Réagissant au sujet de la corruption notamment, dans les assemblées provinciales, Me Georges Kapiamba a dit, au cours d’un entretien avec votre journal le jeudi 28 février, que les résultats des sénatoriales et du gouvernorat pourraient vraisemblablement être contestés et immoraux dans la mesure où les élus provinciaux ainsi que les candidats auxdits scrutins sont accusés de monnayage des voix.

Faisant suite à ces actes commis au sein des institutions étatiques, le Président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) exhorte à la désignation pour le prochain Gouvernement des personnalités saines, qui ne sont point impliquées dans des actions immorales. Ci-dessous, l’intégralité de l’interview de Me Georges Kapiamba de l’ACAJ avec votre journal.

La Prospérité : Plusieurs candidats Sénateurs et Gouverneurs déplorent un certain monnayage des voix. Pensez-vous que ces élections seront crédibles ?

Georges Kapiamba : Les élections entachées de corruption ne peuvent déboucher que sur les résultats contestés et immoraux. Voila pourquoi, nous ne cessons d’appeler les députés provinciaux au bon sens, à la responsabilité et aussi ils doivent refuser toute sorte d’avances des candidats Gouverneurs, Vice-gouverneurs ou Sénateurs de manière à ce qu’ils puissent, au moment des élections, s’exprimer en âme et conscience et en fonction de la qualité du projet de société et du profil des candidats.

La Pros. : Le Président Tshisekedi a indiqué, depuis Namibie, qu’il faille songer à changer de mode de ces scrutins. Serait-ce aussi une bonne démarche ?

GK : C’est l’une des solutions mais qui doit faire préalablement l’objet d’un débat national. Il faudrait que l’on discute aussi sur des garanties à offrir pour éviter qu’au moment où le processus de la modification des dispositions constitutionnelles relatives à l’élection des Gouverneurs, Vice-gouverneurs et des Sénateurs soit mis en mouvement et que ça ne puisse déborder ou s’étendre aux dispositions censées être verrouillées, comme l’époque du régime sortant où la majorité tentait de glisser et de déverrouiller notamment, l’article 220.

La Pros. : Puisque les primaturables et ministrables sont pour la plupart des Députés, cela n’entacherait-il pas l’image du prochain Gouvernement d’autant qu’ils sont pour l’instant accusés de corruption ?

GK : Non ! Ils doivent faire en sorte que leur réputation et leur moralité soient préservées. S’ils ne se montrent pas rigoureux ou comme des hommes d’Etat qui combattent la corruption, ils auront aucun honneur, ni de la crédibilité dans le chef de la population, même s’ils se retrouvaient au sein d’une autre institution même gouvernementale. Voilà pourquoi, chacun est appelé à travailler sur sa personnalité et aussi sur sa propre réputation, en refusant et en combattant la corruption.

La Pros. : Quel conseil donneriez-vous au Président de la République dans la formation du Gouvernement ?

GK : Comme nous n’avons cessé de le dire, et nous avons aussi été rejoint par l’ECC [Eglise du Christ au Congo, ndlr] dont je salue le combat amorcé contre la corruption, le Président devrait choisir des gens qui n’ont pas été impliqués dans des actes de corruption, l’enrichissement illicite, la fraude douanière ou fiscale et surtout ceux qui sont impliqués dans le blanchiment des capitaux. Ces genres de personnalités doivent être écartés de toute gestion des affaires de l’Etat, en commençant par le Gouvernement, les hautes administrations du pays ainsi que les autres services importants.

La Pros. : Enfin, l’ECC appelle à une grande concertation de la société civile, l’ACAJ pourra y prendre part ?

GK : Tout à fait ! Je suis sûr que nous serons invités et nous participerons à cette concertation pour essayer de mettre ensemble nos stratégies, de les coordonner pour que nous soyons capables de riposter de manière rigoureuse contre la corruption, contre les personnalités politiques qui baignent aujourd’hui dans la corruption et qui la respirent, des gens qui se sont enrichis dangereusement sur le dos de la souffrance du peuple congolais et qui pensent continuer à contrôler le pouvoir politique et financier pour leurs propres biens.

Propos recueillis par Corneille Lubaki

 

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