.4.Adophe Muzito est un ancien premier ministre, qui jusqu’à sa déclaration de guerre fracassante contre le Rwanda, était considéré comme un simple colistier voire accompagnateur de Martin Fayulu. Mais aujourd’hui Muzito est l’homme politique de LAMUKA qui a beaucoup fait ces derniers temps. Pour commencer, Muzito a l’avantage de connaître très bien Joseph Kabila dont il a été le premier ministre. L’homme, malgré son tempérament réservé, a des ressources dans les idées. J’ai suivi certains de ses discours, et il m’a toujours paru cohérent et plein de stratégies. Déclarer la guerre au Rwanda a été la déclaration qui l’a fait certainement entrer dans l’histoire du Congo par la plus grande porte, n’en déplaise aux chiffonniers et jouisseurs. En effet, pour la première fois dans la jeune histoire de la République Démocratique du Congo, Muzito est le seul et le premier responsable politique qui a dit tout haut ce que tout le monde pensait tout bas. Pourtant les premières réticences sont apparues de son propre camp, lorsque le vice-président Jean-Pierre Bemba (dix ans de prison injustement, il est vrai, pris et enfermé à La Haye) et Moïse Katumbi prirent, par communiqué interposé, leur distance. Les raisons de cette volte-face sont nombreuses. Officiellement, la raison évoquée était le manque de concertation sur la déclaration osée de leur collègue Muzito ; jugée en l’état, ont-ils fait savoir rapidement, comme s’ils craignaient quelqu’un ou que quelque chose leur tombe sur la tête, par exemple un drone américain ou que sais-je encore, qu’il s’agissait d’une déclaration qui n’engageait que son seul auteur.
Mais Muzito avait-il tout fait faux ? Pas si vite. Premièrement au niveau de la forme, sa déclaration mettait effectivement ses collègues de LAMUKA dans l’embarras, mais pas que la charrue devant le bœuf du Chef de l’Etat congolais et de son gouvernement. Car il n’y a que ces instances-là qui ont qualité pour déclarer la guerre contre un autre Etat. De la sorte Muzito n’en avait ni qualité ni pouvoir. Déclarer une guerre contre un autre Etat est une décision qui ne se prend pas à la légère. Il faut sonder le moral des troupes, faire un état de lieu de la logistique, si tout est bon, fixer l’échéance, c’est-à-dire la durée maximale de cette guerre, car déclarer la guerre c’est déterminer déjà à l’avance quand elle commence et quand approximativement on la termine. Formellement, je dirai donc que cette déclaration avait le défaut d’être sentimentale, émotionnelle, bref irresponsable, plutôt que réfléchie et raisonnée. Secondement, au niveau du fond, la déclaration de guerre de Muzito méritait de la part du Chef de l’Etat, du Gouvernement et du peuple congolais dans son ensemble une attention soutenue. Parce qu’il y avait effectivement débat. L’est de la RDC échappe depuis plusieurs années à la mainmise des autorités de Kinshasa. La population est soumise à des rudes et atroces épreuves : viols des femmes, tueries de masses à répétition, voles de matières précieuses, et dans tout ça l’indifférence presque résignée tant des autorités de Kinshasa que de la Communauté Internationale des Intérêts Occidentaux en Afrique noire et au Congo Démocratique en particulier.
L’autre question que Muzito aurait dû se poser était celle de savoir si le Rwanda était le seul responsable sur ce qu’il se passe dans cette partie du pays où si au contraire il n’était soutenu par des forces étrangères obscures ? ou s’il y avait des lobbies et complices derrière cette petite bourgade des grands lacs africains ? En analysant de très près et en y répondant, sans parti-pris, on se serait fait une bonne étude de la situation sur le terrain, et ensuite nous adresser aux organisations internationales d’abord, et directement des explications au gouvernement rwandais, et où en cas de silence ou d’indifférence, alors seulement cette déclaration de Muzito aurait eu tout son sens. On doit être aveugle pour ne pas voir que le Rwanda n’est pas tout seul dans l’est du pays. En effet on sait que derrière le Rwanda, existent divers lobbies et marchands d’armes et de dollars américains qui financent l’instabilité dans ce coin de la république, en même temps que prospèrent leurs activités illicites. Cela nous aurait également permis de préparer l’opinion nationale avant tout et internationale par après sur l’issue de cette guerre. Car on ne fait pas une guerre par sentiment ou par témérité, alors qu’on n’a pas les moyens de cette guerre. En face de nous on aurait eu affaire visuellement au Rwanda, mais derrière celui-ci aurait pu compter sur des mercenaires étrangers et des armes cinq ou dix fois plus puissantes que les nôtres et conséquemment avec une défaite militaire assurée, ce qui aurait conduit tout d’abord à une occupation militaire d’une partie de notre territoire, et ensuite à une balkanisation forcée.
Reste que malgré l’immaturité de cette déclaration, Muzito a eu le mérite de sortir du placard cette menace, les occidentaux ne comprenant en général que le langage de la force.
4.Les dessous de la balkanisation
Reste qu’en quittant le pouvoir, Joseph Kabila Kabange, à qui pourtant on renie la nationalité congolaise, a laissé, paradoxalement, une armée structurée, surarmée, suréquipée, surentraînée. Grâce à lui, les FARDC figurent parmi les cinquante meilleures forces armées du monde. L’armée patriotique rwandaise n’y figure pas. Malheureusement la discipline, la bonne mentalité, le moral, la motivation ne sont pas toujours le point fort des forces armées congolaises. La preuve ? Depuis plus de vingt ans elle peine à prendre le dessus sur les forces négatives à l’est du pays. On se morfond dans des excuses pour justifier tous les revers militaires, que des officiels et peuples congolais imputent aux complicités avérées ou supposées entre le régime précédent et les forces négatives ! Pourtant une philosophie dit qu’il n’y a jamais de mauvaises troupes, il n’y a que des mauvais chefs. Pour combattre, le moral des hommes de troupes doit être au beau fixe. Celui des unités combattantes congolaises est dans les chaussettes. Un reportage sur France 24 montrait des soldats congolais en quête du bien-être, se disant ne pas être rémunérés et ravitaillés en nourritures et en boissons. Ce qui ne signifie pas nécessairement que le gouvernement de Joseph Kabila ne faisait rien, mais parce que, aux dires de ces militaires, les provisions et leurs salaires ne prenaient pas la bonne direction. Tout le monde l’aura compris, on parle ici d’un pays où la corruption n’est pas du tout une denrée rare. Dans ce contexte, on comprend que quelle qu’en soit cette déclaration de guerre, avec une telle armée, il sera bien difficile de la gagner face au Rwanda et moins encore l’annexer. Il faut arrêter dans ce pays de se prendre pour ce qu’on n’est pas, de prendre nos couilles pour des lanternes.
Ainsi, c’est faire trop court de mettre sur la tête du président Tshisekedi le lourd fardeau de la balkanisation de notre pays. On doit se rappeler qu’il n’avait que cinq ans quand le Général Mobutu avait pour directeur du cabinet un certain Bisengimena Rwema. C’est le Général Mobutu qui est la tête de pont de la balkanisation du Congo. C’est lui qui le permit, en associant un rwandais pure souche dans la gestion quotidienne des affaires internes du Congo. Onze ans que cette collaboration a duré, toute une éternité. Qui mieux que Honoré Ngbanda, dans ce contexte, peut mieux nous éclairer : « Ce dossier décrivait, en réalité, le vaste réseau du Zaïrois d’origine rwandaise qu’avait constitué et développé à travers le Zaïre, Barthélemy Bisengimena Rwema, alias « B.B. ». C’était était impressionnant, avec des ramifications dans tous les secteurs de la vie nationale ! Directeur tout puissant du cabinet du président de la République pendant onze ans, Barthélemy Bisengimana a été, sans conteste, le vrai patron du gouvernement du Zaïre durant toute la période de ses fonctions à la présidence de la république. Il convoquait et donnait des ordres directement à tous les ministres de Mobutu. Aucune nomination importante au sein de l’administration au sein de l’administration publique ou des entreprises d’Etat ne pouvait se faire sans son aval. Il était le passage obligé des ministres pour accéder au président de la république. C’était lui le vrai Premier ministre du pays… » (« Crime organisés en Afrique centrale. Révélations sur les réseaux rwandais et occidentaux, Paris, éditions Duboiris, 2004, p. 69).
Par ailleurs, c’est Mobutu dans sa grandiloquence naturelle qui avait pendant longtemps, par procuration, dirigé les affaires intérieures du Rwanda, alors sous le règne des gouvernements successifs hutus, mais pas que des plusieurs autres pays africains ; Mobutu occupant aux yeux des étasuniens et des européens, la place qu’occupent aujourd’hui Paul Kagamé et Yoweri Museveni Kanguta. C’est à raison d’un tel pouvoir qu’il dut intervenir en 1990 contre l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) de Paul Kagamé, en tuant même un de ses généraux, pendant que de justesse le vaillant général Mahele Lihoko échappa, à son tour, à la mort, mais grièvement blessé. Quatre ans après quand les tutsis furent massacrés par la soldatesque hutue de triste mémoire et que l’APR de Kagamé prit le contrôle de Kigali, c’est fût encore le Maréchal Mobutu, contre le refus catégorique du Premier Ministre Léon Kengo wa Dondo, qui de son lit de mort en France bondit pour ouvrir les frontières du Zaïre aux massacreurs des tutsis ! La France avec son opération turquoise ne dira jamais qu’elle n’en savait rien, alors, que tout se passait au nez et à la barbe des militaires français et des para-commandos belges. Logiquement, ce scénario nous dit simplement que le Congo de Mzee et de Lumumba n’était qu’en train de payer, sans nullement en revanche aucune excuse sur ce qui se passe aujourd’hui à l’est de notre pays, les errements de la politique étrangère grandiloquente, totalement irresponsable et impérialiste du Maréchal Mobutu.
Dans cette histoire, le grand mérite de la sonnette d’alarme du valeureux Cardinal Fridolin Ambongo doit être vu comme un appel à la vigilance. D’autant plus qu’en homme hyper cultivé, il n’ignore pas que la balkanisation, si blakanisation il y a, ne sera effective que si le peuple de l’est du Congo DR en faisait lui-même la demande soit en la faveur d’un référendum soit d’une élection. Malheureusement pour les balkaniseurs de l’extérieur et de l’intérieur, le sentiment national « reconstruit » et renforcé malgré tout par Mobutu sous les ruines du nationalisme-panafricanisme de Patrice-Emery Lumumba, réapproprié par Mzee Laurent-Désiré Kabila, est tellement ancré dans le peuple congolais aux quatre coins de la République Démocratique du Congo, que toutes leurs tentatives même à coup des milliards de dollars, ne passera jamais. On peut acheter la conscience des quelques hommes, mais jamais celle de tout un peuple.
5.Pour conclure et ouvrir le débat
En résumé, mon unique problème est que Félix Tshisekedi Tshilombo est déjà Président de la République Démocratique du Congo. Et que dès cet instant, ce n’est pas la manière dont il a accédé à la magistrature qui est la chose la plus importante, mais la façon dont chaque congolais là où il est devait s’y prendre pour consolider son pouvoir et son intégrité physique. Ne commettons pas la troisième erreur que nous avons déjà commise deux fois avec la neutralisation politique et physique de Lumumba et Mzee Kabila. Apprenons de l’histoire. L’histoire donne de leçon.
Les critiques faites contre la gouvernance du fils d’Etienne Tshisekedi me semblent prématurées, en une année on ne peut pas beaucoup attendre. Ces critiques sont un pas dans la mauvaise direction. Qu’on le veuille ou non, la volonté de mieux faire est là : poursuite des grands travaux, éradication de la dictature, lutte contre la corruption, diminution de l’omniprésence des services de renseignements, destruction des cachots et prisons souterrains et privés, libération de la parole…
On sent quand même avec Tshisekedi un réel vent de démocratisation qui souffle depuis son accession à la magistrature suprême. Il ne peut pas non plus tout faire en un jour, il lui faut un peu du temps. Ainsi considéré, j’en suis arrivé à la modeste conclusion selon laquelle FATSHI a « tué » TSHIKAS, mais sans réellement le tuer, car en lui, le fils est habité par l’esprit du père. Chacun est le fils de son père, Tshisekedi Félix ne peut pas un autre que le fils de son père : « tel père, tel fils ».
La patrie ou la mort
Que vive Patrice-Emery Lumumba !
Que vive Mzee Laurent-Désiré Kabila !
Que vive le Camarade Ernesto Ché Guevara !
Que vive la République Démocratique du Congo !
Bruxelles (Belgique), le 17 Janvier 2020
OSONGO-LUKADI Antoine-Dover
Habilité à Diriger des Recherches de Philosophie Praxéologique
(Université de Poitiers/France)
Docteur en Philosophie et Lettres (Université Catholique de Louvain/Belgique)
Professeur d’Universités
Membre des Sociétés Savantes aux USA&CANADA

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