Amélioration du taux de rémunération, révision à la hausse des avantages sociaux, paiement régulier des frais de fonctionnement, ouverture de plusieurs chantiers de reboisement…

En moins de deux ans, le Fonds Forestier National s’est extirpé, tout seul comme un grand, du tableau mitigé qui a presque défini son identité depuis plusieurs années. Ainsi, l’avènement de M. Amy Ambatobe à la tête du Ministère de l’Environnement et Développement Durable était une occasion de redynamiser les activités et d’insuffler un vent nouveau au sein de cet établissement public. C’est alors que le 14 août 2017, il nomme comme Chargé de Mission du FFN, M. Alain Kalangiro Chishugi qui, aussitôt arrivé, a mis le cap sur trois priorités : l’aspect social des agents, la mobilisation des ressources endogènes et exogènes du Fonds ainsi que l’aspect technique et organisationnel.
Placé sous tutelle du Ministre ayant en charge les forêts, le Fonds Forestier National est un établissement public à caractère technique et financier ayant pour mission d’assurer le financement des opérations de reboisement et d'aménagement forestier et de toute opération de nature à contribuer à la reconstitution du capital forestier ainsi que d’assurer les missions de contrôle et de suivi de la réalisation des susdites opérations.

Redynamisation
Selon le FFN, depuis la prise des fonctions de M. Kalangiro, les Agents et Cadres du Fonds n’ont plus connu des arriérés de salaire. ‘’La paie intervient tous les 25 ou 28 du mois en cours et ce, grâce aux recettes propres générées par le FFN et sans appui financier du Gouvernement. Alors que la dernière fois où la paie est intervenue le 25 du mois en cours remonte à l’année 2015, période pendant laquelle le FFN bénéficiait de l’appui financier du Gouvernement‘’, tel que précisé dans le bilan jugé satisfaisant du Fonds Forestier National.
L’on note également dans ce registre social, le paiement systématique des salaires de l’ensemble du personnel contractant ; l’amélioration du taux de la rémunération (de 948 FC pour 1 USD à 1275 FC pour 1 USD) occasionnant une augmentation de près de 35% ; la révision à la hausse des avantages sociaux ; l’amélioration et l’élargissement de la prise en charge médicale ; la réduction sensible des créances envers les tiers et le paiement régulier des frais de fonctionnement.

Par ailleurs, sur le plan technique et organisationnel, ce nouveau Comité de Gestion a mis en marche l’ouverture de plusieurs chantiers de reboisement ainsi que l’élaboration d’un nouveau cadre organique adapté au FFN.
Aujourd’hui, il est sans ignorer que le Fonds Forestier National renaît de ses cendres et a entamé une voie de non-retour pour sa redynamisation et son éclosion afin de contribuer à l’effort national de gestion durable des ressources forestières et de réduction de la pauvreté. Mais aussi à l’effort mondial de lutte contre les changements climatiques résultant de la déforestation et la dégradation des terres forestières.

Mobilisation des ressources
Voyez-vous, pour arriver à réaliser son objet social, le législateur a prévu pour le Fonds des ressources endogènes et exogènes. Pour ce qui est des ressources endogènes, le FFN recouvre notamment, les taxes de reboisement, d’abattage et de déboisement. La dernière est partagée entre le Fonds Forestier National et le Trésor Public. Comme ressources exogènes, le Fonds doit avoir accès aux apports extérieurs.
Cependant, le Fonds Forestier National a connu des obstacles, qui du reste, sont connus de la tutelle, pour recouvrer ces taxes. Il s’agit notamment de la résistance des assujettis surtout des grands déboiseurs (Miniers, pétroliers et Agro- Pastoraux, promoteurs immobiliers) à s’acquitter de la taxe de déboisement.

En outre, la réduction du nombre d’exploitants compte tenu de la situation de ralentissement général de l’activité économique du pays ; la fraude et les fausses déclarations de la part des assujettis ; l’exploitation et l’exportation illicites de bois (cas du scandale du bois rouge au Katanga) ; et la commercialisation locale du bois par les exploitants industriels étaient les principales difficultés concernant la taxe de reboisement.
Quant à la taxe d’abattage, les difficultés qui ont empêché son meilleur encadrement et sa mobilisation accrue sont la rétention, par certaines provinces, de la quotité réservée au FFN (50%), l’absence de textes au niveau de certaines provinces en ce qui concerne l’activation de la variante dite « Makala » (bois de feu et de carbonisation) et la circulation nocturne et pendant les week-ends de bois.

En avant toute…
Ce vent nouveau à la tête du FFN a permis, sur le plan de la mobilisation des ressources endogènes, l’ouverture d’un Parc à Bois de Kambo à Kasindi ; l’insertion de la taxe de déboisement (la plus importante) dans le nouveau Code Minier ; la formation d’un corps des OPJ propre au FFN ; l’affermissement des rapports avec la DGDA pour la collecte de la taxe de reboisement ; l’insertion du FFN sur la liste des services devant signer les PV d’empotage des bois (lieu de minoration par excellence des déclarations) destinés à l’exportation ; l’activation de la taxe d’abattage de bois de feu et de carbonisation dans presque l’ensemble des provinces ; la révision de l’arrêté portant règlementation du permis de déboisement (acte générateur de la taxe de déboisement) qui sera désormais établi par les services du Fonds et non plus par l’administration forestière.
Et pour ce qui est des ressources exogènes, il est noté le positionnement du Programme d’Appui à la Reconstitution du Capital Forestier pour être financé par le Fond Vert Climat. Il s’agit d’un programme de 49 millions USD élaboré par le FFN avec l’aide de l’Agence Marocaine de l’Agriculture. Mais également la publication au Journal Officiel des textes permettant au FFN d’accéder aux apports extérieurs.

Boris Luviya