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*Quoiqu'il en soit et quels que soient les bords politiques de «ministrables», le dernier mot revient au Président de la République qui signera l'ordonnance de nomination, bien entendu avec le contreseing du Premier ministre.

Il n’y a donc aucun souci à se faire quant aux discussions que peuvent politiquement entretenir le chef du gouvernement avec Félix Tshisekedi et Joseph Kabila respectivement, autorités morales des plateformes Cap pour le changement et Front Commun pour le Congo. Ceci, pour affiner les listes des probables futurs membres de l’équipe gouvernementale. En fait, depuis 72 heures, Sylvestre Ilunga est victime de critiques déchaînées, relevant sans doute de l’ignorance. Son péché : avoir déclaré, dans le cadre de la formation de son gouvernement, qu'il allait discuter aussi bien avec le chef de l’Etat qu'avec son prédécesseur, principales têtes d’affiche de deux plateformes en coalition au pouvoir.

Déclaration faite après la réception, dimanche 11 août dernier, des listes de ministrables déposées par le tandem Mwilanya - Kabund, représentant le FCC et le CACH. S'en est suivie une vive remontrance contre Ilunga Ilunkamba.
Pour les auteurs des critiques, en allant discuter avec Kabila, le Premier ministre mettrait le Président Tshisekedi au même rang que son devancier.

Fausse manœuvre
Précision de taille, une fois qu'il a réceptionné les listes de ministrables du FCC et du CACH, il était nécessaire pour le Premier ministre qu'il aille vers les deux autorités de la coalition pour infirmer ou confirmer les noms des personnalités qui s'y trouvent. Et le faire ne signifie nullement manquer du respect au Président de la République.
Bien au contraire, c'est s'assurer un gouvernement stable après le quitus des deux chefs de la coalition au pouvoir. En effet, c'est s'assurer lui-même si les listes du FCC sont parfaitement en harmonie avec son autorité morale.
Dans tous les cas, comme le précisent certains analystes, l’avis que personne ne pourra contredire est celui du chef de l’Etat. Avant donc de signer une quelconque liste de ministrables, ce dernier peut évidemment objecter et sur les deux listes. Ce doit être clair, l'autorité de Félix Tshisekedi n’est pas remise en cause. C'est tout simplement la conséquence d'un gouvernement de coalition.

Un choix à assumer
Cette critique tendant à houspiller le chef de l’exécutif relève soit de la mauvaise foi, soit de l'ignorance. Doit-on rappeler ici que la RD. Congo a opté pour un gouvernement de coalition ? Faut-il indiquer qu’ici, le choix de la coalition gouvernementale ne découle pas d'une absence de majorité à l'Assemblée nationale car, le FCC, à lui tout seul, possède plus de 251 députés nationaux, suffisants pour investir un gouvernement sans l'autorisation de qui que ce soit. Il découle plutôt de la volonté de consolider la paix et la stabilité de la RDC afin d'envisager dans la sérénité son développement socio-économique.

Il s’agit là d’un choix opéré, en âme et conscience, entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. Ils ont préféré la coalition à la cohabitation.
Par ailleurs, il est important d’indiquer que ce choix a naturellement des conséquences politiques.
D’abord, il faudra retenir que le Premier ministre a deux types de rapports. L'un est institutionnel avec Félix Tshisekedi en sa qualité de chef de l'État, et l'autre est politique avec Joseph Kabila, en sa qualité de président du PPRD et de patron du FCC, parti et plateforme desquels est issu Ilunga Ilunkamba. Ce qui revient à affirmer que chaque fois qu'il y aura des décisions politiques importantes à prendre, le Premier ministre aura des comptes à rendre au Parlement, dominé par le FCC, et donc par son autorité morale. En plus, dans ses rapports avec l'Etat, Sylvestre Ilunga a pour chef exclusif Félix Tshisekedi, il n’y a aucun doute là-dessus. Ensuite, dans ses rapports politiques, il doit prendre en compte la donne Joseph Kabila, chef de la majorité parlementaire.

Nouvelle donne
En tant que jeune démocratie, la République Démocratique du Congo ne veut pas expérimenter la cohabitation afin de consacrer son énergie, non pas à des querelles politiciennes, mais à la réduction de la pauvreté dont le Président de la République en a fait le cheval de bataille.
Elle a donc opté pour la coalition, dans un esprit de paix et une volonté de développement indispensables à la reconstruction de ce pays.

Retenons qu’en France, lorsque deux fois dans son histoire la majorité parlementaire n'a pas coïncidé avec la majorité présidentielle, la droite et la gauche avaient choisi la cohabitation.
En 1986, le Premier ministre Jacques Chirac a formé seul son gouvernement alors que François Mitterrand était président. En 1993, la France fut contrainte à expérimenter une deuxième cohabitation, cette fois avec Edouard Balladur comme Premier ministre de Mitterrand. En 1997, c'est l'inverse qui s'est produit avec cette fois-ci un président de droite Jacques Chirac avec un premier ministre de gauche Lionel Jospin. Ces 3 périodes de cohabitation en France, pays ayant une longue tradition démocratique, furent pourtant émaillées par des crises politiques majeures.
Et les exemples sont légions, aucune raison d’en faire un drame…

La Pros.

 


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.