Flash

13 août 2004-13 août 2019 ! Cela fait pratiquement 15 ans depuis que les massacres de Gatumba ont été perpétrés. A ce jour, aucune justice n’a été rendue. Après donc plusieurs années d’attentes, les victimes de ces actes barbares ont, au cours d’un culte d’action ce mardi 13 août, réclamer justice.

« Nous ne nous tairons jamais jusqu’à ce que justice soit rendue ! Plus jamais ça», peut-on lire sur les calicots. L’un des témoins oculaires de ces massacres, Me Azarias Ruberwa demande au gouvernement de la République Démocratique du Congo de travailler pour mettre fin à la haine ethnique, et travailler pour la paix et l’amour. «Lorsque nous voyons la façon dont des gens meurent de façon spécifique, à Yumbi, Bunia, Beni, au Kasaï, lorsque nous attendons un langage de haine ethnique au lendemain des élections, et souvent, dans les réseaux sociaux, je crois que nous ne pouvons que regretter. L’Etat congolais devrait travailler pour dire qu’il n’y a pas de places à la haine, il y a des places à l’amour et à la justice », a-t-il déclaré.

Les sangs des victimes des massacres de Gatumba crient justice. 15 ans après, aucune justice n’a été rendue. Pour commémorer le 15ème anniversaire de cette attaque, les victimes reviennent sur les faits pour dire « plus jamais ça ».
‘’15 ans après, c’est bien sûr la douleur qui n’est pas finie parce que perdre les siens n’est toujours pas une bonne chose. Il y a plus de 60 personnes tuées par machette et brûlés vifs, enfants, bébés, jeunes, vieillards, hommes et femmes. C’est une douleur qui demeure. Mais, c’est aussi un moment qui nous a permis d’avoir de l’espérance parce que l’espérance ne trompe pas. Le message le plus important, c’est le fait qu’en faisant le bilan, il n’y a pas eu du tout de justice, c’est notre plus grand regret. Nous avons passé 15 ans, les victimes en train d’espérer, la procédure engagée au Burundi va connaître le progrès, qu’il aurait des procédures de la Cour Pénale Internationale… mais rien n’est arrivé. Je crois que c’est important que justice soit faite. En même temps, c’est un sujet d’interpellation’’, a dit devant la presse, Me Azarias Ruberwa. Ruberwa Gatumba

Visiblement très choqué, le Ministre d’Etat en charge de la décentralisation souligne que « le silence peut parler plus que les paroles. Il y a des moments où nous devons apprendre à nous taire. Que le gouvernement s’attèle à trouver des solutions par rapport au massacres. Le prochain gouvernement devra faire plus que les précédents à ce sujet ».

Pour Charles Mugiza, Président de la Communauté Banyamulenge pour la ville de Kinshasa, les massacres de Gatumba doivent être considérés comme un génocide. ‘’Cette commémoration est une occasion pour nous de dire plus jamais ça. Nous ne cesserons jamais, alors jamais de réclamer justice sur les massacres de Gatumba. Nous profitons de cette occasion pour condamner des actes incitant à la haine ethnique. Par la même occasion, nous plaidons pour l’éradication des groupes armés en République démocratique du Congo. Nous saluons les actions déjà entreprises par les autorités du pays’’, a-t-il conclu.

Kevin Inana

 


RASOIR

«Fiasco», c’est un mot d’origine latine, qui symbolise un échec total ou monumental, qui arrive dans une situation donnée, dans la vie des êtres humains. Hélas !

Le décor planté en ce moment même au sein du microcosme politique de l’opposition laisse entrevoir un fiasco qui, sans aucun doute, serait difficile à effacer d’aussitôt dans les mémoires des congolais lambda. Cela, en perspective du scrutin du 23 décembre 2018, où au regard de ce qui arrive, laisse le couloir au Candidat du FCC. Eh oui, 24 heures ont suffit pour que, sur les sept ténors de l’opposition qui ont fait le déplacement de Genève, deux membres ‘’trahissent’’, au bas mot, le compromis pris à Genève, lequel a propulsé Martin Fayulu Madidi comme candidat commun de l’opposition.

A ce stade, Faudra-t-il encore parler de la trahison venant de la part de Kamerhe et Fatshi ? Le revirement brusque de ces deux leaders de l’opposition, après la pression de leur base respective, est-il vraiment justifié? Que dire du rendez-vous de la Suisse ? Etait-ce un règlement des comptes des trois candidats écartés à la course pour la magistrature suprême, à savoir : Bemba, Katumbi et Muzito, qui auraient choisi un candidat qui plaiderait leur cause ? Que des questions sans réponse. En effet, l’issue des concertations de l’opposition à Genève avait présagé d’ores et déjà les couleurs de prochaines élections qui vont être organisées par la Centrale électorale, sur la capacité des uns et des autres à mettre, chacun, de l’eau dans son vin et d’harmoniser les vues de chaque prétendant, en se mettant ensemble comme il faut, pour gagner les élections à venir.

Toutefois, succombant aux caprices de la base de l’UNC et de l’UDPS, Kamerhe et Tshisekedi se sont désolidarisés des conclusions de Genève, laissant Martin Fayulu avec quelques camarades invalidés, à poursuivre le schéma établi dans la Capitale helvétique. Ainsi, avec cette division spectaculaire, les Opposants laissent passer la chance d’espérer à la victoire finale après le 23 décembre 2018. De l’autre côté, le Front Commun pour le Congo -FCC-, avec sa “machine à gagner”, semble avoir pris une sérieuse avance sur les enjeux électoraux qui se peaufinent à l’horizon.

La Pros.